Le Dante rencontre Matilda

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Le Dante rencontre Matilda

Le Dante rencontre Matilda est une peinture à l'huile sur toile réalisée en 1881 par le peintre français Albert Maignan. L'œuvre, qui mesure 320 × 240 cm, est conservée au Musée de Picardie, à Amiens, où elle entre dans les collections en 1895 à la demande expresse de l'artiste. Elle est présentée au Salon de peinture et de sculpture du Palais des Champs-Élysées en 1881, la même année que son Portrait de M. Ch. G…[1]. La toile est signée et datée en bas à gauche, dans l’herbe.

L'œuvre représente un épisode du chant XXVIII du Purgatoire, deuxième cantique de la Divine Comédie de Dante Alighieri. Dans ce passage, Dante, parvenu au sommet du mont du Purgatoire, atteint le Paradis terrestre situé sur l'autre rive du Léthé, fleuve de l'oubli séparant le Purgatoire du Paradis. Il y aperçoit Matilda, gardienne de l’Éden, qui chante et cueille des fleurs sur la rive opposée.

Le poète décrit cette apparition comme une vision soudaine et merveilleuse. Il compare Matilda à Proserpine au moment de son enlèvement, puis évoque Venus pour souligner l'éclat de son regard. La scène marque une étape importante dans le parcours spirituel de Dante avant sa rencontre avec Beatrice[2].

Description

À gauche de la composition, dans une zone d'ombre, se tiennent Dante et Virgile. Virgile pied nu, porte un manteau de drap violacé et sa tête, partiellement voilée, est ceinte de lauriers dorés. Il guide Dante, vêtu d'une longue robe rouge. Ce dernier joint les mains dans un geste d'admiration en apercevant Matilda. Au centre et à droite de la composition, Matilda apparaît dans une lumière plus vive. Sa silhouette domine les deux figures masculines. Elle tient dans les mains un pan de son vêtement dans lequel reposent les fleurs qu'elle vient de cueillir. Le décor printanier est composé d'arbres fruitiers et de nombreuses fleurs. Les critiques y voient une influence japonaise, perceptible dans le traitement décoratif de la végétation et l'harmonie des couleurs. Les fleurs constituent par ailleurs un motif récurrent dans l'œuvre de Maignan, notamment dans ses frises décoratives.

Modèle et préparation

Pour représenter Matilda, Albert Maignan fait poser son épouse, Louise Larivière, en plein air. Le béguin porté par le personnage s'inspire d'une fresque de Simone Martini (parfois attribuée à Simone Memmi) conservée dans la chapelle des Espagnols à Florence.

Au moins deux études préparatoires de l'œuvre sont connues : l'une constitue un portrait de Louise Larivière dans le rôle de Matilda, tandis que l'autre propose une composition plus resserrée dans laquelle Virgile n'apparaît pas[3].

Analyse

Notes et références

Liens externes

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