Leishu
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Le terme Leishu (類書 en chinois traditionnel) désigne un type de livre, souvent traduit par encyclopédie, du monde chinois. Les Leishu sont des compilations, des anthologies de citations extraites de livres documentaires, de traités, structurés comme des encyclopédies, par catégories thématiques.

Les Leishu peuvent être définis comme étant des "Livre[s] réunissant un ensemble de connaissances classées par catégories et composé[s] d’extraits de textes préexistants[1]". Ce genre littéraire rassemble les anthologies de textes issus d'un corpus confucéen canonique : les Classiques chinois, les extraits d'ouvrages historiques, philosophiques ou littéraires, des compilations de connaissances, des annales administratives (histoire de dynasties, d'institutions), parfois utiles pour préparer les concours de fonctionnaire, comme Cefu yuanggui 冊府元龜 compilé par l’empereur Zhenzong真宗 (r. 997-1022) de la dynastie Song[2]. D'autres ouvrages de ce genre littéraire comprennent des encyclopédies du taoïsme ou du bouddhisme, ou l'équivalent de dictionnaires de rimes[3]. La majorité des Leishu relève cependant de l'anthologie littéraire, qui par la compilation de citations canoniques, aident à préparer les épreuves de composition[2]. Ces livres sont destinés à former l'élite des fonctionnaires, et s'inscrivent dans l'organisation chinoise des savoirs, une tradition datant du début du deuxième millénaire [4].
Histoire
Les leishu deviennent un genre littéraire proprement dit quand les sphères culturelles chinoise et européenne se rencontrent[4].
Le savoir transmis par le biais des Leishu est d'abord un savoir ancien, théorique et classique, confucéen, et non vernaculaire ou local, pratique. Ces dernières connaissances, moins considérées par l'élite des fonctionnaires car sans portée morale, intègrent plus tardivement le savoir encyclopédique, sous la dynastie Song, à mesure que les sciences se délimitent et que les savoirs se spécialisent.
Le Huanglan 皇覽 est la première encyclopédie de ce type, compilée au troisième siècle de notre ère. Cette anthologie classe par catégorie des textes de Classiques, formant à la lecture de tels textes, et servant à la préparation de concours. Tout domaine d'étude jugé digne de considération pour un haut fonctionnaire chinois est intégré dans ces ouvrages, dont la majorité est écrite au début des dynasties Song, Ming ou Qing. C'est à partir de la dynastie Yuan que des savoirs en langues locales et davantage pratiques sont incorporés dans ces ouvrages (par exemple, les connaissances en agriculture), ce qui marque la transition d'une transmission orale et locale à une transmission écrite, structurée et étatique. Selon la sinologue Delphine Spicq, ces encyclopédies participent du prestige des Empereurs, qui en font des outils de légitimation du pouvoir (par le biais du savoir) et de continuité de ces traditions de compilation. Ce sont aussi d'utiles sources de connaissances, dans le but de rendre compte de l'état du savoir à un moment donné de l'histoire des connaissances en Chine[2].
Notes et références
- ↑ Florence Bretelle-Establet, Karine Chemla, « Qu’était-ce qu’écrire une encyclopédie en Chine ? », Extrême-Orient, Extrême-Occident, numéro spécial, 2007, p. 9.
- 1 2 3 Spicq, D. (2022). Linqing 麟慶 et les savoirs impériaux en Chine à la fin de la période impériale. Revue d’histoire du XIXe siècle, 64(1), 51-70.
- ↑ « BnF - Tous les savoirs du monde : Chine (1) », sur classes.bnf.fr (consulté le )
- 1 2 Brucker, N. (2022). Ina Ulrike Paul (dir.), Weltwissen. Das Eigene und das Andere in enzyklopädischen Lexika des langen 18. Jahrhunderts, Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek, coll. « Wolfenbütteler Forschungen », 2020. Dix-huitième siècle, 54(1), 774-777.