Les Folles Alliées

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Fondation
1980
Dissolution
1990
Origine
Ville de Québec
Domaine d'activité
Théâtre
Les Folles Alliées
Programme de Mademoiselle Autobody, pièce des Folles alliées, 1985
Histoire
Fondation
1980
Dissolution
1990
Origine
Ville de Québec
Cadre
Domaine d'activité
Théâtre
Pays
Langue de travail
Organisation
Membres
Hélène Bernier, Christine Boilat, Jocelyne Corbeil, Carole Gélinas, Lucie Godbout, Sylvie Legault, Agnès Maltais, Sylvie Potvin et Mario Fraser
Idéologie
Féminisme

Les Folles Alliées est une troupe de théâtre qui s’est produite entre 1980 et 1990 au Québec. D'abord amateur, la troupe se professionnalise en 1982 en présentant une première pièce au Théâtre de la Bordée de Québec[1]. La troupe était composée essentiellement de femmes et est connue pour ses revendications féministes affirmées, son univers fantaisiste et son humour déjanté[2]. Actives durant près d'une décennie, Les Folles alliées ont présenté plusieurs comédies musicales dans la province de Québec, notamment au Théâtre de la Bordée, au Théâtre du Grand Dérangement et au Théâtre d'Aujourd'hui[3].

Création de la troupe

Composée de Hélène Bernier, Christine Boilat, Jocelyne Corbeil, Carole Gélinas, Lucie Godbout, Sylvie Legault, Agnès Maltais, Pascale Gagnon Sylvie Potvin et Mario Fraser, Les Folles alliées utilisaient le rire et la comédie comme outil de diffusion du féminisme. Le nom de la troupe est un jeu de mots avec l'expression « folle à lier »[4].

Résolument urbaine, la troupe est composée à l'origine de femmes résidentes du Faubourg Saint-Jean-Baptiste de Québec et qui n'ont aucune formation en théâtre[2]. C'est à l'occasion de Noël 1980, dans la salle du café-théâtre le Hobbit de Québec, rue Saint-Jean, que la troupe se produit de manière payante pour la première fois. Les Folles alliées y proposent Céline ou Tu vois ben que je t'aime, bébé... Pourquoi tu m'aimes pas ?[2] Fortes d'un premier succès, elles collaborent ensuite avec le Conseil du statut de la femme lors d'un concours sur la publicité sexiste, la troupe présente alors La Publicité s'excite[2]. C'est véritablement la collaboration avec l'actrice et metteure en scène Pierrette Robitaille qui professionnalise Les Folles alliées.   

Une production artistique féministe

Pour la professeure de l'Université d'Ottawa et directrice de l'Observatoire de l'humour de Montréal, Lucie Joubert, l'œuvre des Folles alliées s'inscrit dans une filiation directe de l'humour féminin au Québec[5]. Succès(sœurs) des Girls et prédécès(sœurs) des Moquettes Coquettes, Les Folles alliées produisent des spectacles d'humour et des comédies musicales résolument socio-sexués[5]. Pour Les Folles alliées, l'alliage de l'humour et du féminisme va sans dire. Lucie Godbout dit néanmoins que « question marketing [...] c’était une erreur de s’afficher féministes. »[2] Pourtant, leurs positions militantes sont fièrement prônées et reconnues tout au long de leurs années d'activité.

C'est par les thèmes et les cibles qu'elles abordent que la troupe s'impose comme chef de file en humour féministe au Québec. Femmes de leur temps, elles appartiennent à ce qu'il est convenu d'appeler le courant de deuxième vague. Ainsi, elles abordent l'objectification des femmes, l'hypersexualisation, la pornographie, l'itinérance cachée, les infections sexuellement transmissibles, les techniques de procréation assistée, la violence conjugale, la religion, l'émergence des garderies et bien d'autres[3].

C'est par la moquerie, la caricature et la satire des comportements masculins et sociaux qu'elles portent leurs revendications. En étant des femmes qui interprètent des rôles masculins, elles brisent les normes sociales de bienséance, mettant en évidence les systèmes d'oppressions qu'elles cherchent à déconstruire[3].Bien de leur époque, elles abordent un ensemble de sujets d’actualité qui touchent la femme québécoise[5]. Par exemple, en 1985, année de production de leur pièce Mademoiselle Autobody traitant de la pornographie, le rapport Fraser traitant également de la pornographie et de la prostitution au Canada est déposé[6]. Ce rapport a fait grand bruit dans les milieux féministes, que ce soit le rapport en soi autant que la réponse du Ministre de la Justice fédéral de l'époque John Crosbie[7]. Cela confirme la proximité des Folles alliées avec le zeitgeist féministe.

