Les Hauts-Buttés

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Le hameau, « quelques maisons semées au hasard dans la prairie »[note 1], est situé au sommet d'un plateau à environ 500 m d'altitude, au milieu d'une immense clairière dans la forêt, à km de Monthermé qui n'est plus qu'à 150 m d'altitude. Cette clairière constituée de cultures, de prairies et de fagnes couvre 600 hectares[1].

Histoire

Le territoire des Hauts-Buttés est le résultat de défrichements effectués au XVIe siècle et a été longtemps peu habité, d'une population vivant d'élevage, de quelques cultures et d'exploitation de la forêt : écorçage des arbres, coupes, charbon de bois. La route des Hauts-Buttés à Revin, aujourd'hui goudronnée, est un des exemples d'itinéraires à plat, terminés par un raide, permettant d'acheminer la production des faudeux ou charbonniers jusqu'à la Meuse, sur des chariots rudimentaires[2].

Inclus dans la principauté de Liège (État du Saint-Empire germanique), les Hauts-Buttés font partie des territoires cédés à la France en 1681, au Traité de Nimègue. Il revient sous l’autorité du roi d’Espagne en 1697, par le Traité de Ryswick, et n'est rattaché définitivement au royaume de France qu'en 1769 (traité des limites signé à Versailles le )[3]. Le hameau figure sur la carte de Cassini.

En 1778, les habitants obtiennent du Conseil du Roi de France de pouvoir construire une chapelle dédiée au culte de saint Antoine de Padoue[4]. L'autorisation est accordée le , l'édifice est érigé la même année.

En 1822, la chapelle bénéficie d'une restauration. Le territoire est érigé en paroisse en 1852. Cette paroisse regroupe les hameaux des Hauts-Buttés, Six Chênons et Vieux Moulins, soit à l'époque environ 330 habitants. De 1874 à 1877, grâce au curé Wimet, l'église actuelle est édifiée pour succéder à la chapelle construite en 1778, qui menace de s'écrouler[3].

En 1914-1918, placé rapidement derrière les lignes allemandes, c'est un lieu par lequel transitent des prisonniers évadés, aidés par la population.

En 1944, le maquis des Manises est très proche. Un terrain de parachutages est mis en place au Nord-Est des Hauts-Buttés. C'est le premier terrain homologué en Ardennes par Londres. Le premier parachutage a lieu le  : les résistants reçoivent en 8 containers, 342 explosifs, 34 mitrailleuses, 170 chargeurs, 20 revolvers, 124 grenades, 736 détonateurs, 22 plastics, 11 200 balles. Le , c'est 15 containers qui sont parachutés[5].

Le , les participants au pèlerinage annuel de St-Antoine de Padoue voient, horrifiés, une trentaine de leurs compatriotes gisant sur le trottoir, les mains attachés dans le dos. Ce sont des résistants du maquis capturés par les allemands, surveillés et malmenés par les troupes du Panzer-Regiment 36, un régiment commandé par Karl-Theodor Molinari[6].

Lieux et monuments

L'église Saint Antoine des Hauts-Buttés est, depuis le XVIIIe siècle, un lieu de culte dédié à saint Antoine de Padoue, et est le siège d'un pèlerinage catholique romain en mai et juin de chaque année.

Mémorial à la Mission Citronelle.

Activités économiques

  • Un atelier de fabrication de meubles en bois massif.
  • Une auberge dont le nom, Le Balcon en Forêt, est un clin d’œil à l’œuvre de Julien Gracq, qui était tombé sous le charme de ce hameau[7],[8].
  • Un hospice.

Le marais des Hauts-Buttés

Notes et références

Voir aussi

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