Les Moissons du ciel

film de Terrence Malick sorti en 1978 From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Moissons du ciel (titre original : Days of Heaven) est un film américain réalisé par Terrence Malick, sorti en 1978.

Titre original Days of Heaven
Réalisation Terrence Malick
Scénario Terrence Malick
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
Les Moissons du ciel
Titre original Days of Heaven
Réalisation Terrence Malick
Scénario Terrence Malick
Musique Ennio Morricone
Doug Kershaw
Leo Kottke
Camille Saint-Saëns
Acteurs principaux Richard Gere
Brooke Adams
Sam Shepard
Linda Manz
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Durée 94 minutes
Sortie 1978

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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C'est le deuxième film de Terrence Malick après La Balade sauvage.

Synopsis

En 1916, à Chicago, Bill, un ouvrier sidérurgiste, tue accidentellement son contremaître lors d'une dispute. Il s'enfuit au Texas avec sa petite amie Abby et sa jeune sœur Linda. Tandis que leur train traverse le pays, Linda raconte en voix off ces événements des années plus tard. Elle se souvient qu'un homme religieux l'avait mise en garde contre une vision apocalyptique des flammes de l'enfer et qu'au Jugement dernier, Dieu sauvera seulement les justes.

Au Texas, un riche fermier souffrant d'un mal inconnu engage autant de saisonniers qu'il peut en trouver, dont Bill et Abby, qui se font passer pour frère et sœur afin d'éviter les comérages. Bill surprend une conversation entre un médecin et le fermier : il ne lui reste qu'un an à vivre. Le comptable du fermier l'incite à vendre sa ferme et à profiter de l'argent, mais le fermier décide de rester.

Le fermier, atteint d'une maladie incurable, prend Abby en affection et lui propose de rester avec lui après les moissons. Bill encourage Abby à épouser le fermier afin qu'ils héritent de sa fortune à sa mort. Abby se demande si Bill l'aime encore. Bill prédit avec assurance que le fermier mourra bientôt et qu'ils seront réunis. Abby épouse le fermier et le persuade d'héberger Bill et Linda à la ferme. Le contremaître soupçonne Abby et Bill d'être des escrocs, mais le fermier rejette ces soupçons et lui donne congé.

La santé du fermier reste stable, contrariant les plans de Bill. Peu à peu, le fermier timide conquiert le cœur d'Abby par sa sincérité. Cependant, il commence à se méfier de la relation trop familière qu'Abby entretient avec son « frère ». Bill réalise tardivement qu'Abby est tombée amoureuse du fermier. Il comprend que le seul moyen de sauver la situation est de quitter la ferme, laissant sa petite sœur avec son ex-petite amie. Le fermier s'efforce d'être un bon père pour Linda.

L'année suivante, Bill revient à la ferme pendant les moissons. Il avoue à Abby que l'encourager à épouser un autre homme était une erreur. Avant qu'Abby puisse se décider, une nuée de sauterelles arrive. Pour sauver la récolte, le fermier allume des feux contrôlés afin de déloger les sauterelles. Cependant, lorsqu'il aperçoit Bill, il perd le contrôle de lui-même et se lance à sa poursuite, un fusil à la main. Il renverse accidentellement une de ses lampes, provoquant un incendie qui détruit une grande partie de la récolte. Le lendemain, lors d'une confrontation où le fermier le menace avec un revolver, Bill poignarde mortellement le fermier d'un coup de tournevis.

Une fois de plus, Bill, Abby et Linda sont en fuite. Avec l'aide du contremaître, la police abat Bill alors qu'il tente de s'échapper. En quête d'une nouvelle vie, Abby confie Linda à un pensionnat et embarque dans un train avec des soldats en route pour la Première Guerre mondiale. Plus tard, Linda s'enfuit du pensionnat avec une amie de la ferme.

Fiche technique

Distribution

Production

Préproduction

Le producteur Bert Schneider réussit à obtenir les fonds nécessaires pour le film auprès de la Paramount Pictures en s'engageant sur un budget préétabli : il aurait à payer de sa poche tout dépassement de budget.

Il déclara par la suite :

« C'était le genre d'accord que j'aimais conclure car j'obtenais ainsi le final cut, et je n'avais pas à demander la permission de qui que ce soit pour engager telle personne au lieu de telle autre[1]. »

Choix des interprètes

D'après la directrice de casting Dianne Crittenden, le réalisateur Terrence Malick voulait initialement que l'acteur John Travolta joue le rôle de Bill, car il avait l'impression que celui-ci serait capable d'adopter une attitude « classe ouvrière » appropriée pour le rôle. Travolta fut contraint de refuser le rôle, du fait d'un problème de planning : il était en effet la vedette d'une série télévisée, Welcome Back, Kotter, et les producteurs refusèrent de libérer l'acteur. La déception fut si grande pour Malick qu'elle explique en partie, selon Travolta, la très longue absence du réalisateur, dégoûté par le système hollywoodien. Malick ne revint d'ailleurs à la réalisation qu'en 1998 avec La Ligne rouge[2], film dans lequel il fait jouer Travolta.