L'humour est également un moyen de désamorcer les critiques et de rejoindre un plus large public. Les Folles alliées ont conscience du caractère subversif de l'humour et de sa capacité de traiter de sujets pénibles ou sensibles. En entrevue avec la journaliste France Simard, la troupe mentionne néanmoins devoir conserver un équilibre puisqu' « avec l’humour, il faut toujours être vigilant. Il ne faut surtout pas que cela se retourne contre vous. Il faut que ça soit un rire libérateur et que l’humour ne serve surtout pas à donner des arguments aux machos. »[8]

Les principales pièces

Enfin Duchesses !

En 1975, le réalisateur Robert Favreau réalise le documentaire Le Soleil a pas d'chance. Le long métrage, financé par l'Office national du film du Canada offre un regard intime, attristant et complexe sur les dessous du concours de beauté du Carnaval de Québec. On y suit la poursuite chimérique des jeunes femmes de la vieille capitale, dans le but d'être sacrée reine du Carnaval ou bien d'obtenir l'un des six convoités titres de duchesses. Devant des jugements tantôt démoralisants, tantôt humiliants, les aspirantes redoublent d'effort pour exceller dans les nombreuses épreuves du concours[9].

Près de sept ans plus tard, en 1982, Les Folles alliées, prenant elles aussi pour inspiration le concours de beauté du Carnaval de Québec, produisent la comédie musicale Enfin Duchesses ! Avec humour, désinvolture et bonne humeur, elles réécrivent le déroulement des épreuves et la fameuse nomination. Le thème central de la pièce tourne autour de la perpétuation de l'exploitation de la femme-objet, en l'occurrence à travers les concours de type Miss. Dans la pièce, une opération pour tourner au ridicule le Carnaval est fomentée par Les Brigades roses, clin d'œil aux Brigades rouges italiennes de Curcio et Franceschini. Ces dernières, se définissant dans la pièce comme étant de « subversives gonzesses », réussissent à prendre le contrôle des festivités tout en amenant le public à se questionner sur la superficialité et l'impact sociologique de ce type de concours sur la jeunesse féminine[10]. Les Folles alliées disent de la pièce Enfin Duchesses ! : « Nous n'avons jamais eu envie d'être duchesses. Nous avions plutôt envie de faire, de ce conte de fées, un conte de sorcières et rêvions de voir les filles saboter, de l'intérieur, ces monuments érigés au fameux « sois belle et tais-toi! » que sont les concours de Miss. »[11]

La première s'est déroulée le au Théâtre de la Bordée de Québec. La troupe a poursuivi sa tournée en jouant notamment au Théâtre Expérimental des Femmes, au Théâtre de Quat'Sous et à la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier de Montréal[12]. Succès critique et commercial, le journal La Tribune de Sherbrooke rapportait qu'en date du samedi plus de 10 000 billets avaient été vendus à travers la province[13].

Mademoiselle Autobody

En 1985, Les Folles alliées signent la pièce Mademoiselle Autobody qu'elles dédient à Denise Morel, connue pour son rôle de Dame Plume dans la Ribouldingue[14]. Cette nouvelle comédie musicale a pour thème principal la pornographie, le titre se veut une allusion aux garages qui dans la décennie 1980, au Québec, sont l'un des principaux canaux de diffusion de la pornographie hardcore en cassettes vidéo[14].

L'histoire débute par la chanson « Les nanas en vacances » suivie par l'arrivée des Brigades roses à Pomponville, haut lieu de villégiature québécois[3]. Sur place, l'une d'entre elles, Bibi, se lance comme mécanicienne et acquiert le garage municipal[15]. Peu après leur arrivée en ville, les Brigades roses croisent le fer avec le maire du village, Maurice Malo, un véritable obsédé sexuel. Déjà propriétaire d'un « Club Vidéorotique », il s'apprête à inaugurer « Le Complexe du sexe » qui s'avère être un bar de danseuses nues[14]. Voulant faire échouer l'ouverture du cabaret, elles organisent l'opération « la Revanche des riflonflettes ». Afin de faire dérailler les plans du maire, les Brigades roses convainquent notamment la serveuse Jeannine ainsi que l'épouse du maire, Phédra Simard, de se joindre à elles pour faire dérailler l'ouverture[3]. Horrifié du remplacement des danseuses par ses proches, le maire, Maurice Malo, réagit en se lamentant sur son propre sort « Oh ! Non ! Pas ma mère, pas ma femme ! […] Oh ! Non ! Pas ma fille, pas ma sœur ! »[3].

