Le Retour des cendres

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Le Retour des cendres
Auteur Hubert Monteilhet
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman policier
Éditeur Denoël
Collection Crime-club
Date de parution 1961
Type de média in-16 (18 cm)
Nombre de pages 189

Le Retour des cendres est un roman policier et un drame familial d'Hubert Monteilhet paru en 1961[1], deuxième roman de l'auteur alors âgé de 32 ans.

Le récit a fait l'objet de trois adaptations en films (Le démon est mauvais joueur - 1965 et Phoenix - 2014) et téléfilm (Le Retour d'Élisabeth Wolff - 1982).

Le roman est écrit sous forme du journal intime d'Élisabeth Wolf. Cette rescapée des camps de concentration est revenue à Paris méconnaissable. Elle revoit Stan, son époux qui ne la reconnaît pas. Au cours d'une conversation, Élisabeth ayant prétendu être comédienne au chômage, Stan lui propose de « prendre la place » de son épouse défunte et de se faire passer pour elle, afin de débloquer la succession et de percevoir l'héritage de la défunte. Curieuse de voir comment son mari a évolué psychologiquement depuis leur séparation forcée, Élisabeth accepte l'étrange proposition. Au cours des semaines qui suivent, elle va devoir faire mine de ressembler à cette prétendue défunte ; elle devra aussi renouer avec les cendres du passé et refaire la connaissance de sa fille Fabienne qu'elle avait eue d'une précédente union et qu'elle n'a pas revue depuis cinq ans.

Le récit est composé d'un prologue et de 16 chapitres.

Dans le prologue, le juge d'instruction Benjamin Dalsace envoie à Fabienne Wolf un courrier daté du , lui demandant de lui faire part de ses observations au sujet d'un carnet autobiographique / journal intime tenu de juin à par sa mère Élisabeth Wolf, décédée récemment dans la nuit du 29 au . On ignore s'il s'agit d'un accident à l'intoxication au gaz, d'un suicide ou d'un meurtre.

Le carnet autobiographique commence à la date du . Élisabeth Wolf, 42 ans, médecin, est de retour à Paris après avoir été internée deux ans en camp de concentration en raison de ses origines juives. Maintenant que la guerre a cessé, elle vient de revenir à Paris. Elle apprend par le notaire de la famille Wolf que ses parents sont morts et qu'elle hérite de leur patrimoine. Elle apprend aussi par un vieil ami, Pierre, que son mari, Stanilas Pilgrin (dit « Stan »), est vivant. À l'exception de Pierre, personne n'est encore au courant de son retour. Elle est diminuée physiquement. Elle décide de s'installer quelque temps à l'hôtel anonymement, le temps « de se reconstruire » (chapitre 1er).

Flash-back. Élisabeth se souvient du jour où elle avait rencontré Stan, où son naturel l'avait troublée, où ils s'étaient courtisés l'un l'autre. Stan était un spécialiste du jeu d'échecs, dont il était Grand maître international (chapitre 2).

Le , à proximité du domicile familial, elle croise Stan qui ne la reconnaît pas. Le , il lui adresse la parole. Il imagine qu'elle est un vague sosie de sa femme qu'il croit morte. Il lui propose de faire « des affaires » avec elle sans plus être précis (chapitre 3).

Élisabeth déclare à Stan qu'elle s'appelle Julia Robinson et qu'elle est une comédienne au chômage. Pour sa part Stan lui parle de son « épouse décédée », qu'il a épousée au printemps 1942. Il est certain de sa mort compte tenu de la fin de la guerre et de l'absence de nouvelles. Le code civil prévoit que la totalité du patrimoine d'Élisabeth revient à Fabienne, la fille née en 1922 qu'Élisabeth a eue d'une précédente liaison. Elle avait reconnu Fabienne qui hérite donc aujourd'hui des biens de sa mère. Lui, Stan, n'a droit qu'à un usufruit sur seulement un quart de l'immobilier. Comme on n'a pas retrouvé le corps d'Élisabeth, la succession est totalement bloquée et une procédure d'absence a été lancée récemment. Il faudra toutefois un total de cinq ans pour qu'Élisabeth soit déclarée légalement morte. Et pendant ce temps, les biens de la défunte ne servent à rien et nul ne peut en disposer. Comme la prétendue comédienne ressemble étonnamment à son épouse défunte, Stan lui propose de « prendre sa place » pour débloquer la succession, moyennant rémunération. Élisabeth demande un délai de réflexion (chapitre 4).

Curieuse de savoir les traces qu'elle a laissées dans les mémoires, et de déterminer si elle aimerait Stan et si lui l'aimerait encore, Élisabeth accepte la proposition de « jouer le rôle d'Élisabeth ». Comme personne ne s'attend à revoir Élisabeth « renaître de ses cendres » (cf. titre du roman), il faudra veiller à transformer Julia Robinson en Élisabeth, à apprendre ses manières, son port des vêtements, sa façon d'écrire, sa façon de parler (chapitre 5).

On est le . Sous l'identité de Julia Robinson, elle fait mine de prendre la voix, le regard, l'écriture, le port de tête de la défunte épouse. Stan lui a fourni sur elle de nombreux détails. On évoque Fabienne, née d'une précédente liaison et âgée actuellement de 23 ans. C'est elle qui a eu l'idée d'utiliser un sosie. Toutefois elle ne veut pas encore rencontrer la comédienne qui va jouer le rôle de sa mère. Elle préfère se réserver pour le « retour officiel d'Élisabeth » lors duquel des amis de la famille viendront avec Stan et Fabienne à la gare pour l’accueillir (chapitre 6).

On est le . Élisabeth fait la connaissance de sa fille Fabienne : elle l'avait laissée adolescente de 17 ans et demi en 1940, elle la retrouve femme séduisante cinq ans après. Fabienne lui explique les modalités des retrouvailles officielles qui auront lieu dans quelques jours. Élisabeth revoit son vieil ami Pierre, qu'elle avait revu le jour de son arrivée à Paris. Il lui conseille fermement de renoncer à cette comédie navrante : d'une part, elle finira bien un jour par révéler sa vraie identité ; d'autre part, il se pourrait que Stan veuille la tuer : il a plus besoin d'une Élisabeth morte dont on se partagera l'héritage, que d'une Élisabeth vivante au caractère devenu indéterminé. Connaissant le caractère passif de Stan, Élisabeth ne croit pas aux craintes de Pierre et annonce vouloir continuer la supercherie (chapitre 7).

Le « retour officiel » d'Élisabeth a lieu le . Lorsqu'elle est emmenée à l'hôtel prévu à cet effet, Élisabeth découvre par inadvertance que Fabienne est amoureuse de Stan, et que tous deux vivent une histoire d'amour. Ils ont entamé récemment leur liaison, il y a deux mois, après avoir acquis la certitude de la mort d'Élisabeth. Fabienne se confie sur sa mère : celle-ci ne s'est pas occupée d'elle et la mère et la fille n'ont pas eu de vraie liaison familiale. Fabienne en a conçu beaucoup de tristesse et de regrets. Fabienne lui révèle aussi que c'est elle, Fabienne, qui a choisi Julia Robinson pour tenir le rôle de la mère disparue. Elle l’avait croisée sur les Champs Élysées, l'avait suivie et s'était renseignée sur elle. Arrive Stan. Le trio envisage les jours à venir. Après le départ de Fabienne, Élisabeth et Stan évoquent la femme défunte. Stan est troublé par la ressemblance de Julia Robinson avec elle. Pour sa part, Élisabeth a une envie sexuelle concernant Stan. Tous deux ont une relation sexuelle dans le noir (chapitre 8).

Élisabeth et Stan entament une aventure sentimentale et surtout sexuelle. Si Élisabeth connaît sa véritable identité, Stan est dans le désarroi total : d'une part Élisabeth est morte, d'autre part Julia Robinson lui ressemble étonnamment. Désire-t-il une morte ? Devient-il névrosé ? Fabienne a vent de cette liaison qui ne lui plait pas et dont elle devient jalouse (chapitre 9).

