Le Rocher de Cancale fut ouvert sous le Consulat, en lieu et place d'un cabaret vétuste, par un ancien vendeur d'huîtres dans le quartier des Halles, Alexis Balaine, associé à Madame Beauvais. La rue Montorgueil était d’ailleurs le lieu où l'on venait pour consommer des huîtres, dont le Rocher de Cancale se fait le spécialiste. On en consommait à Paris en 1805, 28 000 paniers appelés «cloyères», qui contenaient chacune 50 douzaines, soit 600 coquillages, pour un total de près de 17 millions de mollusques consommés à l'année[2].
Balaine vendit le Rocher de Cancale aux dernières heures du Premier Empire à un certain Borel pour 70 000 francs. Ancien maître d'hôtel de Jean-Pierre de Montalivet et formé par la fine fleur de la cuisine de l'Ancien Régime, Borel maintint le Rocher de Cancale à un très haut niveau durant presque trente ans, en entretenant une cave exceptionnelle et une cuisine exigeante. Mais le restaurant décline sous le règne de Louis-Philippe. Sous sa politique libérale, la gamme des restaurants s'élargit et les grandes maisons luxueuses et onéreuses du début du siècle, comme le Rocher de Cancale ou les Frères Provençaux, subissent une nouvelle concurrence. En 1846, le Rocher de Cancale ferme ses portes[4].
Le successeur de Balaine, Pierre Frédéric Borrel, fait faillite[5], et le ferme en 1846. Le restaurant rouvre sous le même nom, dans un autre lieu, rue Richelieu[6].
En 1806, les «dîners du Vaudeville», organisés par le Caveau, s’y réunissent. La devise est: «Rions, chantons, aimons, buvons
Voilà toute notre morale»[7].
Puis il revient rue Montorgueil, mais de l'autre côté de la rue, au no78, grâce à M. Pécune[6]. Dans cet emplacement subsiste encore un Rocher de Cancale, avec, au premier étage, des fresques exécutées par Gavarni. Le bâtiment fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [8].
Un établissement du même nom a existé à Bruxelles en 1874.
Notes et références
↑ Matthieu Aussudre, «Le Rocher de Cancale, lieu symbolique du nouveau discours gourmand», Romantisme, (ISSN0048-8593, lire en ligne)
↑ Gérard Allemandou, «De la ville à la scène, le personnage de l'écaillère», Papilles, (ISSN1165-2721)
↑ Matthieu Aussudre, «Le Rocher de Cancale, monographie d'un grand restaurant ou l'histoire du premier restaurant de poisson», Papilles n°50, , pp. 106-108