Carole Fréchette, autrice et comédienne, dit de la pièce : « Si les Folles Alliées ne vont pas aussi loin qu'on le souhaiterait dans ce spectacle, il demeure que là où elles vont, elles s'y rendent avec intelligence, sensibilité et surtout avec passion. »[16]

En 1987, Lucie Robert, professeure en études littéraires à l'Université du Québec à Montréal, relate la réception de la pièce Mademoiselle Autobody dans la communauté féministe québécoise. Elle écrit dans la revue Voix et Images :

Mademoiselle Autobody, dont la création, le 30 janvier 1985, au théâtre du Grand Dérangement à Québec, avait soulevé une certaine controverse dans les milieux féministes. Sujet délicat, difficile même pour plusieurs femmes, la pornographie, ainsi que l'ensemble des industries dites « du sexe », soulèvent des passions et des colères qui s'accommodent plutôt mal d'une réflexion humoristique prenant la comédie musicale comme structure fixe. Les Folles Alliées sont pourtant très habiles à construire un texte qui, tout en manifestant les engagements politiques de la troupe, résiste à la tentation du lieu commun et aux pièges de la dédramatisation[14].

Sans être en soi une critique négative, Lucie Robert offre un regard contemporain de la réception mitigée de la pièce. Les féministes, n'étant pas un monolithe idéologique, n'ont pas toutes reçues favorablement l'approche bon enfant des Folles alliées.

C'est parti mon sushi ! Un show cru

Produite en 1988, la pièce a été jouée pour la première fois à l'Institut Canadien de Québec, les 3 et , puis au Spectrum de Montréal, les 9 et [17]. C'est un retour au format cabaret, c'est-à-dire sous la forme d'une trentaine de sketches, de chansons et de chorégraphies, que se déroule la pièce. Toujours dans un esprit féministe et absurde, elles abordent des sujets plutôt tabous comme les infections sexuellement transmissibles, les techniques de procréation assistée, la violence conjugale, les stéréotypes amoureux, l'image de la Vierge, etc.[17]

L'histoire de la pièce se déroule dans une jungle, considérée par Hélène Bernier comme le « symbole scénographique de la jungle inextricable qu'est la vie »[2]. Les sketches sont présentés selon une division journalière, d'abord les thématiques diurnes puis les nocturnes. Lucie Godbout mentionne dans son livre retraçant les dessous des Folles alliées que la vulgarité et l'audace des textes avaient particulièrement déplu à la radio de Radio-Canada, à l'exception de Marie-France Bazzo[2].

« Oui la vie Est un show cru, un show cruel Y'a qu'à tendre l'ouïe Le soir aux nouvelles Mais parfois Sans sombrer dans l'indifférence De temps en temps Ma tête se paie des vacances

REFRAIN La lune est pleine C'est parti mon sushi ! Il faut que j'éclate Que je fasse des folies J'ai besoin de nuits blanches Il faut que je danse J'ai le vent dans les hanches C'est parti mon sushi !

Oui la vie Est un show cru, un show cruel Des sans-abri Mangent dans les poubelles Mais parfois Sans sombrer dans l'indifférence De temps en temps Ma tête se paie des vacances

REFRAIN

Oui la vie Est un show cru, un show cruel Que la terre soit finie Contre ça que je me rebelle Mais parfois Sans sombrer dans l'indifférence De temps en temps Ma tête se paie des vacances. »

Il s'agit de la chanson thème du spectacle[2].

