Le Mort (récit)

From Wikipedia, the free encyclopedia

Œuvres complètes, tome IV : "Le Mort"
Auteur Georges Bataille
Pays Drapeau de la France France
Genre récit érotique
Version originale
Langue française
Éditeur éditions "Au Vent d'Arles"
Date de parution 1964
Version française
Éditeur Gallimard
Lieu de parution Paris
Date de parution 1971

Le Mort est un récit de Georges Bataille (1897-1962), publié pour la première fois de manière posthume en 1964, avec des gravures d'André Masson, peintre et ami de Bataille. Il fut écrit entre la fin de l'année 1942 et le début de l'année 1944 (Bataille lui-même est imprécis quant aux dates exactes), mais resté inédit du vivant de l'auteur[1].

S'il existe plusieurs manuscrits du texte, dont certains ont été recopiés par Bataille pour être vendus, comme il le faisait lorsqu'il était dans la nécessité[2], aucune édition ne verra le jour de son vivant. Dans les années 1945-1947, Bataille avait pourtant un projet d'édition, sous pseudonyme, avec Robert Chatté[3], éditeur clandestin de livres érotiques, comme en témoigne une lettre de 1947 à Henri Parisot : « Chatté préparait deux livres de moi, Le Mort et La Tombe d'un très mauvais genre... »[4] Par la suite, peu de temps avant sa mort, Bataille prévoyait aussi une publication avec Jean-Jacques Pauvert, sans doute sous le pseudonyme de Pierre Angélique[5], utilisé pour Madame Edwarda, dans une mise en page très particulière, que respectera Pauvert en 1967, chaque chapitre occupant une pleine page, avec le titre dans un cartouche en bas, manière d'accentuer la charge visuelle du texte, comme une suite de tableaux.

  • 1964 : édition de luxe Au Vent d'Arles, non paginée, tirée à 145 exemplaires, illustrée de neuf gravures en couleurs par André Masson.
  • 1967 : édition Jean-Jacques Pauvert, première édition non illustrée, non paginée, tirée à 6 000 exemplaires. Comme celle, la même année, de Histoire de l'œil par Pauvert, dans une maquette en forme d'étui rose orné d'un œil, Pierre Faucheux réalise une maquette similaire, dans un étui noir semblable à un cercueil, orné d'un bandeau « mortuaire » avec le titre.
  • 1971 : éditions Gallimard, tome IV (Œuvres littéraires posthumes) des Œuvres complètes de Georges Bataille, établi par Thadée Klossowski (mise en page infidèle au projet de maquette conçu par Bataille).
  • 1979 : deuxième édition Pauvert, édition courante, Société Nouvelle des Éditions Pauvert (texte identique à celui de l'édition de 1967).
  • 1998 : éditions Blanche, collection « Image Blanche », avec une préface de Jérôme Peignot[6] et des illustrations de Gilles de Staal.
  • 2004 : éditions Gallimard, Romans et récits, préface de Denis Hollier, édition publiée sous la direction de Jean-François Louette, coll. « Bibliothèque de la Pléiade »[7].

En raison des multiples manuscrits et dactylogrammes ayant circulé de ce récit, on constate des différences dans le texte d'une édition à l'autre, des variations concernant les prénoms des personnages (dans le manuscrit le plus ancien, les personnages qui deviendront par la suite Marie et Édouard sont prénommés Julie et Henri)[8]. Ainsi l'édition établie par Thadée Klossowski (1971) dans les Œuvres complètes (la même que celle de la Pléiade, mis à part quelques petites corrections) diffère sensiblement de l'édition Pauvert (1967), le texte des éditions Gallimard apparaissant plus élagué, avec une discontinuité plus marquée, et moins d'excès d'éloquence. Il suffit de comparer, par exemple, la première phrase du récit. Dans l'édition procurée par Pauvert, le texte débute ainsi : « Lorsque Édouard retomba mort, un vide se fit en elle, un long frisson la parcourut, qui l'éleva comme un ange. »[9] Dans l'édition de Thadée Klossowski : « Édouard retomba mort. Un vide se fit en elle, qui l'éleva comme un ange. »[10] Ou encore la toute fin du livre : « Le nain siffla entre ses dents : - Elle m'a eu... Il ne vit le canal et se laissa glisser. Un bruit lourd, un instant, dérangea le silence de l'eau. Restait le soleil. »[11], qui apparaît ainsi dans l'édition de Gallimard : « Il siffla entre ses dents : - Elle m'a eu... Il se laissa glisser. Le bruit sourd, un instant, troubla l'eau du canal. »[12] Le primat accordé au discontinu dans la « seconde version » correspond mieux, selon Emmanuel Tibloux, au « principe de juxtaposition qui régit la composition du récit, conçu comme une succession de brèves séquences nettement détachées. »[13]

Ajoutons par ailleurs qu'il existe quatre esquisses pour Le Mort (deux encres de Chine et deux mines de plomb) réalisées en 1957 par Pierre Klossowski (reproduites dans l'édition de La Pléiade).

Sous le titre Un si funeste désir, le metteur en scène Cédric Orain a adapté au théâtre ce récit de Bataille, mêlé au livre du dramaturge Jean-Michel Rabeux, Les Charmilles et les morts (2002), adaptation créée avec sa compagnie La Traversée, en 2008 et 2009 au Théâtre de la Bastille, à Paris[14].

Présentation du texte

Bibliographie

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI