Le Testament d'un excentrique

roman de Jules Verne From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Testament d'un excentrique est un roman de Jules Verne, paru en 1899.

PaysFrance
GenreRoman de mœurs - Roman géographique
ÉditeurHetzel
Faits en bref Auteur, Pays ...
Le Testament d'un excentrique
Image illustrative de l’article Le Testament d'un excentrique
Frontispice du roman.

Auteur Jules Verne
Pays France
Genre Roman de mœurs - Roman géographique
Éditeur Hetzel
Date de parution 1899
Illustrateur George Roux
Chronologie
Série Voyages extraordinaires
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Ce livre, écrit en 1897, raconte une gigantesque partie du jeu de l'oie à l'échelle des États-Unis (appelée l'Union à l'époque), dans laquelle chaque case correspond à un État des États-Unis.

Historique

Le roman paraît d'abord en feuilleton dans le Magasin d'Éducation et de Récréation du au , puis en édition grand format illustré en 1900 chez l'éditeur Hetzel.

Résumé

À son décès, William J. Hypperbone convie les membres du club chicagoan dont il fait partie, l’Excentric Club, à la lecture de son testament, par l'intermédiaire de son notaire, Maître Tornbrock, selon ses dernières volontés. Plusieurs personnes sont tirées au sort par le notaire pour prendre part à une partie du « Noble Jeu des États-Unis » à l'issue de laquelle le vainqueur remportera l'héritage du milliardaire américain, et le deuxième l'ensemble des primes payées par les joueurs qui auront été envoyés sur l'une des cases pénalisantes.

Les choses se compliquent quand un mystérieux et septième concurrent s'ajoute à la partie.

Personnages

Carte du Noble Jeu des États-Unis.

Les six heureux élus sont les suivants :

  • Max Real, un artiste peintre d'ascendance française, très sympathique, dans la veine des héros verniens tels Michel Ardan, toujours de bonne humeur et philosophe dans les mauvaises comme les bonnes fortunes ; son pavillon sur le jeu est le violet.
  • Tom Crabbe, une brute relevant du phénomène de foire, avec ses sept pieds de hauteur et son entraînement de boxeur, avalant six repas gargantuesques journellement, accompagné de son entraîneur John Milner durant tout le périple, sur le mode du duo inséparable « la tête et les bras » ; son pavillon est l'indigo[1].
  • Herman Titbury, accompagné de sa femme, Kate Titbury, type achevé de la mégère et du tyran domestique, le couple figurant le summum des usuriers doublés d'avares ; son pavillon est le bleu.
  • Harris T. Kymbale, un reporter du journal La Tribune, qui lui enverra à chaque tirage des dés par le notaire des feuilles de route exactes et précises pour aller le plus vite possible à destination, et qui ne ménagera pas les primes de rapidité dispensées avec prodigalité par son journal, tout étant prétexte pour lui à détour pour écrire un article quotidien sur les curiosités locales vues en chemin ; son pavillon : le vert.
  • Lissy Wag, jeune et belle vendeuse dans un grand magasin chicagoan, Marshall Field, accompagnée durant le périple par sa meilleure amie, colocataire et collègue, Jovita Foley, aussi exubérante que Lissy est discrète et timide ; son pavillon est le jaune.
  • Hodge Urrican, marin bourru et colérique, capitaine au long cours, qui sera accompagné durant ses pérégrinations à travers les États-Unis par son fidèle Turk, un de ses anciens matelots, en apparence encore plus colérique que lui ; son pavillon est l'orangé.

À cette liste vient s'ajouter un septième et mystérieux concurrent, aux termes d'un codicille révélé après lecture du testament par Maître Tornbrock, qui est désigné par les seules initiales XKZ ; son pavillon termine le spectre de l'arc-en-ciel, c'est le rouge.

