Le Prix du danger (film)
film d’Yves Boisset, sorti en 1983
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Le Prix du danger est un film d'anticipation franco-yougoslave de 1983 réalisé par Yves Boisset, basé sur la nouvelle éponyme de Robert Sheckley, Le Prix du danger (The Prize of Peril, 1958).
Jean Curtelin
Marie-France Pisier
Michel Piccoli
| Réalisation | Yves Boisset |
|---|---|
| Scénario |
Yves Boisset Jean Curtelin |
| Acteurs principaux |
Gérard Lanvin Marie-France Pisier Michel Piccoli |
| Pays de production |
|
| Genre | anticipation |
| Durée | 100 minutes |
| Sortie | 1983 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
Dans un futur proche, la chaîne de télévision CTV profite d'un flou juridique sur le suicide assisté pour lancer une nouvelle émission : Le Prix du Danger. En pleine ville, un homme doit rejoindre un endroit secret tout en étant poursuivi par cinq autres candidats armés, chargés de le tuer. Si le candidat survit pendant quatre heures, il gagne un million de dollars. Aucun candidat n'y est parvenu lors des trois premières émissions. Malgré les critiques exprimées par des associations comme celle d’Élisabeth Worms (Andréa Ferréol), l'émission connaît un succès croissant.
Pour la quatrième émission, trois candidats sont retenus pour les éliminatoires, dont François Jacquemard (Gérard Lanvin), un jeune chômeur. Bien que sa petite amie, Marianne (Gabrielle Lazure), désapprouve sa participation, François pense sincèrement que cela leur permettrait de se mettre à l'abri du besoin. Quelques jours plus tard, les trois concurrents se retrouvent sur une piste d'envol où les attendent trois avions de tourisme. Une fois en l'air, chaque pilote s'éjectera et les candidats devront faire atterrir les machines par leurs propres moyens. Après l'abandon du premier et le crash de l'avion de l'autre, François est qualifié. Dans le même temps, Elisabeth Worms tente de faire interdire l'émission par décision de justice mais sa demande est rejetée, le juge n'étant pas suffisamment convaincu par ses arguments.
Le jeu pouvant se poursuivre, François Jacquemard et les cinq chasseurs sont invités ensemble sur le plateau de CTV et présentés aux téléspectateurs. Puis François Jacquemard est emmené en hélicoptère et déposé au sommet d'une tour urbaine et la chasse débute. François Jacquemard constate des réactions variées des gens qu'il croise au cours de sa fuite : si quelques « bons samaritains » l'aident à semer ses poursuivants, d'autres essaient de le ralentir par jalousie ou par sadisme. Lors d'une poursuite dans le métro, un premier chasseur meurt par électrocution après avoir posé le pied sur le rail électrifié. François Jacquemard réussit à prendre la fuite grâce à une automobiliste qui le prend en stop dans un tunnel. Il la reconnaît comme étant l'une des productrices de l'émission, Laurence Ballard (Marie-France Pisier). Il réalise alors que l'émission est truquée : le candidat est maintenu en vie grâce aux « bons samaritains » envoyés par l'émission afin de maintenir les téléspectateurs en haleine, ce qui permet d'accroître l'audimat et les revenus publicitaires. Puis le candidat est tué dans les dernières minutes de l'émission. François Jacquemard sort de la voiture et crie à Laurence Ballard qu'il jouera dorénavant selon ses propres règles.
Se réfugiant dans un immeuble en chantier, François Jacquemard est attaqué par deux veilleurs de nuit et leurs chiens. Il s'enfuit en utilisant le monte-charge. L'un de ses poursuivants tente de l'attaquer au couteau mais François Jacquemard se défend et le tue en le poussant dans le vide. Le présentateur de l'émission, Frédéric Mallaire (Michel Piccoli), s'insurge car le règlement interdit au candidat de se défendre contre ses poursuivants. Puis François Jacquemard, qui s'est entre-temps emparé du revolver du poursuivant mort, riposte aux coups de feu d'un troisième chasseur tentant de l'abattre et le tue lui aussi. Voyant ces morts, l'une des membres du groupe des chasseurs abandonne le jeu. Il reste encore un chasseur, dont le chargeur de revolver est vide et que François Jacquemard épargne dans un premier temps. Toutefois, les vigiles indiquent au chasseur un camion à proximité, dont ce dernier s'empare du volant pour rattraper François Jacquemard et tenter de l'écraser. François Jacquemard, se défend en jetant un pavé dans le pare-brise, touchant le conducteur qui percute des cabanes de chantier et meurt dans l'accident.
Face à cette situation inédite, Antoine Chirex (Bruno Cremer), PDG de CTV affirme que François Jacquemard est fou. Il demande qu'on laisse François Jacquemard rejoindre le plateau de l'émission, laissant au présentateur le soin de le disqualifier. Mais François Jacquemard prend en otage le présentateur et exige de toucher son chèque. Il veut aussi que Laurence Ballard descende sur le plateau pour avouer aux téléspectateurs que l'émission est truquée. La productrice accepte dans un premier temps, puis elle se ravise en prétextant que François Jacquemard n'est pas dans son état normal, alors que ce dernier est maîtrisé par la sécurité. François Jacquemard, auquel des infirmiers passent la camisole de force, est emmené dans une ambulance et disparaît dans la nuit. Laurence Ballard, puis Frédéric Mallaire, promettent que les prochaines émissions seront encore plus violentes et que François Jacquemard aura l'honneur de pouvoir y participer à nouveau, sous les clameurs du public.