Controverse

Adaptation

À l'occasion de la fête du Saguenay de 1985, le théâtre d'été Virovent annonce la représentation, au chalet du Mont-Bélu de La Baie, de la pièce Enfin Duchesses ! La mise en scène est signée par Lorraine Tremblay[18]. Quelques jours plus tard on rapporte qu'il s'agira d'un « scénario spécial », de plus il est fait mention de l'arrivée desdites Duchesses par une escorte automobile composée de voitures du Club des voitures anciennes de Chicoutimi[19]. Recevant dans un premier temps des critiques positives, notamment de la journaliste Denise Pelletier[20], la troupe entreprend d'aller assister à une des représentations du Virovent. Cependant, les membres des Folles alliées se disent déçues et choquées de la représentation saguenéenne[21]. Dans un premier temps, elles critiquent la « transgression inadmissible », par le théâtre d'été, de ce qu'elles considèrent être un abandon de l'esprit du spectacle. En effet, elles dénoncent des « changements importants, souvent injustifiés », apportés par la metteuse en scène Lorraine Tremblay, qui ampute la seconde partie de la comédie musicale. Soit la prise de contrôle du concours par les Brigades roses, l'élément satirique principal, empêchant tout réel dénouement à la pièce[21]. Dans un second temps, l'attribution des cinq rôles féminins à deux femmes et trois hommes dilue le message féministe, à ce sujet Les Folles alliées disent : « Cela a pour effet de créer un comique d'assez mauvais goût puisque, sans le vouloir sans doute, les gars ont plutôt l’air de vagues travestis avec des voix de barytons dans les chansons. Pour un spectacle qui veut donner la parole aux femmes, ça devient douteux... » [21]

Dans une critique suivante, la journaliste Christiane Laforge, affirme que « Dans la production du Théâtre Virovent, on se retrouve devant une histoire plutôt confuse, dépouillée des aspects féministes et humoristiques qui sont les fondements mêmes de cette comédie musicale. »[22] Lucie Godbout, agissant à tire de porte-parole pour la troupe, affirme en entrevue téléphonique avec la journaliste qu'elles ont envisagé d'annuler le spectacle. Elle ajoute que : « Suite aux entorses majeures faites au spectacle et de l'apparente incompréhension de l’humour et des intentions féministes des Folles alliées , le spectacle de Virovent est à considérer comme n'étant qu’un spectacle inspiré d’un texte des Folles alliées, car il ne peut être question de considérer la pièce comme étant « Enfin Duchesse! ». »[22]

Cette mise au point suivi de cet article suscitent à leur tour des critiques. D'abord, de la part de Serge Tremblay de La Baie, qui défend le rôle de mise en scène de Lorraine Tremblay et sa liberté artistique. Pour ce qui est des doléances concernant la surreprésentation masculine dans la distribution, Tremblay rétorque que : « [...] la présence d'hommes semble influencer le jugement de la journaliste. Pour ma part, la complicité des hommes dans cette pièce ne fait que donner de l'ampleur au message en poussant plus loin la caricature. »[23] Il ajoute qu'il s'agit pour lui d'une manière efficace de dénoncer « toute forme d'exploitation du corps humain », puis il termine en affirmant que de toute façon le texte était d'une « qualité discutable ».[23] Christiane Laforge réplique en défendant son professionnalisme, détaillant l'entrevue menée avec Lucie Godbout tout en se défendant des accusations prétendant qu'elle n'aurait pas assisté à la pièce. Elle poursuit en répliquant que c'est en fait la troupe Virovent qui n'aurait pas considéré d'aller à l'une des 105 représentations originales d' Enfin Duchesses ! [23].

Finalement, Roger Guérin de La Baie conclut la controverse médiatique lors de la publication de sa lettre d'opinion le jeudi . Il débute en imposant son désaccord le plus complet en ce qui concerne la critique de Christiane Laforge ainsi que de la mise au point des Folles alliées, qu'il qualifie de « destructrices »[24]. Roger Guérin y va de sa propre analyse, selon lui « [Virovent] a eu pour seul objectif de réaliser une adaptation de qualité et ce, à partir d’un texte si maigre en rebondissements d’intrigues et si peu profond dans le message qu’il véhicule. N’aurait-il pas été plus utile à la critique d'aller chercher les défauts d’un tel spectacle là où ils se trouvent; c’est-à-dire dans le texte. »[24]. Toujours en critiquant la banalité du sujet et la pauvreté du texte original, Guérin poursuit en disant que « Si on analyse davantage l'adaptation on comprend que la présence homme/duchesse vient amenuiser l'effet féminin du texte en substituant un côté mi-sérieux et androgyne au concours de beauté comme tel. »[24] Il achève en se navrant de la médiocrité du message féministe porté par la pièce originale et considère que la seule erreur du théâtre Virovent a été d'adapté un texte « si pauvre et si insouciant en soi. »[24]

