Le Port de Quimper

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Le Port de Quimper est une peinture à l'huile sur bois, peinte par Eugène Boudin en 1857. Sur cette vue depuis le quai du Cap Horn, figurent les flèches de la cathédrale, nouvellement construites.

Date
1857
Matériau
Le Port de Quimper
Artiste
Date
1857
Type
Matériau
Dimensions (H × L × l)
40 × 61 × 10 cm
Format
paysage
No d’inventaire
873-1-782Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
(France)

Cette toile représente des berges aménagées à l'aval d'une ville au loin.

Des scènes de la vie quotidienne sont représentées au premier plan. Deux femmes lavent leur linge sur le quai dans le coin inférieur gauche[1]. Une troisième femme et son enfant les rejoignent. Cette dernière porte son panier de linge sur sa tête. Le quai où se trouvent les femmes, à gauche du tableau, est animé.

Au second plan, des navires sont accostés au port sur les deux quais. Une seule maison à quatre étages est visible à droite quand une maison d'un étage est observable sur la bordure gauche du tableau. De grands arbres prennent le pas sur les habitations, opérant une rupture visuelle de part et d'autre de la rivière.

Au centre de la composition et à l'arrière-plan, se trouvent des maisons mitoyennes, aux façades blanches, et de plusieurs étages le long du quai de gauche. L'œil est attiré par les deux flèches d'un grand édifice, surplombant la ville et se reflétant dans la rivière.

Le ciel est dynamique, les nuages sont très contrastés et apportent encore du mouvement à la composition.

Histoire

Contexte de création

En 1855, Eugène Boudin tente de trouver un thème pour son premier envoi au Salon à Paris[2]. Pour cette occasion, l'artiste veut se renouveler[2]. Pour cela, il décide de partir en Bretagne[2]. Le peintre tombe sous le charme de la région et y effectua ensuite 27 voyages jusqu'en 1897.

Durant ce premier séjour, il est probable que l'artiste ait rencontré le collectionneur Jean-Marie de Silguy[2]. Ce dernier aurait pu passer directement commande au peintre pour cette vue de la ville de Quimper[2]. C'est au cours de ce même séjour qu'il assiste également au Pardon de Kerdevot durant ce même voyage[2].

Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud, le premier envoi au Salon d'Eugène Boudin. Conservé au musée d'art moderne André Malraux au Havre.

Toutefois, le peintre n'envoie pas cette toile au Salon[2]. Il choisit deux ans plus tard (en 1859) d'y présenter le Pardon de Sainte-Anne la Palud[3].

Style

En peignant cette toile, Boudin se trouve à mi-chemin entre le naturalisme de l'école de Barbizon (visible notamment dans le détail des frondaisons des allées de Locmaria) et les prémices de l'impressionnisme (dynamisme du ciel et le travail sur les reflets de l'eau)[1],[4]. Cette toile s'inscrit dans l'histoire de l'art comme une évolution stylistique, développée plus tard au sein du mouvement impressionniste[2].

Inspiration

La démarche du peintre est novatrice : sortir de son atelier pour peindre en extérieur, "sur le motif"[2]. Cette démarche est entamée par l'école de Barbizon au milieu du XIXe siècle grâce à différents progrès techniques tels que l'invention de la peinture en tube ou l'apparition du chemin de fer[5]. Ce nouveau moyen de transport et permet au peintres de se déplacer en province et de peintre sur le motif, une spécificité du travail d'Eugène Boudin[6]. Il l'exprime lui-même : « trois coups de pinceau d’après nature valent mieux que deux jours de travail au chevalet »[7].

Certains spécialistes s'accordent sur le fait que le mouvement dans le ciel, dû à la touche animée du peintre, annonce l'impressionnisme[8]. Le ciel est un élément qui a pris de l'ampleur dans les œuvres de Boudin depuis les années 1850[9]. Période vers laquelle il commence à s'inspirer de la peinture néerlandaise où le ciel occupe une place très importante dans les compositions[9].

Acquisition

Jean-Marie de Silguy, collectionneur d'art, est le premier acquéreur de l'œuvre. Il doit également en être son commanditaire[4].

Le collectionneur a légué ce tableau au Musée des beaux-arts de Quimper le 9 Novembre 1864 par son testament du [2].

Œuvres en rapport

La photographie de Furne et Tournier dans Vues, monuments et costumes de Bretagne, intitulée Quimper - vue prise du bas de la rivière reprend le même point de vue que la toile d'Eugène Boudin, et ce la même année[10]. Selon certains, le peintre a pu s'inspirer de ce cliché[4].

Toujours en 1857, Eugène Boudin assiste à un mariage à Quimper et produit Noces à Quimper, conservée également au Musée des beaux-arts de Quimper[11].

Analyse

Exposition

Voir aussi

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