Les P'tits Doudous
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| Les P'tits Doudous FRA 16 | |
Les P'tits Doudous à Lorient pour le Défi Azimut 2025 | |
| Type | voilier monocoque |
|---|---|
| Classe | Imoca |
| Fonction | course au large |
| Histoire | |
| Architecte | VPLP |
| Chantier naval | Duqueine Atlantique |
| Fabrication | fibre de carbone déclassée |
| Design | prototype |
| Lancement | 2025 |
| Équipage | |
| Équipage | un ou deux marins |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 18,28 m (60 pieds) |
| Maître-bau | 5,50 m |
| Tirant d'eau | 4,50 m |
| Tirant d'air | 29 m |
| Appendice | quille pendulaire, deux foils, deux safrans |
| Hauteur de mât | 27,30 m |
| Carrière | |
| Pavillon | |
| Port d'attache | La Trinité-sur-Mer |
| modifier |
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Les P'tits Doudous est un voilier monocoque français de course au large répondant aux normes de la classe Imoca. C'est le premier monocoque de course construit en grande partie en carbone déclassé. Il est mis à l'eau le . Il est skippé par le Français Armel Tripon.
L'association Les P'tits Doudous
Les P'tits Doudous est une association créée en 2011 à Rennes par Nolwenn Febvre. L'objectif est d'accompagner les enfants hospitalisés, ainsi que leurs parents, avant et après l'opération[1]. De 2011 à 2023, elle collecte 230 tonnes de déchets hospitaliers. Leur recyclage permet de financer des jeux offerts aux enfants[1]. En 2025, le réseau Les P'tits Doudous regroupe 160 associations locales en France, en Belgique et au Canada[2]. Il accompagne 200 000 enfants par an[2]. Ses couleurs sont portées par le navigateur Armel Tripon depuis 2016[1].
Comment utiliser le carbone déclassé de l'aéronautique
En , Tripon et le Technocentre Airbus de Nantes mènent une réflexion, en termes de préservation de l'environnement, sur un éventuel emploi des quelque 100 tonnes de carbone que jette chaque année l'industrie aéronautique[2] — carbone inutilisable pour la construction d'avions, mais dans un état satisfaisant pour d'autres utilisations. « La résine qui pré-imprègne le carbone, explique Tripon, a une date de péremption, stricte pour des raisons de sécurité dans l’aviation. Mais, si cette matière est bien conservée, à − 18°, on peut la garder plusieurs années et elle garde ses propriétés mécaniques[3]. » Le Technocentre songe à la fabrication de pièces pour voilier. Tripon suggère un Imoca en grande partie construit à partir de carbone déclassé[4],[5].
Le même mois, il officialise un projet de bateau, espérant s'aligner au départ du Vendée Globe 2024[4].
Conception
L'Imoca Les P'tits Doudous est une évolution du Malizia III-Seaexplorer de Boris Herrmann, dessiné par VPLP, mis à l'eau en 2022[6]. La carène est la même. Mais le franc-bord est réduit de 20 centimètres. Les P'tits Doudous est donc moins haut que Malizia III, et paraît moins massif. Il est plus léger. Le centre de gravité est plus bas[6].
Comme sur Malizia III, le souci de réussir le test de retournement dicte le choix d'une superstructure longue et volumineuse[6]. Mais la casquette et le rouf arrière ont un dessin différent de celui de Malizia III. La casquette protégeant le cockpit est moins large. En effet, Herrmann destinait son bateau à la navigation en équipage autant qu'en solitaire, et voulait par conséquent un cockpit spacieux. Tripon a un programme plus axé sur la course en solitaire[4].
Les foils sont de nouvelle génération : « plus polyvalents, dit Vincent Lauriot-Prévost, avec des capacités à décoller plus tôt et à être utilisés sur une plage beaucoup plus grande qu’avant[4] ».
Construction
La recherche de financements prend beaucoup de temps[4]. Un collectif de 30 mécènes s'engage dans le projet de Tripon, afin de donner une visibilité forte au réseau Les P'tits Doudous[2].
Choix du chantier
La construction de l'Imoca démarre le chez Duqueine Atlantique[7], à Malville, en Loire-Atlantique. Ce chantier est spécialisé dans l'industrie aéronautique. Il n'a jamais encore construit un bateau, et encore moins un bateau de course[4].