Le , Élisabeth reçoit un courrier d'Allemagne. Ce courrier, qui émane d'un militaire allemand aujourd'hui démobilisé, lui révèle que son arrestation en 1943 a résulté d'une indiscrétion de Stan. Sans que ce dernier la dénonce clairement, par lâcheté et naïveté il avait donné des informations permettant à la Gestapo de l'appréhender. Élisabeth envoie un courrier au soldat allemand pour demander une précision. Elle écrit aussi à Stan, sous son nom officiel d'Élisabeth (et non pas en prenant l'identité de Julia Robinson) un courrier officiel lui annonçant son retour à la gare de l'Est le à 20 h 48 (chapitre 10).

Voulant donner une leçon à Stan et Fabienne, Élisabeth, sous l'identité de Julia Robinson, leur déclare que c'est elle qui a envoyé la lettre qu'ils ont reçue, les invitant à se rendre à la gare de l'Est le à 20 h 48. Elle leur propose de se rendre tous les trois à la gare et de vérifier que l'épouse prétendue ne sera pas là. Tous trois se rendent à la gare et constatent que, effectivement, aucune Élisabeth Wolf épouse Pilgrin ne sort du train. Élisabeth rit de leur tête éberluée et de la bonne farce qu'elle leur a faite (chapitre 11).

Élisabeth, sous l'identité de Julia Robinson, fait croire à Stan que la vraie Élisabeth est réellement de retour. Elle envoie des lettres sur ce sujet, avec l'écriture d'Élisabeth et le rappel de souvenirs intimes très précis que seule la vraie Élisabeth peut connaître. Stan est déboussolé et ne sait que penser (chapitre 12).

Élisabeth, sous l'identité de Julia Robinson, remet à Stan la dernière missive envoyée à Julia Robinson par celle qu'il croit être Élisabeth. Cette missive se termine par les mots : « Un conseil d'épouse à épouse : ne vous fiez pas trop à notre mari. Je l’ai acheté, il m'a vendue ». Ces derniers mots le bouleversent et révèle à Julia Robinson ce qu'il s'est passé trente mois auparavant. Un officier SS lui avait ordonné de donner l'adresse du refuge d'Élisabeth, non pas parce qu'elle était juive, mais en raison de la fortune de sa famille bloquée dans des banques à Genève. Si Stan ne savait pas l’adresse, il serait torturé jusqu'à la mort. S'il savait l'adresse et ne la disait point : il serait torturé jusqu'à la mort. S'il la connaissait, il resterait vivant sans être torturé. Stan avait beaucoup hésité et, par lâcheté, avait révélé à l'officier de la Gestapo l'adresse d'Élisabeth. Étrangement, elle croit à la sincérité du témoignage de Stan. Elle connaît trop sa passivité, sa lâcheté, sa veulerie. Elle se dit : « On ne saurait en vouloir à un chien de laisser son maître se noyer parce que l'eau est trop fraiche » (chapitre 13).

La conversation se poursuit entre Élisabeth et Stan, qui lui explique comment il avait essayé, en vain, de prévenir son épouse du risque d'être arrêtée à Chartres par la Gestapo (chapitre 14).

Le , Élisabeth et Stan jouent aux échecs. Au cours de la partie, Élisabeth montre sa vraie identité et Stan comprend qui elle est. Stan lui montre qu'il l'a reconnue, et Élisabeth lui annonce qu'elle pardonne les errements passés et qu'elle souhaite reprendre la vie commune. Stan accepte. La question qui se pose est : comment annoncer la vérité à Fabienne ? Celle-ci les voit être complices et très proches ; elle en conçoit une forte jalousie amoureuse (chapitre 15).

Élisabeth et Stan choisissent de quitter temporairement Paris pour vivre leur amour retrouvé. Ils ne disent rien à Fabienne et ne lui révèlent pas la vraie identité de « Julia Robinson ». La dernière page du journal intime d'Élisabeth est daté du (chapitre 16).

La dernière ligne du roman est : « N. B. Mademoiselle Wolf s'est donné la mort par le gaz dans la nuit du 1er au 2 novembre 1945. »[2]

Adaptations

Notes et références

Liens externes

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