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Les Deux Cultures

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Les Deux Cultures (en anglais, The Two Cultures) constitue la première partie d'une conférence prononcée en 1959 par le scientifique C. P. Snow dans le cadre des conférences Rede (Rede Lectures)[1],[2]. Le Britannique avance que « la vie intellectuelle de l'ensemble de la société occidentale » (the intellectual life of the whole of western society) se divise essentiellement en deux cultures : des sciences et des humanities. Cette division serait un obstacle majeur à la recherche de solutions pour notre monde.

Le discours est prononcé le au Senate House à Cambridge ; il sera publié dans l'ouvrage The Two Cultures and the Scientific Revolution. Le discours et l'ouvrage s'inspirent d'un article de Snow publié dans le magazine New Statesman le (également intitulé The Two Cultures[3]). Dès que le livre est publié, la position de Snow est lue et critiquée des deux côtés de l'Atlantique, ce qui l'amène à rédiger une suite parue en 1963 : The Two Cultures: And a Second Look: An Expanded Version of The Two Cultures and the Scientific Revolution[4].

L'opinion de Snow peut se résumer par une citation tirée du livre et régulièrement reprise :

« Lors de réunions, j'ai régulièrement été présenté à des personnes qui, selon les normes traditionnelles, sont considérées comme très éduquées ; elles ont souvent exprimé, avec grande vivacité, leur étonnement du manque de culture des scientifiques. Quelquefois, on m'a interpellé et j'ai répliqué en demandant aux invités combien parmi eux pouvaient expliquer le deuxième principe de la thermodynamique. On m'a répondu froidement, car personne ne connaissait la réponse. Pourtant, je n'ai demandé que l'équivalent scientifique de : Avez-vous déjà lu une œuvre de Shakespeare ?[5] Présentement, je pense que si j'avais posé une question plus simple — disons, qu'est-ce que la masse ou l'accélération ?, l'équivalent scientifique de Savez-vous lire ? — moins d'une personne sur dix parmi les gens très éduqués aurait compris que je parlais la même langue. Le grand édifice de la physique moderne est donc ignoré, et la majorité des gens les plus intelligents de l'Occident sont pareils à leurs ancêtres du néolithique à cause de leur connaissance sommaire[5]. »

En 2008, The Times Literary Supplement inclut The Two Cultures and the Scientific Revolution sur sa liste des 100 livres qui ont le plus influencé le discours public de l'Occident depuis la Seconde Guerre mondiale[2].

Le discours de Snow condamne le système éducatif au Royaume-Uni qui, depuis l'ère victorienne, récompense exagérément les humanities (surtout le latin et le grec) au détriment de l'éducation scientifique et du génie, même si la victoire des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale leur est largement due[6]. Dans les faits, les élites britanniques (en politique, dans l'administration et l'industrie) ont été privées d'une formation utile dans un monde dominé par la science moderne. Au contraire, les écoles américaines et allemandes ont cherché à former leurs citoyens tant dans les sciences que dans les humanities. Une meilleure maîtrise scientifique a permis aux meneurs de ces pays d'être plus compétitifs à l'ère scientifique. Les analyses ultérieures de sa position ont en partie omis les différences notées par Snow entre les approches britanniques (pour les écoles et les classes sociales) et les pays compétiteurs[6].

Influence

Notes et références

Voir aussi

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