Autres personnages

  • Tommy, serviteur de Max Réal, jeune noir de 17 ans.
  • Georges B. Higginbotham, président de l'Excentric Club.
  • James T. Davidson, membre de l'Excentric Club.
  • Gordon S. Allen, membre de l'Excentric Club.
  • Harry B. Andrews, membre de l'Excentric Club.
  • John I. Dickinson, membre de l'Excentric Club.
  • Thomas R. Carlisle, membre de l'Excentric Club.
  • John Hamilton, gouverneur de l'Illinois.
  • Bill Arrol, malfaiteur qui se cache sous le nom de Robert Inglis.
  • Will Stanton, coureur cycliste.
  • Robert Flock, coureur cycliste.
  • John Berry, coureur cycliste.
  • Fred Wilmot, guide.
  • Cavanaugh, boxeur qui doit affronter Tom Crabbe.
  • Mrs. Réal, mère de Max Réal.
  • Vincent Bruck, shérif d'Arondale.
  • Hugh Hunter, clergyman.
  • Len William Horgarth, rabatteur et témoin pour divorce.
  • R. T. Ordak, juge à Calais.
  • Isidorio, conducteur de stage.

Disposition des États

1- Rhode Island

2- Maine

3- Tennessee

4- Utah

5- Illinois

6- New York

7- Massachusetts

8- Kansas

9- Illinois

10- Colorado

11- Texas

12- New Mexico

13- Montana

14- Illinois

15- Mississippi

16- Connecticut

17- Iowa

18- Illinois

19- Louisiane

20- Delaware

21- New Hampshire

22- South Carolina

23- Illinois

24- Michigan

25- Georgie

26- Wisconsin

27- Illinois

28- Wyoming

29- Oklahoma

30- Washington

31- Nevada

32- Illinois

33- North Dakota

34- New Jersey

35- Ohio

36- Illinois

37- West Virginia

38- Kentucky

39- South Dakota

40- Maryland

41- Illinois

42- Nebraska

43- Idaho

44- Virginia

45- Illinois

46- District of Columbia

47- Pennsylvanie

48- Vermont

49- Alabama

50- Illinois

51- Minnesota

52- Missouri

53- Floride

54- Illinois

55- North Carolina

56- Indiana

57- Arkansas

58- Californie

59- Illinois

60- Arizona

61- Oregon

62- Territoire Indien

63- Illinois

Composition

Le roman a quelques points communs avec Le Tour du monde en quatre-vingts jours. Cependant, une notable différence différencie la construction des deux romans. Le trajet de Phileas Fogg est d'emblée prévu. Il a sa carte de route. Tout passe par perte et profit, malgré les impondérables qui jalonnent le voyage. Tant d'heures perdues compensent celles qui sont gagnées. Et le journal de Fogg peut se diviser en deux colonnes, où il compare ses progressions et ses régressions. Dans Le Testament d'un excentrique, tout au contraire, les déplacements des concurrents ne s'exposent qu'au hasard, par les dés que fait rouler imperturbablement Tornbrock. Ils n'ont aucun moyen d'enrayer cette machine. Ils ne sont pas maîtres de leur destin, ils sont des pions aux mains du hasard, et, pour eux, aucune feuille de route. On peut penser alors au poème de Stéphane Mallarmé, Un coup de dé jamais n'abolira le hasard, d'autant que Verne cite le poète dans son roman. Pour Phileas Fogg, c'est un pari. Pour les participants au Noble Jeu des États-Unis d'Amérique, ce n'est qu'un jeu dont ils n'ont pas les cartes en main[2].

Bibliographie

  • Revue Jules Verne no 15, Jules Verne et les États-Unis, Centre international Jules Verne, 2003.
  • Charles-Noël Martin, préfacier du roman paru dans la collection des éditions Rencontre (Lausanne, 1969-1971)
  • Michel Serres, Le texte parallèle : la Vallée de la mort. In Jouvences sur Jules Verne, Les Éditions de Minuit, 197, p. 243-250.
  • Marie-Hélène Huet, Exploration du jeu, in La Revue des Lettres modernes, Série Jules Verne 1, Minard, 1976, p. 95–108.
  • Philippe Boudon, Jeu de l'oie, jeu de l'échelle, Philippe Hamon édit. Littérature & Architecture. Rennes. Presses universitaires. 1988.
  • Laure Lévêque, « Le Testament d'un excentrique de Jules Verne (1899) : un jeu de l'oie grandeur nature ou les États-Unis mode d’emploi », Babel. Littératures plurielles, no 39 « L'imaginaire des grands espaces américains », , p. 145-169 (lire en ligne).

Notes et références

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