Réception médiatique

Critiques positives

En 1982, dans la revue Jeu, Hélène Dumas et René Gingras signent une critique des plus élogieuses à l'endroit des Folles alliées à l'égard de leur comédie musicale Enfin Duchesses ! Elle va comme suit :

Affichant un féminisme tonitruant et revigorant, elles ont tenu le public en haleine avec une comédie musicale-thriller sur le Carnaval de Québec. Impeccablement interprété, chanté, mis en scène et en espace, avec un humour débridé, ce spectacle est un exemple réussi de théâtre revendicateur ancré dans le contexte socio-politique de son lieu d'origine et accessible à tous les publics. Que demander de plus, sinon qu'il circule dans tout le Québec[25].

En 1985, le journaliste Raymond Bernatchez applaudit l'audace féministe et la dénonciation de la pornographie, par la troupe, dans la pièce Mademoiselle Autobody :

Lors de la première, le public d'initiés, amateur de création, a chaudement applaudi la production. Convenons que l'on s'interroge fort peu sur les effets de la pornographie dure et que l'on ne nous fournit pas fréquemment l'occasion de réfléchir à cette question, surtout au théâtre, et particulièrement sur le ton de la comédie. La seule scène réaliste, à la toute fin, la projection d'un film, contenant des séquences de femmes nues soumises aux pires outrages, est quasi insoutenable. Elle justifie à elle seule la démarche et la dénonciation des Folles alliées[26].

En 1988, dans la revue Châtelaine, René Homier-Roy livre une critique dithyrambique sur le spectacle C'est parti mon sushi ! Un show cru :

Ce qui, moi, m'a fait (presque) constamment hurler de rire, c'est justement ce parti pris de la vulgarité, cette récupération franche et éhontée des plus vieux gags, des plus imbéciles tabous, des plus ridicules débiles - leur imitation de Regie Chartrand, que la Vierge accable d'apparitions, est mille fois plus drôle que tout ce qu'on a pu voir à Samedi de rire. Et puis aussi, puisqu'il s'agit d'un spectacle, l'extraordinaire et vigoureux sens du spectacle que ces filles possèdent, leur sens aigu de la caricature, leur sens du timing aussi, grâce auquel à peu près rien, jamais, ne tombe à plat ou passe dans le beurre[27].

Critiques négatives

En 1980, à l'occasion d'un spectacle bénéfice au profit de Viol Secours, Les Folles alliées présentent à l'Université Laval une représentation non-mixte. Suscitant de vives réactions, le journaliste Pierre Champagne écrira, le de la même année, dans Le Soleil :

Les femmes de Viol Secours (mes amies, mes grandes amies) organisent, pour le samedi 29 novembre, un spectacle-danse pour femmes seulement. Cette soirée se déroulera au pavillon des Sciences de l'administration de l'Université Laval, salle 069 à compter de 20 heures. [...] Moi aussi je vais organiser un « spectacle-danse pour hommes seulement » et moi aussi je danserai seulement avec les hommes et dans la salle 069 pour préciser. Ne seront invités que les misogynes et surtout je ne veux pas entendre de commentaires[2].

Le , Jocelyne Corbeil, membre des Folles alliées, répond à cet article des plus antiféministes :

M. Pierre Champagne est un journaliste consciencieux et bien documenté. On le constate, encore une fois, en lisant sa chronique du 26 novembre dans laquelle il est question du spectacle-bénéfice de Viol Secours, où seules les femmes sont invitées. Tant de rigueur intellectuelle m’épate!

M. Champagne ne craint pas de dénoncer les cruelles injustices dont sont victimes les hommes dans notre société. On reconnaît là le cœur valeureux d'un défenseur de la veuve et de l'orphelin. [...]

On sent chez M Champagne un grand respect du public qui achète Le Soleil. On est touché par le souci constant qu'il a de nous alléger la lecture de ses articles. en y semant çà et là, les graines subtiles de son humour. Cependant, son obsession pour le chiffre 69 m’inquiète. Une enfance difficile? Ou tout simplement un fumiste qui impressionne les badauds en marchant sur les mains et en écrivant ses articles avec ses pieds. Un épateur! [28]

C'est avec peu d'élégance que Pierre Champagne, dans une NDLR (note de la rédaction), lui répond « Je vous épate ! J’en suis fort aise. Eh bien, dansez maintenant ! »[28]

Espace médiatique

Créations

Sources

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