Terrence Malick choisit finalement Richard Gere, qui était un fervent admirateur de son premier long-métrage, La Balade sauvage (Badlands), et enthousiaste à l'idée de travailler avec Malick.

Le réalisateur proposa le rôle du fermier à Sam Shepard après l'avoir vu dans le film Renaldo et Clara de Bob Dylan[3].

Tournage

Le réalisateur Terrence Malick, sur le tournage du film.

Le tournage commença à l'automne 1976. Bien que l'action du film soit située au Texas, les plans en extérieur furent tournés dans la province d'Alberta, au Canada. Le directeur artistique Jack Fisk construisit les décors pour les scènes d'extérieur en contreplaqué, y compris la maison du fermier[4].

Le directeur de la photographie Néstor Almendros, atteint de rétinite pigmentaire, était en fait en train de perdre la vue au moment où le tournage débuta, et pour choisir ses cadrages, « il faisait prendre par un de ses assistants des photos au Polaroid de la scène, qu'il examinait ensuite à travers ses épais verres de lunettes[1]. »

D'après Almendros, le réalisateur Terrence Malick voulait « un film très visuel, où l'intrigue serait dévoilée par les images elles-mêmes. Très peu de gens veulent vraiment donner cette priorité-là à l'image. D'habitude le réalisateur donne la priorité aux acteurs et à l'intrigue, mais ici l'intrigue est racontée visuellement[5]. »

Une bonne partie des plans étaient tournés pendant l'heure dorée, qu'Almendros qualifiait « d'euphémisme, car elle ne dure pas une heure, mais plutôt 25 minutes, dans le meilleur des cas. C'est le moment où le soleil vient juste de se coucher, et alors qu'il ne fait pas encore nuit. Le ciel est lumineux, mais il n'y a pas de soleil à proprement parler. La lumière est très douce, elle a quelque chose de magique. Du coup, notre temps de tournage quotidien était limité à 20 minutes, mais ça s'est révélé payant en termes de rendu à l'écran. Ça donnait aux images un air magique, une beauté romantique[5]. » Cette « magie » se retrouve même dans les scènes d'intérieur, pour lesquelles la lumière naturelle était exploitée au mieux. « À cette époque il n'y avait pas d'électricité », disait Almendros. « C'était avant que l'électricité soit inventée [sic] et par conséquent il y avait moins de lumière. Les films d'époque devraient avoir moins de lumière. Dans un film d'époque la lumière devrait venir des fenêtres, car c'est comme ça que les gens vivaient[5]. »

Alors que la photographie proprement dite donnait d'excellents résultats, le reste de la production fut difficile dès le début. On raconte[Qui ?] que les comédiens et l'équipe technique percevaient Malick comme quelqu'un de froid et distant.

Après deux semaines de tournage, Malick était si déçu par les rushes qu'il décida de « prendre le scénario par un autre bout, dans le style de Tolstoï plutôt que de Dostoievski, de jouer sur des plans larges au lieu d'utiliser la profondeur de champ et de tourner des kilomètres de pellicule avec l'espoir de résoudre les problèmes dans la salle de montage[1]. »

Cette nouvelle approche agaça Richard Gere, qui déclara par la suite que Malick était un indécis qui ne savait pas diriger les acteurs. Il fut déçu par Malick au point de penser sérieusement à quitter le tournage. Le style lent et posé de Malick mit également en colère Schneider. La production prenait du retard, avec des coûts dépassant le budget initial d'environ 800 000 dollars américains, alors que Schneider avait déjà hypothéqué sa maison pour couvrir les frais supplémentaires[1].

Musique

Le thème musical principal du film est le titre Aquarium, extrait du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, utilisé à trois reprises : pendant le générique de début, au milieu du film, et lors de la scène finale. Cette musique a été popularisée par son utilisation lors de la montée des marches du festival de Cannes.

Autour du film

Distinctions

Récompenses

Conservation

Hommage

Sur le site Allociné, le film fait partie des films ayant obtenu la note maximale de 5 étoiles pour toutes les critiques de la presse recensées[6].

Notes et références

Liens externes

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