Leonid Raikhman
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Leonid Fedorovitch Raikhman (1908-1990) (Леонид Федорович Райхман, également Reichman par transcription, alias Zaitsev), était un officier de sécurité soviétique d’origine juive, devenu lieutenant général du NKVD, du NKGB et du MGB. Il a préparé des preuves relatives au massacre de Katyn pour la Commission Burdenko en 1943, puis pour le Tribunal militaire international de Nuremberg en 1946[1].
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Леонид Фёдорович Райхман |
| Nationalité | |
| Allégeance | |
| Activité |
Chef militaire |
| Parti politique |
Parti communiste de l'Union soviétique (à partir de ) |
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| Conflit | |
| Grade |
Lieutenant‑général de sécurité d’État |
| Distinction |
Ordre du Drapeau rouge, ordre de Koutouzov (2ᵉ classe), ordre de l’Étoile rouge, ordre du Badge d’honneur |
Biographie
Débuts et carrière
Entré dans les services de sécurité soviétiques dans les années 1920, Raikhman gravite rapidement au sein du GPU/GUGB puis du NKVD. Entre 1936 et 1940, il est impliqué dans les grandes purges staliniennes, période durant laquelle le NKVD mène de vastes campagnes d’arrestations et de répressions contre des cadres du Parti communiste et de l’administration soviétique. À cette époque, Raikhman participe à la préparation et à la conduite d’enquêtes politiques visant plusieurs responsables régionaux et figures publiques de premier plan.
Les dossiers instruits sous sa supervision ou avec sa participation ont notamment concerné pour les plus connu : Édouard Gylling, président du Conseil des commissaires du peuple de la RSS autonome de Carélie ; Kustaa Rovio, secrétaire du Comité régional du Parti communiste de Carélie ; Fiodor Gryadinsky, ancien président du Comité exécutif du kraï de Sibérie occidentale et membre du parti depuis 1912 ; Stolyar, secrétaire du Comité régional du Parti communiste de Sverdlovsk ; Alexander Shotman, membre du Présidium du Comité exécutif central panrusse et vieux bolchevik proche de Lénine ; Mikhaïl Koltsov, journaliste et député du Soviet suprême de la RSFSR[2].
Parallèlement de 1938 à 1946, il occupe successivement des postes clés dans la direction du contre‑espionnage (2ᵉ direction) du NKVD, puis du NKGB et enfin du MGB. Il devient commissaire de sécurité d’État de 3ᵉ rang avant d’être promu lieutenant‑général en juillet 1945.
Dossiers majeurs et rôle au procès de Nuremberg
En 1943, Raikhman prépare pour la Commission Burdenko (commission extraordinaire sur le massacre de Katyń) des preuves attribuant l’exécution des officiers polonais à l’armée allemande. Il perpétue cette ligne au procès de Nuremberg en 1946, défendant la thèse soviétique initialement mensongère : que l’Allemagne nazie était responsable du massacre de Katyń.
Arrestations et répressions
En 1951, Raikhman est arrêté, accusé d’« activité hostile contre l’État soviétique en tant que nationaliste, d’association avec un groupe de complices et de sabotage au sein des organes de la Tchéka », selon les articles 58-1b, 58-7, 58-10, partie 2, et 58-11 du Code pénal de la RSFSR (appelée « affaire Abakoumov »). Libéré en 1953 après la mort de Staline. Ses fonctions reprennent brièvement au sein du MVD, il occupe le poste de chef de l’inspection de contrôle auprès du Ministre de l’Intérieur de l’URSS du 9 mai au 4 juillet 1953 où il sera renvoyé pour “inaptitude professionnelle” il se retrouve placé en réserve au Ministère de la Défense de l’URSS. Mais il est de nouveau arrêté en août 1953 pour « crime grave contre le Parti Communiste ». En 1956, il est condamné à une peine de prison (initialement 10 ans, réduite à 5 ans en appel) peine qu’il purge à la prison de Boutyrka. Il est finalement libéré en novembre 1957, par la suite, il travaille comme juriste à Moscou[3].
Il est réhabilité à titre posthume le 4 février 2003 par le bureau du procureur militaire principal de la fédération de Russie[4].
Distinctions
- Ordre du Drapeau rouge (deux fois - 20 septembre 1943 et 29 octobre 1948)
- Ordre de Koutouzov2ᵉ classe (31 mai 1945)
- Ordre de l’Étoile rouge (deux fois - 25 juin 1937 et 30 avril 1946)
- Ordre du Badge d’honneur[5],[1] (20 avril 1939)
Héritage et critiques
Alors que Raikhman exerçait une activité opérationnelle au sein des organes de la sécurité d’État de l’URSS durant la période de 1936 à 1940, a abusé de sa position officielle — dans un but de carrière, il a systématiquement participé à la falsification de dossiers d’instruction concernant des citoyens soviétiques, les accusant à tort d’avoir commis de graves crimes contre l’État[2].
Leonid Raikhman est souvent cité comme un acteur central dans l’« inversion » des responsabilités concernant le massacre de Katyń, en dirigeant l’enquête soviétique interne et en fournissant des documents fallacieux aux tribunaux internationaux. Certaines sources l’ont qualifié d’« homme de Beria » chargé de nettoyer les traces du NKVD concernant ce crime[source détournée][1].
