Lancé le et paraissant tous les dimanches, Le Gaulois a ses bureaux au no61 de la rue Saint-Sernin, à Bordeaux. Ses articles abordent de manière humoristique des sujets tels que la littérature, le théâtre ou le sport, le journal n'ayant pas demandé l'autorisation de traiter de questions politiques.
À partir du no4, daté du , le directeur-gérant est Paul Levraud, ancien rédacteur en chef de L'Homme gris[1]. Ayant donné sa démission le suivant, Levraud est remplacé par Lucien de Marsy[2].
Interrompue depuis le mois de , la publication reprend le , avec un nouveau format et, en première page, une caricature dessinée par Victor Collodion. Les nouvelles contraintes liées à ces changements compliquent la publication, qui ne se fait plus qu'une semaine sur deux après le . Pour compenser cette diminution du nombre de numéros, un nouveau journal hebdomadaire est créé, le Cadet-Roussel[3].
Si les premiers dessins de Collodion sont essentiellement des portraits-charge de personnalités locales du théâtre (Halanzier-Dufresnoy, Lambert, Robert Kemp, Martial Léglise, dit Bazas) et de la presse (Crugy), la politique y fait son apparition dès le , avec une caricature de Jules Simon. Cette dernière tendance s'accentue l'année suivante, suscitant ainsi les foudres de la censureimpériale, notamment après la charge du , qui représente le célèbre polémiste républicain Henri Rochefort s’apprêtant à cogner sur une tête de turc à l'effigie de Napoléon III. Le , le gérant est ainsi condamné à 50 francs d'amende puis, deux jours plus tard, l'administration interdit la vente du Gaulois sur la voie publique[4]. Le , la préfecture censure une caricature de Jules Mirès et interdit au journal de la remplacer, en guise de protestation, par une page barbouillée de noir. La semaine suivante, Collodion se dessine donc lui-même, tenant la « une » refusée et s'éloignant sous la menace d'un rasoir géant symbolisant la censure. Quelques jours plus tôt, le Cadet-Roussel a été condamné pour diffamation à l'encontre d'une chanteuse de café-concert, Mlle Rose Marie[5].
Ces procédures ont raison du journal, dont la parution cesse après le numéro du .
La plupart des collaborateurs du Gaulois ont signé leurs textes avec des noms de plume. Si certains de ces derniers sont transparents (Paul Duarvel pour Levraud), d'autres restent plus énigmatiques (Paul Bell, Léon Dash, Gustave Escard, Francus, Alfred Gasck, Gringoire, Étienne Lousteau, Panurge, André Tristan...). L'un de ces rédacteurs est l'avocat Émile-Victor-Adolphe Garnier[6]. Henri Aimel, futur collaborateur du Don Quichotte, semble également avoir joué un rôle lors de la fondation du Gaulois[7].
Références
↑ Édouard Féret, Statistique générale du département de la Gironde, t. III, 1e partie, Bordeaux, 1889, p.407.