Le Mont de Cuffies

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La ferme du Mont de Cuffies est située à l'actuel lieu-dit Le Mont de Cuffies sur la commune de Cuffies[1], dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France en France. Elle est située sur les hauteurs de la commune de Cuffies, à l'ouest de la route menant à Chavigny. Avant la Révolution française, elle appartenait à l’abbaye de Saint-Paul, dont elle constituait vraisemblablement une dépendance agricole.

Type
Ferme
Fondation
1228
Architecte
Cabinet Thomas, Pavot, Vanier et Cie - 15, rue de Miromesnil Paris (8e arr.).
Reconstruction
1920
Faits en bref Type, Fondation ...
Ferme du Mont de Cuffies
L'entrée du domaine vue en contrebas
Présentation
Type
Ferme
Fondation
1228
Architecte
Cabinet Thomas, Pavot, Vanier et Cie - 15, rue de Miromesnil Paris (8e arr.).
Reconstruction
1920
Destruction
1918
Propriétaire
Propriété privée
Patrimonialité
Patrimoine bâti remarquable (art. L.151-19 c. urbanisme)
Localisation
Pays
Département
Commune
Région historique
Coordonnées
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Elle s’organise autour d’une cour fermée de plan quadrangulaire, caractéristique des grandes exploitations agricoles du Soissonnais. Le corps de logis, situé au centre du côté sud, présente une élévation plus soignée et une toiture à pas de moineaux, traduisant sa fonction résidentielle.

Les ailes latérales sont constituées de longs corps de bâtiments agricoles, comprenant étables, granges et remises. Le côté opposé de la cour est fermé par un bâtiment plus bas formant un mur de clôture bâti, renforçant le caractère fermé de l’ensemble et assurant la protection de la cour intérieure. L’ensemble constitue ainsi une ferme à cour fermée homogène, issue d’une évolution progressive entre le XVIIIe et le XXe siècle, représentative d’une exploitation agricole structurée distinguant nettement les espaces d’habitation et de travail.

Un ruisseau prend sa source près de la ferme du Mont de Cuffies et traverse la commune dans toute sa longueur sur environ 2 km. En 1848, un aqueduc de 800 m de long a canalisé sa partie en amont, le reste de son parcours restant à ciel ouvert. Il se jette dans l'Aisne après avoir vu son volume doublé le long de son parcours par plusieurs sources qui surgissent de chaque côté du vallon.

Historique

La ferme du Mont de Cuffies en 1818 (croquis de Luc Vincent Thiéry n° 51 « Vue de la ferme de M. Desmoulins de la Maison Bleue, tout en haut de Cuffies 1818 »)

Avant la Révolution française, la ferme appartenait à l’abbaye de Saint-Paul, dédiée à saint Étienne est donnée en 1170 aux chanoines réguliers de Saint Victor de Paris.

Fondée en 1228, l’abbaye de Saint-Paul était une abbaye de femmes établie à l’emplacement d’une ancienne église dédiée à Saint-Étienne, édifiée en 690 par l’évêque de Soissons Saint-Ancery, hors les murs de la ville, à l’extrémité du faubourg de Crouy. Les religieuses y suivaient la règle de Saint-Augustin, fondée sur des principes de vie communautaire tels que l’humilité, le jeûne, la pauvreté et l’absence de distinction individuelle. À la veille de la Révolution, l’abbaye comptait environ 22 à 24 dames de chœur ; sa dernière abbesse fut Madame Tonnelier de Breteuil. L’établissement disposait de nombreuses terres, vignes, vergers et dépendances agricoles réparties dans la région, dont la ferme du Mont de Cuffies constituait l’une des exploitations.

À la Révolution française, la ferme est nationalisée par la loi des 25, 26, 29 juin et 9 juillet 1790 puis vendue comme bien national. En mai 1791, la ferme est acquise par adjudication par Pierre Antoine Desmoulins (1742-1832), ancien conseiller du roi et membre du conseil général de l’Aisne, qui se distingue alors comme acquéreur de biens nationaux. En 1802, celui-ci revend la propriété à son fils Louis Antoine Desmoulins (1770-1852), maire de Cuffies, décrivant un ensemble comprenant maison d’habitation, cour, jardin, pâture et terres cultivées. La ferme demeure dans la famille Desmoulins au début du XIXe siècle.

Le Mont de Cuffies est un lieu stratégique dans la Campagne de France, en 1814. Napoléon Ier écrit le 11 mars 1814 à son cousin le Prince de Neuchâtel et de Wagram en insistant pour que le général Charpentier installe un poste sur le Mont de Cuffies[2].

Le domaine passe ensuite, au milieu du XIXe siècle, à François Honoré Joly (1811-1885), maire de Leury, puis à son fils Édouard Honoré Joly (1840-1919) et à son épouse Marie Élise Poidevin.

Le 6 octobre 1870, pendant le siège de Soissons, un petit détachement de mobiles de la 2e compagnie du 2e bataillon aperçoit sur la montagne quelques ennemis et fait feu sur eux. De peur d'être surpris par une masse prussienne, 400 hommes sont alors déployés vers 7 heures du soir au Mont de Cuffies, d'où ils se retirent à minuit, rien ne paraissant côté ennemi[3].

Le 10 octobre 1870, Jules Debordeaux, instituteur à Pasly et héros de la Résistance contre les Prussiens, est fusillé avec son compagnon, Louis Courcy, sur la montagne non loin de la ferme, entre le mont de Cuffies et le mont de Pasly. Un monument en pierre de taille de forme pyramidale est érigé en leur mémoire[4].

Le 10 mai 1903, le domaine est acquis par Gaston Padieu (1877-1952) pour la somme de 6 000 francs. L’acte de vente mentionne un ensemble comprenant bâtiments d’habitation et d’exploitation, cour, jardins et terres attenantes d’une superficie totale d’environ 1,73 hectare.

Au cours de la Première Guerre mondiale, le mont de Cuffies est sur la ligne de front. Le poste de commandement allemand est installé dans la demeure du comte et de la comtesse de la Poix de Fréminville, au pied du mont de Cuffies[5]. La ferme est entièrement détruite en 1918 par les Allemands qui l'incendient[6]. Il ne demeure, selon l'historien Bernard Ancien qu’ « un énorme marronnier dans la cour et les débris d’un oratoire construit avec des scories vitrifiées, abrité par des vieux ifs. »[7] La ferme est reconstruite selon les plan de l'architecte canadien, installé à Paris, Georges Vanier.

Au cours du XXe siècle, la famille Padieu développe l’exploitation en acquérant progressivement des parcelles agricoles sur le territoire de Cuffies, notamment auprès de la comtesse de Fréminville en 1935. La ferme reste dans cette famille pendant près de 85 ans et trois générations, successivement exploitée par Gaston Padieu, son fils Pierre Padieu, puis par Henriette Padieu et son époux Pierre Lentier, jusqu’en 1988.

École de gardes à cheval

À la fin du XXe siècle, la vocation du site évolue, il devient une école de gardes à cheval[8],[9] qui forme plus de 700 représentants de l'ordre à cheval[10]. Au décès de son fondateur, Gilbert La Sala, l'école de garde à cheval est délocalisée à Maison-Laffite, dans les Yvelines.

Le domaine a, depuis lors, conservé sa vocation équestre.

Notes et références

Voir aussi

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