Pierre-Jules Hetzel
éditeur et auteur français
From Wikipedia, the free encyclopedia
Pierre-Jules Hetzel, né le à Chartres[1] et mort le à Monte-Carlo[2], est un éditeur, écrivain, traducteur et homme politique français.
| Éditeur |
|---|
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Pseudonymes |
P.-J. Stahl, P.-J. Martin, L. Martin |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités | |
| Enfant |
| Membre de | |
|---|---|
| Distinctions |
Biographie
Famille
Son père, Jean Jacques Hetzel, né le à Strasbourg (Bas-Rhin), issu d'une vieille famille alsacienne protestante strasbourgeoise, est maître -sellier au 1er régiment de chevau-légers lanciers, stationné à Chartres. Il meurt dans cette ville le [3].
Sa mère, Louise Jacqueline Chevallier, née le à Mamers, est sage-femme à l'Hôtel-Dieu de cette ville[4]. Elle y décède le [5]. Ils se marient à Chartres le [6]. Par sa mère, Louise Chevallier, Pierre-Jules Hetzel est de la famille de François Séverin Marceau[7].
Si sa famille est protestante, Pierre-Jules Hetzel est athée dans la mesure où cela ne gêne pas ses affaires : « Plusieurs biographes ont souligné le fait que son éditeur, Hetzel, pourtant athée, pressait toujours Jules Verne pour qu’il insérât dans ses histoires davantage de valeurs familiales — dans le goût chrétien — pour favoriser leur succès commercial auprès de la majorité des lecteurs[8]. ».
Formation
Pierre-Jules Hetzel commence ses études à Chartres et les continue à Paris au collège Stanislas, en qualité de demi-boursier en 1827. En 1829, il obtient un deuxième accessit de thème de latin au Concours général en classe de 4e. En 1831, en classe de seconde, Hetzel obtient un troisième accessit de version latine au concours Général, et, en 1832, en classe de rhétorique, il obtient le quatrième accessit de discours français au Concours général. En août 1834, il quitte le collège Stanislas et arrive en à Strasbourg pour étudier le droit.
1835 : Libraire puis éditeur
En , il abandonne ses études et entre chez Paulin, libraire, rue de Seine. En , il fonde avec lui sa maison d’édition. Associé à Paulin, il publie l’Histoire des Français de Théophile Lavallée, puis édite seul un livre d'heures pour concurrencer l’éditeur Léon Curmer.
Son premier grand succès est e n 1840 Vie publique et privée des Animaux[9], étude des mœurs contemporaines auquel il s'attache en 1839-1840 en faisant appel à de grands écrivains comme Balzac, George Sand, Charles Nodier, Louis Viardot et au dessinateur Grandville. Il participe anonymement à cet ouvrage collectif sous le pseudonyme de « P.-J. Stahl » par la nouvelle Peines de cœur d'une chatte française, en réponse aux Peines de cœur d'une chatte anglaise de Balzac.
L'éditeur Charles Furne n'ayant plus les moyens financiers de poursuivre la publication de la Comédie humaine de Balzac, dont le premier volume paraît en , c'est grâce à l'apport de Hetzel, qui lui rachète des parts par l'intermédiaire d'Alexandre Houssiaux, que l'entreprise se poursuit en association avec Jacques-Julien Dubochet et Paulin. Puis, Balzac étant en procès avec Hetzel, Houssiaux se charge de la réimpression des Œuvres complètes sous le nom de Furne et Cie[10].
En , il fait paraître Voyage où il vous plaira[11], auquel collabore Alfred de Musset, illustré par Tony Johannot. La même année, il fonde le Nouveau magasin des enfants dont les auteurs sont Charles Nodier, Tony Johannot, Alexandre Dumas, George Sand, Musset, et les illustrateurs Bertall et Paul Gavarni[12].
Avec les collaborateurs de Vie publique et privée des Animaux, il se lance dans l'édition du Diable à Paris Paris et les Parisiens. Mœurs et coutumes, caractères et portraits des habitants de Paris, tableau complet de leur vie privée, publique, politique, artistique, littéraire, industrielle. Gérard de Nerval, Henry Monnier, Taxile Delord y participent également et Théophile Lavallée écrit une Histoire et une Géographie de Paris en avant-propos de chaque tome publié en et . Les illustrations sont de Gavarni et Grandville. Il cherche, en décrivant certains types de Parisiens, à concurrencer Les Français peints par eux-mêmes de Curmer qui connaît un grand succès dû à la mode des physiologies.
