Rivière d'Auray

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La rivière d'Auray est une ria (ou aber) qui commence à Auray, dans le département du Morbihan, dans la région Bretagne. C'est la ria du Loc'h. La rivière d'Auray se jette dans le golfe du Morbihan et est navigable.

Longueur56,3 km [1]
Bassin389 km2 [1]
Bassin collecteurla rivière d'Auray
Débit moyen2,78 m3/s (Brech) [2]
Faits en bref Caractéristiques, Longueur ...
Rivière d'Auray
le Loc'h
Illustration
Le Loc'h à Brech.
Carte.
Cours du Loc'h.
Caractéristiques
Longueur 56,3 km [1]
Bassin 389 km2 [1]
Bassin collecteur la rivière d'Auray
Débit moyen 2,78 m3/s (Brech) [2]
Nombre de Strahler 5
Régime pluvial océanique
Cours
Source source
· Localisation Plaudren
· Altitude 122 m
· Coordonnées 47° 46′ 47″ N, 2° 41′ 29″ O
Embouchure le golfe du Morbihan
· Localisation Auray
· Altitude m
· Coordonnées 47° 34′ 44″ N, 2° 56′ 02″ O
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Rivière du Bono
· Rive droite ruisseau de Pont Christ
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Morbihan
Arrondissments Vannes, Lorient
Cantons Grand-Champ, Pluvigner, Auray
Régions traversées Bretagne
Principales localités Grand-Champ, Auray

Sources : SANDRE:« J62-0300 », Géoportail
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Toponymie

De nombreuses rias morbihannaises sont appelées localement « rivières » et portent simplement le nom de la plus grosse localité située sur ses rives[3] : rivière d'Étel, rivière de Crac'h, etc. (voir la liste des rivières de la côte morbihannaise). La rivière d'Auray est le nom donné à la ria du Loc'h après le port Saint-Goustan, lorsque l'influence de la marée devient significative[4]. Le toponyme « rivière d'Auray » est présent sur les cartes de l'IGN. Le SANDRE[5] désigne le cours d'eau sous le nom « l'Auray » dans son référentiel, mais utilise les termes « Loch' » ou « Rivière d'Auray » pour certaines zones hydrographiques[6]. Les termes « ria d'Auray » ou « ria du Loc'h » se rencontrent également[7].

En 1886, Valentine Vattier d'Ambroyse (sous le pseudonyme de Ch.-F. Aubert) décrit la ria en ces termes dans l'ouvrage Le Littoral de la France : « La rivière d'Auray, ou le Loch, est souvent appelée Deur Brass, les grandes-eaux, parce que de forts navires peuvent la remonter, au moment des marées, jusqu'à la ville même. »[8].

Géographie

Cours de la rivière

Carte des landes de Lanvaux. La vallée du Loc'h constitue la limite sud des Monts de Lanvaux.

La longueur de son cours d'eau est de 56,3 km[1].

Le Loc'h prend sa source à Plaudren à 122 m d'altitude et se dirige rapidement vers l'ouest (à l'inverse de l'Arz) en empruntant le sillon qui délimite le sud des monts de Lanvaux[9], puis bifurque vers le sud à la moitié de son cours, juste après l'étang de la Forêt à Brandivy. Il devient la rivière d'Auray, avancée nord du golfe du Morbihan, sur la commune d'Auray, juste à l'ouest de Pluneret. La rivière d'Auray donne sur le golfe du Morbihan entre Locmariaquer au sud, et la pointe du Blair et Sept Îles, sur la commune de Baden au nord.

Elle rejoint l'embouchure du golfe du Morbihan située entre Port-Navalo, extrémité de la presqu'île de Rhuys à l'est, station balnéaire et port de la commune d'Arzon et Locmariaquer à l'ouest.

Communes et cantons traversés

Le port Saint-Goustan à Auray.

La rivière d'Auray traverse un seul département, le Morbihan, dix communes[1] et trois cantons.

Ces communes sont Plaudren (source/origine), Locqueltas, Locmaria-Grand-Champ, Grand-Champ, Brandivy, Plumergat, Pluvigner, Brech, Pluneret, Auray (embouchure).

