Lemme de Schwartz-Zippel
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En mathématiques, le lemme de Schwartz-Zippel est un résultat important pour évaluer l'égalité entre deux polynômes multivariés. Ce lemme donne naturellement un algorithme probabiliste efficace pour résoudre la question de l'égalité entre polynômes, qui fut historiquement le premier à être prouvé correct[1]. De fait il possède de nombreuses applications en théorie des nombres, en cryptographie, en géométrie, mais également dans les problèmes issues de la théorie des graphes et en théorie de la complexité[1].
Le résultat lui-même a été redécouvert plusieurs fois de manière indépendante. En 1922 Øystein Ore publie une première version limitée aux corps finis[2], puis Richard DeMillo et Richard Lipton publient une version faible en 1978[3]. Le lemme sous sa forme (forte) actuelle est due simultanément à Jack Schwartz[4] et Richard Zippel[5] en 1979, qui l'ont présenté indépendamment à la même conférence[6]. En dépit de ses nombreux auteurs, et bien que n'étant pas issu d'une collaboration entre eux, le résultat est le plus souvent simplement attribué à « Schwartz-Zippel. »
Énoncé du lemme
On se place dans un corps commutatif et on considère un polynôme multivarié , non identiquement nul, de degré .
Soit un sous-ensemble fini non vide de . Si sont des éléments tirés uniformément et indépendamment de , alors
où la fonction est bornée par:
- dans la version forte du lemme (due à Schwartz);
- dans la version faible du lemme (due à DeMillo, Lipton, et Zippel).
Note : dans le cas des corps finis , il est possible qu'un polynôme s'évalue toujours à zéro sans être nul pour autant, comme , rendant inopérant le résultat de Schwartz-Zippel ; cette situation est évitée en s'assurant que .
Preuve du lemme
On ne démontre ici que la version forte, la version faible en découlant naturellement. La preuve s'obtient par récurrence sur .
Le cas correspond simplement au fait qu'un polynôme de degré possède au plus racines dans . Cela se montre aisément par contradiction : s'il y avait plus de racines, on pourrait écrire comme un produit d'au moins facteurs de la forme et donc serait de degré au moins , ce qui est faux. Ainsi le cas du théorème est établi.
On suppose alors que le résultat tient pour tous les polynômes en variables, et on procède ainsi : soit , on extrait la dépendance en de la manière suivante :
en notant que cela est possible car le corps est commutatif.
Tous les polynômes ne peuvent pas être nuls, car sinon serait identiquement nul, ce qui est faux. Soit alors le plus grand indice tel que . Par construction, le degré de est au plus , c'est-à-dire que le degré de est au plus . L'hypothèse de récurrence donne alors :
Si ne s'annule pas sur , alors est au moins de degré . Appliquant encore l'hypothèse de récurrence, on a ainsi
On conclut de la manière suivante : dénotons par l'événement correspondant à l'annulation de , et par l'annulation de . Les deux formules ci-dessus s'écrivent alors :
Ce qui permet d'écrire
Ainsi on a montré que le théorème est vrai pour un polynôme en variables.