1848-1851 : Participation à la Seconde République
En 1848, Hetzel, fervent républicain, est chef de cabinet d’Alphonse de Lamartine, alors ministre des Affaires Étrangères, puis auprès du ministre de la Marine[13],[14].

1851 : Exil à Bruxelles
Lors du coup d'État du 2 décembre 1851 qui voit l’avènement du Second Empire, il s'exile en Belgique[12] et il y continue son travail d’éditeur, publiant clandestinement les Châtiments de Victor Hugo[15]. Dans une lettre datée du et dans laquelle il lui annonce la rédaction des Châtiments pour dénoncer le coup d'État de Napoléon III, Victor Hugo écrit à Hetzel : « J'ai pensé qu'il m'était impossible de publier en ce moment un volume de poésie pure. Cela ferait l'effet d'un désarmement, et je suis plus armé et plus combattant que jamais[16]. »
En , il est autorisé par le ministre de l’Intérieur à revenir un mois en France, à Paris, pour y régler ses « affaires d'intérêt ». Il se rend également à Chartres pour y revoir sa mère gravement malade, obtenant un délai supplémentaire d'une semaine, puis il repart pour Bruxelles[17].
En 1858, paraît dans la collection Hetzel Le pacte de sang du "vicomte" Ponson du Terrail (édition autorisée pour la Belgique et l'étranger, interdite pour la France). Les deux tomes imprimés à Bruxelles chez J. Nys portent également la marque du libraire-éditeur Alphonse Durr de Leipzig.
Selon la volonté de Victor Hugo, Hetzel, associé à la Maison Quantin, lance l'édition de l'œuvre complète de l'écrivain. Appelée « ne varietur », elle est mentionnée comme définitive, établie d'après les manuscrits originaux[18].

1860 : Retour en France
À l’avènement de l’Empire libéral, il rentre en France. Il publie Proudhon et soutient Baudelaire. On lui doit une édition marquante des contes de Charles Perrault, illustrée par Gustave Doré, qu’il préface.
Il crée la revue Bibliothèque illustrée des Familles qui devient le Magasin d'éducation et de récréation, en , et à laquelle participe Jean Macé[19]. Son projet est de faire collaborer les savants, les écrivains et les illustrateurs, dans le but de réconcilier la science et la fiction, de mettre l’imagination au service de la pédagogie, position difficile à tenir dans un climat positiviste.
1861 : Rencontre avec Jules Verne
En , Alfred de Bréhat est à l'origine de la rencontre entre l'éditeur et un jeune auteur qui deviendra célèbre, Jules Verne[20]. C’est surtout par les éditions des Voyages extraordinaires de Jules Verne qu’il connaît un grand succès. Les textes pré-publiés dans le Magasin d'éducation et de récréation sont édités sous forme de trois collections destinées aux étrennes : l’une économique, sans illustration, une autre de petit format peu illustrée, et la troisième d’un format plus grand et richement illustrée de cartonnages romantiques[α 1].

Auteur pour la jeunesse sous le nom de P-J Stahl
Pierre-Jules Hetzel écrit de nombreux romans pour la jeunesse sous le pseudonyme de P.-J. Stahl.
Il traduit également des œuvres en langue anglaise comme Les Quatre Filles du docteur March.
Vie privée
Le , à Paris dans le 1er arrondissement, Pierre-Jules Hetzel épouse Catherine Sophie Quirin Fischer, née le , à Strasbourg, et morte le , à Sèvres, au no 2 rue des Charrons.
Les époux auront deux enfants : Marie-Julie, née le à Paris et morte le à Bruxelles, et Louis-Jules Hetzel, né le à Paris, 2e arrondissement, et mort le à Paris, 7e arrondissement, lequel, après des études scientifiques, rejoint son père comme associé en 1865.
Hetzel reçoit certains des plus grands écrivains de l'époque dans leur demeure familiale de Bellevue à Meudon.