En termes de cantons, le Loc'h prend sa source dans le canton de Grand-Champ, traverse le canton de Pluvigner et a son embouchure sur le canton d'Auray, le tout dans les arrondissements de Vannes et de Lorient.

Villes traversées

Bassin versant

L'Auray traverse les quatre zones hydrographiques J620, J621, J622 et J623 pour une superficie totale de 389 km2[1]. Ce bassin versant est constitué à 72,43 % de territoires agricoles, à 17,19 % de forêts et milieux semi-naturels, à 7,30 % de territoires artificialisés, à 2,22 % de zones humides, à 0,77 % de surfaces en eau[1].

Organisme gestionnaire

L'organisme gestionnaire de la rivière d'Auray est le syndicat mixte du SAGE du Golfe du Morbihan et de la Ria d’Etel qui fait suite à l'ancien syndicat mixte du Loch et du Sal. Ses objectifs sont la gestion équilibrée et durable de la ressource en eau et la préservation et la gestion des milieux aquatiques. Son périmètre est en adéquation avec celui du SAGE[10].

Affluents

La rivière d'Auray a treize ruisseaux référencés, une rivière, et sept excroissances sans nom[1] dont :

Donc le rang de Strahler est de cinq.

Hydrologie

Le régime hydrologique de la rivière d'Auray est dit pluvial océanique donc son bassin versant est affecté par un climat océanique[11]. C'est une rivière très irrégulière, à l'instar de ses voisines de la région du centre du massif armoricain.

La rivière d'Auray à Brech

Son débit a été observé durant une période de 22 ans (2003-2025), à Brech, localité du département du Morbihan située à une quinzaine de kilomètres de son embouchure. La rivière s'appelle donc encore Loc'h à cet endroit car l'influence de la marée ne se fait pas encore ressentir. La surface étudiée y est de 184 km²[2], soit seulement 47 % du bassin versant de la rivière qui s'étend sur 389 km²[1]. Les chiffres suivants ne comprennent pas les débits de son principal affluent, la rivière du Bono.

Le module de la rivière à Brech est de 2,78 m3/s[2].

La rivière d'Auray présente des fluctuations saisonnières de débit fort marquées, comme très souvent en Bretagne. Les hautes eaux se déroulent en hiver et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de 5,15 m3/s à 4,45 m3/s, de décembre à mars inclus, avec un maximum en janvier (6,96 m3/s) puis en février (6,44 m3/s). À partir de la seconde partie du mois de mars, le débit baisse jusqu'aux basses eaux d'été qui ont lieu de début juillet à début octobre, entraînant une baisse du débit mensuel moyen allant jusqu'aux planchers de 0,367 m3/s au mois de septembre et de 0,431 m3/s au mois d'août. Mais ces moyennes mensuelles occultent des fluctuations bien plus prononcées sur de plus courtes périodes ou selon les années[2].

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : J621 3010 - L'Auray à Brech pour un bassin versant de 184 km2[2]
(données calculées sur 22 ans)
Source : Banque Hydro - MEDDE

Étiage ou basses eaux

Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque 0,122 m3/s (122 litres), en cas de période quinquennale sèche, ce qui est relativement sévère[2].

Crues

Les crues peuvent être assez importantes puisque les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 18,5 et 25,1 m3/s. Le QIX 10 est de 29,5 m3/s, le QIX 20 de 33,6 m3/s et le QIX 50 se monte à 39,1 m3/s[2].

Le débit instantané maximal enregistré à Brech a été de 30,3 m3/s le , tandis que la valeur journalière maximale était de 28,9 m3/s le même jour. Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, on constate que cette crue de était un peu moins que décennale, et donc pas exceptionnelle, car destinée à se répéter environ tous les 9 ans en moyenne[2].

Lame d'eau et débit spécifique

L'Auray est très bien alimenté par les fortes précipitations de son bassin. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 485 millimètres annuellement, ce qui est largement supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus (environ 300 mm), et supérieur à la moyenne du bassin du Blavet voisin (434 mm). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint 15,4 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin[2].