Complexité d'utilisation du carbone déclassé
Les P'tits Doudous est fabriqué à partir de carbone[2] provenant du Technocentre d'Airbus, à Nantes[7]. « Nous avons récupéré deux tonnes de carbone qui partaient à la poubelle pour faire ce joli bateau[6] », souligne Tripon.
L'utilisation de carbone déclassé se révèle très complexe. Les architectes de VPLP et les ingénieurs de Duqueine Atlantique doivent longuement calculer et tester la résistance des matériaux. Par ailleurs, un carbone déclassé n'ayant pas les mêmes propriétés qu'un carbone frais, sa mise en œuvre est différente, et plus difficile. Il faut imaginer des solutions. Tout cela prend du temps[4]. Tripon sait que son Imoca ne pourra être terminé suffisamment tôt pour s'aligner au départ du Vendée Globe 2024[5], ce qui était le but sportif initial.
Emploi de carbone frais pour certaines pièces
Le bateau n'est pas construit entièrement en carbone déclassé. Quentin Lucet, architecte chez VPLP, le justifie : « Faute de recul nécessaire, pour des pièces maîtresses et fortement sollicitées, comme les cloisons de mât et de quille, on s’est interdit d’utiliser ces fibres et on a pris du carbone frais[4] ». Il a fallu faire de même pour les lices, ajoute Tripon, « car la matière recyclée était trop sèche et difficile à courber[4] ». Du carbone frais est également utilisé pour une partie du pont, ainsi que pour des renforts et des jonctions. « On arrive à 65 % de carbone réemployé, dit Tripon, ce qui est déjà conséquent[4]. »
Finalisation dans les locaux d'Armel Tripon
Les difficultés rencontrées retardent les travaux. La fin de chantier, prévue en , n'a lieu que six mois plus tard[4]. Le , la coque peut être acheminée vers les locaux de Tripon, à Saint-Philibert, en face de La Trinité-sur-Mer[8], où la construction va être finalisée[4].
Pour l'accastillage, du titane médical récupéré
Des pièces d'accastillage sont fabriquées par un usineur à partir de 200 kilos de titane médical (vis, clous, rotules de hanche…), récupéré dans les blocs opératoires par les soignants des P'tits Doudous[2],[3],[7].
Pas de compromis sur la performance
Antoine Lauriot-Prévost constate que « le carbone réemployé n’a pas induit de poids supplémentaire par rapport à Malizia ». Il estime que, « sur le papier », les évolutions apportées font des P'tits Doudous un bateau plus performant[4]. Tripon est satisfait d'avoir en main un bateau « très bien construit, solide et structuré, avec zéro compromis à la performance[4] ». La décoration de l'avant de la coque est confiée au graffeur Cyril Kongo[7],[6].
Mise à l'eau
Les P'tits Doudous est mis à l'eau le à La Trinité-sur-Mer, son port d'attache[6]. C'est le premier monocoque de course construit en grande partie en carbone déclassé[9]. « Nous sommes passés, dit Tripon, d’une idée qui a séduit tout le monde à une difficulté énorme de construction, de recherche de financements, de doutes parfois et de travail acharné pour tenir les délais[7]. »
Courses
2025
Les P'tits Doudous fait sa première apparition en course lors du Défi Azimut, en , barré par Armel Tripon et Tanguy Leglatin. Il se classe 3e sur 11 dans les runs[10] et 8e sur 12 dans les 48 Heures[11].
Le , au Havre, il prend le départ de la Transat Café L'Or, barré par Tripon et Leglatin. Dans la nuit, il gagne l'abri de la baie de Poole (en) pour quelques réparations[12], et se remet en course aussitôt. Le , il est 8e, lorsqu'il se déroute vers la côte portugaise. Il est victime d'avaries : fissures sur le foil bâbord, perte de deux aériens, problème de cloison, ballast avant endommagé[12],[13]. Le 30, il fait une escale de quelques heures à Cascais pour réparer. Il repart dans la nuit. Il est à présent 15e. Il arrive à Fort-de-France le , en 12e position[13].