1886 : Mort
Sa maison d’édition, reprise par son fils à sa mort,en 1886, est rachetée par les éditions Hachette, la maison concurrente, en .

Œuvres partielles sous le nom de P.-J. Stahl
- : Nouvelles et seules véritables aventures de Tom Pouce, imitées de l'anglais par P.-J. Stahl, vignettes par Bertall.
- : Le Royaume des gourmands sur Gallica.
- : Morale familière : contes, récits, leçons pratiques de la vie sur Gallica
- : Voyage de Mademoiselle Lili autour du monde sur Gallica.
- : Les Premières Armes de Mademoiselle Lili et de son cousin Lucien sur Gallica.
- : Zoé la vaniteuse sur Gallica.
- : Le Roi des marmottes.
- : Le Moulin à paroles sur Gallica. (Questionnaire de lecture sur Wikiversité).
- : Monsieur Toc-Toc.
- : La Transformation de Maitre Tom (Adaptation sur Wikiversité à partir d'une version en anglais).
- : Les Vacances de Riquet et de Madeleine : La vie des enfants en Amérique sur Gallica.
- : Mary Bell, William et Lafaine : La vie des enfants en Amérique, roman.le titre initial de l'ouvrage était : Les Vacances, récits et aventures. Mary Bell, William et Lafaine (cf. Notice n°: FRBNF31615340 de la Bibliothèque nationale de France).
- : Histoire de la famille Chester et de deux petits orphelins sur Gallica, d'après la traduction de William Hughes, roman.
- : Journal de Minette, histoire d'une mère et de ses enfants sur Gallica.
- : Histoire d’un âne et de deux jeunes Filles sur Gallica.
- : Les Méfaits de Polichinelle sur Gallica.
- : Les Patins d'argent sur Gallica, d’après Mary Mapes Dodge.
- : Cerf-agile : histoire d'un petit sauvage sur Gallica.
- : Les Histoires de mon parrain sur Gallica.
- : Odyssée de Pataud et de son chien Fricot sur Gallica.
- : Malbrough s'en va-t-en guerre sur Gallica.
- : La Chasse au volant sur Gallica.
- : Mon petit frère, ou Une visite à la nourrice sur Gallica.
- : Histoire de Bob aîné sur Gallica.
- : Mademoiselle Mouvette sur Gallica.
- : Maroussia sur Gallica, roman, d’après Marko Wovzog.
- : La Tour, prends garde sur Gallica, roman.
- : Le Premier cheval et la première voiture sur Gallica.
- : Petites sœurs et petites mamans sur Gallica.
- : Les Commandements du grand-papa et ses défenses.
- : Gribouille chez son oncle Jeannot sur Gallica.
- : La Petite Devineresse.
- : La Révolte punie : journal d'une petite pensionnaire repentante sur Gallica.
- : Les Petits Robinsons de Fontainebleau.
- : Don Quichotte.
- : La Salade de la grande Jeanne sur Gallica.
- : Le Pommier de Robert sur Gallica.
- : La Pêche au tigre.
- : Les Quatre Filles du docteur March, d'après Louisa May Alcott.March est ici orthographié Marsch.
- : Le Premier Chien et le premier pantalon sur Gallica.
- : Les Quatre Peurs de notre Général : Souvenirs d’enfance et de jeunesse, Paris : Bibliothèque d’Éducation et de Récréation (éd. J. Hetzel & Cie).
- : Les Trois montures de John Cabriole.
- : L’École buissonnière et ses suites sur Gallica.
- : Les Deux Sœurs.
- : Jack et Jane sur Gallica, adaptation autorisée / par Stahl et Lermont ; d'après Louisa May Alcott.
- : Le Docteur Bilboquet, Paris : Bibliothèque d’Éducation et de Récréation (éd. J. Hetzel & Cie).
- : La Petite Rose, ses six tantes et ses sept cousins sur Gallica d'après Louisa May Alcott.Réédité à partir de 1950 sous le titreRose et ses sept cousins.
- : Le Petit Acrobate sur Gallica.
- : Contes de l'oncle Jacques sur Gallica.
- : Le Sultan de Tanguik.
- Les Petites Amies.