Description

Environnement

La marée remonte le Loc'h au-delà du port Saint-Goustan à Auray, et alimente des marais jusqu'à Tréauray, à km en amont d'Auray. La rivière d'Auray et son affluent la rivière du Bono laissent couvrir et découvrir des vasières et des herbus très étendus. Ces marais et ces vasières sont d'un grand intérêt écologique.

La rivière d'Auray dans sa partie aval est un milieu saumâtre caractérisée par d'importantes vasières exondées à marées basse, et par de très fortes variations de salinité ; de l'amont à l'aval, et de la surface au fond. Par exemple en février 1961, la salinité était de 6,5 % en surface, mais d'environ 21,3 % à 6 mètres de profondeur, alors qu'elle était de 23,9 % en surface et de 25,3 % à 20 mètres de profondeur en aval[12]. La dessalure augmente en période de crue et l'eau salée remonte parfois assez loin en amont lors des grandes marées, permettant par exemple à quelques huîtres de vivre sur les piles du pont d'Auray.

Des mesures occasionnelles de pH montrent une eau plutôt « dure » en aval (pH de 8,0 à 8,4 descendant parfois à 7,7 dans la partie amont la plus exposée à la dessalure).

Aujourd'hui (2009), une grande partie du débit du Loc'h est capté à Tréauray par une station de potabilisation de l'eau[13] exploitée par la SAUR. Avec une autre station sur le Sal (rivière du Bono) elle produit un cinquième de l'eau potable du Morbihan. La qualité écologique du bassin versant du Loc'h et du Sal est donc suivie avec attention.

Le microplancton de la rivière d'Auray est abondant, avec de fortes variations saisonnières d'espèces. Il a fait l'objet d'une étude qualitative et quantitative, en raison notamment de son intérêt ostréicole[12], à partir d'échantillons récoltés de 1961 à 1963 notamment.

  • 181 espèces de diatomées (phytoplancton), 2 variétés, 3 formes, appartenant à 66 genres ont été identifiées dans la rivière, sans que cette liste soit limitative.
  • 48 espèces de dinoflagellées (phytoplancton), 3 variétés, représentant 13 genres ont été reconnues jusqu'à ce jour
  • le zooplancton est représenté par les stades larvaires de mollusques (dont huîtres), de crustacés, poissons et autres organismes aquatiques. Les espèces les, Stenasemella nivalis et diverses espèces de Codonella caractérisées par des pullulations qui suivent les blooms planctoniques phytoplanctoniques et zooplanctoniques), Rotifères (surtout du genre Synchaeta ou Keratella quadrata quadrata quand l'eau et plus douce), Cladocères, Copépode.

La rivière, classé en première catégorie, abrite des saumons atlantique[14], des lamproies marines[15] et des grandes aloses[16] sur son cours inférieur ainsi que des truites fario[17] sur l'ensemble de son cours. Chevesne, perche, brochet et poissons blancs y sont aussi présents[18].

Par ailleurs, l'étang de la Forêt, situé sur le cours de la rivière à Brandivy, est classé zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un site avec une diversité écologique, abritant une biodiversité patrimoniale[19].

Illustrations (Rivière du Loch ; partie amont de la rivière d'Auray)


Histoire

Le pont qui relie Auray au port Saint-Goustan.

La rivière d'Auray a probablement été utilisée dès la préhistoire.

Un port existait à Auray au XIIe siècle. Il a beaucoup servi, jusqu'au XIXe siècle, où le développement des routes et surtout des voies ferrées a rendu le cabotage moins intéressant.

C'est sur la rive gauche de la rivière, sur un quai depuis appelé « quai Franklin » qu'a débarqué le Benjamin Franklin venu demander de l'aide à la France pour les États-Unis. Le port Saint-Goustan accueille aujourd'hui un port de plaisance.

En 1900, la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest avait établi une centrale électrique à Tréauray pour alimenter la gare d'Auray.

Bibliographie

  • Paulmier G. (1972) Seston, phytoplancton et rnicrophytobenthos en rivière d'Auray: leur rôle dans le cycle biologique des huîtres Ostrea edulis L. ; Doctorat de spécialité ès Sciences, Université de Nantes, France, 142 pp

Voir aussi

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Notes et références

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