Fiche technique
- Réalisation : Yves Boisset, assisté de Marc Angelo
- Scénario : Yves Boisset et Jean Curtelin, d'après la nouvelle Le Prix du danger de Robert Sheckley
- Décors : Serge Douy
- Costumes : Jacques Fonteray
- Image : Pierre-William Glenn
- Son : Raymond Adam
- Montage : Michelle David
- Musique : Vladimir Cosma
- Affiche : Philippe Lemoine
- Production : Norbert Saada pour UGC Distribution
- Studios : Paris-Studios-Cinéma
- Lieu de tournage : Paris et Belgrade
- Pays :
France /
Yougoslavie - Genre : thriller d'anticipation
- Format : Couleurs - 35 mm - 1,66:1 - Son mono
- Durée : 100 minutes
- Date de sortie : France :
- Classification : interdit aux moins de 13 ans lors de sa sortie en salles en France[1], tous publics depuis 1989[2]
Distribution
- Gérard Lanvin : François Jacquemard, participant du jeu
- Michel Piccoli : Frédéric Mallaire, présentateur du jeu
- Marie-France Pisier : Laurence Ballard, conceptrice et productrice du jeu
- Bruno Cremer : Antoine Chirex, PDG de la chaîne
- Andréa Ferréol : Élisabeth Worms, l'opposante au jeu
- Gabrielle Lazure : Marianne, la compagne de François
- Catherine Lachens : Madeleine
- Henri-Jacques Huet : Victor Segal
- Jean Rougerie : le président de la commission
- Jean-Claude Dreyfus : Bertrand, un poursuivant de François
- Steve Kalfa : Édouard, un poursuivant de François
- Jean-Pierre Bagot : Alexandre, un poursuivant de François
- Zlata Numanagic : Jacqueline, une poursuivante de François
- Julien Bukowski : Arnaud
- Dragan Stueljanin : Roederer, un candidat tué
- Marko Nikolic (non crédité) : un participant
- Jovan Ristic (non crédité) : régie CTV
- Janez Vrohec (non crédité) : le caissier du bistrot
- Vladan Zivkovic (non crédité) : un gardien de nuit
- Jacques Chailleux (non crédité) : un téléspectateur interviewé dans la rue
Yves Boisset fait un caméo, il apparaît sur les photos présentant le héros lors de son service militaire.
Autour du film
- Durant la publicité pour les armes Saada, on peut noter quelques images extraites d'Espion, lève-toi.
- Lors de la scène de la culbute où les candidats doivent piloter un avion, l’un des candidats se nomme Monsieur Ascona. Son nom est répété plusieurs fois par l’animateur joué par Michel Piccoli. On remarque ensuite que les ambulances présentes sur l’aérodrome sont des break de marque… Opel. La marque venait alors de sortir son modele C de l’Ascona.
- Le rôle principal devait être tenu par Patrick Dewaere mais celui-ci se désiste pour tourner Édith et Marcel de Claude Lelouch. L'équipe du film apprend sa mort sur le tournage le [3],[4].
- En 1970, le livre est adapté pour la première fois au cinéma par le réalisateur allemand Tom Toelle (de), pour un téléfilm intitulé « Das Millionenspiel », Le Jeu des millions (en), soit treize ans avant Yves Boisset.
- Le film a été tourné à Paris et à Belgrade, en Yougoslavie.
- L'extérieur des studios de CTV est le Centre Sava de Belgrade.
- Plusieurs scènes ont été tournées dans le quartier du Mont d'Est à Noisy-le-Grand notamment les parkings du centre commercial, les Espaces d'Abraxas et les Arènes de Picasso.
- La station de métro Place Conrad est la gare de la Défense, on y voit des MS 61 qui circulent à cette époque sur le RER A.
- Gérard Lanvin est déposé en hélicoptère sur le toit de la tour Genex à Belgrade.
- Le film, dans son esthétique (les architectures froides, les uniformes des participants, le décor de l'émission avec écran géant) et dans sa structure globale (les interludes musicaux, les chorégraphies des danseuses), s'inspire beaucoup du téléfilm Le Jeu des millions (en). D'ailleurs, au début du film, si on regarde attentivement l'arrière-plan on peut voir un camion portant l'inscription Osnabrück, qui était le lieu de tournage du téléfilm allemand.
- Le film est diffusé aux Dossiers de l'écran, le , suivi du débat ayant pour thème : « Quelle télévision pour demain ? »[5],[6].
Box-office
Le film sort en salles le , il totalise 1 388 858 entrées (dont 363 328 à Paris)[7]
Vidéothèque
Longtemps indisponible en DVD et Blu-Ray, le film est disponible sur support DVD depuis le .
Le film est sorti en blu-ray en 2024, dans une copie restaurée 4K.
Procès pour plagiat
Le scénario du film de 1983 est basé sur la nouvelle de Robert Sheckley, Le Prix du danger (The Prize of Peril), publié en 1958. En 1987 sort le film américain Running Man de Paul Michael Glaser, qui présente de nombreuses similitudes avec le film de Yves Boisset. Dans les années 1990, une plainte de l'équipe du Prix du danger est déposée à l'encontre de Running Man pour plagiat. Glaser déclare s'être inspiré pour son film d'un roman de Stephen King sorti en 1982, publié sous le pseudonyme de Richard Bachman, Running Man (The Running Man). Les plaignants remportent le procès en première instance, perdent en appel, puis gagnent en cassation. Néanmoins, ils ont beaucoup de mal à obtenir le dédommagement financier demandé s'élevant à plus d'un million de francs de l’époque[8],[9]. Les procédures, longues et coûteuses, surtout en frais d'avocats, aboutissent à de faibles compensations financières pour les plaignants[10],[11].