- Histoire d'un papillon (suivi de Vie d'un pingouin), collection des Grands romanciers, 1932; réédité sous le titre Histoire d'un papillon et d'un pingouin, 1954
Pour l’âge mûr
- : Scènes de la vie privée et publique des animaux. Études de mœurs contemporaines.
- : Voyage où il vous plaira sur Gallica, par Tony Johannot, Alfred de Musset et P.-J. Stahl.
- : Le Diable à Paris sur Gallica, recueil collectif de contes d’Honoré de Balzac, George Sand, Charles Nodier, J.-P. Stahl (Hetzel), et d’articles satiriques.Larousse encyclopédique en dix volumes. p. 3210.
- : Théorie de l'amour et de la jalousie sur Gallica.
- : Bêtes et Gens sur Gallica.
- : L’Esprit des femmes et les femmes d’esprit sur Gallica.
- : « P.-J. Stahl » est souvent cité dans un ouvrage qui pourrait bien être de Hetzel : L. Martin et Larcher, Les femmes jugées par les méchantes langues dans tous les temps et dans tous les pays, Leipzig, éd. Hetzel.L'éditeur y cite « un ouvrage encore inédit », Dictionnaire des vices et des vertus des femmes, ouvrage d'une très grande rareté.
- : Histoire d’un homme enrhumé sur Gallica.
- : Les Bonnes Bêtises du temps passé.
- : Voyage d'un étudiant et ses suites variées ; Histoires de voyage (de Paris à Strasbourg et aux bords du Rhin) sur Gallica.
- : Les Bonnes Fortunes parisiennes.
- Les Amours d’un Pierrot.
- Les Amours d’un Notaire.
- : Histoire d'un prince et d'une princesse.
- Les Bijoux parlants.
- Animaux peints par eux-mêmes (nombreux articles).
Prix et récompenses
- : Prix Montyon de l'Académie française pour la revue littéraire Le Magasin d’éducation et de récréation[21].
- : Prix Montyon de l'Académie française pour Morale familière[22].
- : Prix Montyon de l'Académie française pour Histoire d’un âne et de deux jeunes filles[23].
- : Prix Montyon de l'Académie française pour Les Patins d'argent[22].
- : Prix Montyon de l'Académie française pour Maroussia[23].
Distinctions
Postérité
Conservation
Certains de ses livres sont désormais conservés par la Médiathèque municipale de Sèvres le Fonds Hetzel[24] où il habitait rue des Charrons (actuelle rue Emmanuel-Giraud)[25].
La Médiathèque de Sèvres a remis le , au service de numérisation de la Bibliothèque nationale de France (BnF), 63 volumes du fonds patrimonial des collections Hetzel. En effet, la Médiathèque de Sèvres a été retenue par la BnF (département de la Coopération, département Littérature et art - Centre national de la littérature pour la jeunesse) et la Médiathèque Françoise Sagan (Paris) / Fonds patrimonial de l'Heure joyeuse, pour une numérisation d'une partie du fonds Hetzel. Ce fonds numérisé comprend 20 titres de la collection La Petite Bibliothèque blanche et 43 volumes de la collection Bibliothèque d'Éducation et de Récréation, éditions reliées en format in-18. Les livres numérisés sont accessibles à la fois dans Gallica[26] et le site de la Médiathèque de Sèvres[27].
Depuis le , les données bibliographiques de la bibliothèque personnelle de l’éditeur Pierre-Jules Hetzel de la Médiathèque de Sèvres ont intégré le catalogue collectif de France qui localise quelque 30 millions de documents conservés dans les bibliothèques françaises et donne accès au Répertoire CCFr des bibliothèques et des fonds documentaires, à consulter dans la base Patrimoine du CCFR[28].
Expositions
- 1966 : De Balzac à Jules Verne, un grand éditeur du XIXe siècle, P.-J. Hetzel, Bibliothèque nationale, Paris[29],[30].
- puis 1967 : Biblioteca nazionale Braidense, Milan.
Hommages
Il existe une rue Jules-Hetzel à la frontière entre Sèvres et Meudon dans le quartier de Bellevue[31]. Article de la ville de Sèvres sur la maison Hetzel[32].
Il existe une rue Jules-Hetzel à Chartres, quartier de La Madeleine[33].