Les Amours de Cassandre

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Les Amours de Cassandre
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Les Amours de Cassandre est un recueil de poèmes en décasyllabes de Pierre de Ronsard, paru en 1552.

Portrait de Cassandre Salviati à 20 ans, en frontispice des Amours.

C'est dans Les Amours que Ronsard ajoute des règles au sonnet : deux quatrains où alternent rimes masculines et rimes féminines. Il fait l’éloge de la beauté physique et de la perfection morale de quelques personnages féminins, devenus célèbres grâce à la puissance évocatrice de ses images : Cassandre, Marie, Hélène.

Les Amours de Cassandre auraient pour objet Cassandre Salviati (v. 1530-1607), fille de Bernardo Salviati, un des banquiers de François Ier. Cassandre est une jeune fille italienne rencontrée par le poète le à Blois à un bal de la cour. Elle a environ quatorze ans[1] et lui vingt-et-un. Ronsard ne pouvait épouser la jeune fille, car il était clerc tonsuré[2]. Cassandre épousa Jean Peigné, seigneur de Pray l'année suivante. Or, il ne faut voir ni ses Amours ni ses Odes comme lui étant assurément dédiées, car Ronsard ne l’a jamais confirmé lui-même. La Cassandre des Amours est surtout un nom[3] qui sert de matière pour le travail poétique, et si leur rencontre a bien eu lieu, il n'est pas garanti que le recueil lui soit consacré. Dans un poème adressé à Pierre de Paschal en 1554, Ronsard écrit :

« L’an d’apres en avril, Amour me fit surprendre,

Suivant la court à Blois, des beaus yeus de Cassandre :

Soit le nom faus ou vray, jamais le tans, vainqueur

Des amours, n’oustera ce beau nom de mon cœur »[4]   


À l'imitation de Pétrarque, qui chantait son amoureuse Laure, il fait de Cassandre son égérie, célébrant un amour tout imaginaire dans un style précieux avec comparaisons mythologiques et mignardises[5]. Il adopte la forme du Canzoniere pour retracer le récit d’une histoire d’amour impossible entre le poète et la femme aimée. Comme le veut la tradition, le poète-amant souffre de cet amour voué à l’échec et retranscrit les émois du sentiments amoureux à travers le recueil.

Néanmoins, il faut voir chez Ronsard davantage une position de poète que d’amoureux, et les Amours sont moins une déclaration qu’un exercice rigoureux. Cela s’observe, entre autres, par le trouble du personnage de Cassandre qui se voit tantôt brune puis blonde, mais aussi dans son nom qui se confond avec celui de la Cassandre troyenne dès le quatrième sonnet[6]. Le recueil de 1553 s’ouvre sur le premier sonnet « Vœu » et se place sous le patronage des Muses, plutôt que sous celui de d'Aphrodite. Ronsard adopte alors le rôle d’un intellectuel dont l’œuvre vise la postérité.

C’est grâce à cette posture d'érudit que ce Premier Livre au style élevé s'inscrit dans la lignée d'un courant artistique très en vogue au XVIᵉ siècle : le maniérisme. Une sophistication extrême, un travail minutieux et des références abondantes qui lui ont valu des reproches, déjà de son temps, comme l'indique Marc Antoine Muret dans ses Commentaires[7].

Le recueil sera repris et complété une première fois en 1553[6], puis en 1560 sous le titre Premier Livre des amours.

Le Second Livre des amours, qui lui succède, est en partie dédié à Cassandre et en partie à Marie[8].

Accueil

En 1556 la parution du recueil Les Amours, dit Amours de Cassandre, à la suite du succès des Odes (1550-1552), confirme les talents du jeune poète, même si la cour reste encore réticente[9] et si certains lui reprochent son abandon du style de Pindare pour celui de Pétrarque[10]. Lui succéderont Continuation des Amours en 1555[11] appelé aussi Les Amours de Marie (1555), ainsi que Sonnets pour Hélène (1578).

Éditions

Collectives

D’après François Rouget :

  • 1560 : in-16, comprend 24 pièces nouvelles.
  • 1567 : in-4.
  • 1571 : in-16 comprend 29 pièces nouvelles.
  • 1572-1573 : in-16 comprend 1 pièce nouvelle.
  • 1578 : in-16, comprend 238 pièces nouvelles.
  • 1584 : la dernière publiée du vivant de l’auteur, comprend 32 pièces nouvelles.
  • 1586 : édition posthume, comprend 30 pièces nouvelles

Contemporaines

  • Paul Laumonier (puis R. Lebègue et I. Silver), Ronsard, œuvres complètes, Paris, STFM, 1914-1975.
  • Jean Céard, Daniel Ménager, Michel Simonin, Ronsard, œuvres complètes, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, t. I, 1993- t. II, 1994.
  • François Roudaut, Ronsard. Les Amours et autres poèmes, Paris, Le livre de poche, « Classiques », 2021, n° 36026,

Bibliographie

Références

Voir aussi

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