Les Pieds dans le PAF
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L’association Les Pieds dans le PAF est née en 1988 (création officielle en ) de la rencontre entre des étudiants en communication de l’association Intercom et des lycéens qui avaient publié une pétition contre le décalage horaire des émissions intéressantes à la télévision. Dans le contexte issu de la privatisation de TF1 en 1987 et de la naissance du CSA en , elle a contribué à faire émerger plus nettement les programmes de télévision, et les médias en général, dans le PAF, comme un problème public en portant la parole des téléspectateurs dans la presse, en particulier des jeunes téléspectateurs (lycéens, étudiants) auprès des institutions et au sein du mouvement associatif. Avec l'ANTEA, La télé est à nous, etc., elle fait partie d'une nouvelle vague d'associations créées dans la deuxième moitié des années 1980[1].
Une pétition lancée en par Guillaume Soulez, lycéen en classe-prépa à Claude-Monet puis à Fénelon (Paris), avait été signée dans différents lycées et universités et par plusieurs personnalités (Régis Debray, Noël Mamère, Jean Lacouture, Élisabeth Badinter, Pierre Vidal-Naquet, etc.). La mention de son existence dans Télérama dans son numéro 2021 () eut un effet boule de neige auprès des spectateurs qui firent circuler la pétition et auprès des médias eux-mêmes (l'association fit, par exemple, la Une de Politis (numéro 52, ). Finalement 50 000 signatures furent recueillies. L’association Intercom était, elle, issue du mouvement lycéen et étudiants de 1986 contre les projets Monory -Devaquet. Rassemblant des étudiants et une trentaine d’universités à Paris et en province comme Lyon et Rennes, cette association a organisé en des assises nationales des formations à la communication rassemblant 250 personnes à Paris VIII pour dénoncer « le mythe de la communication ».
À l’époque, parmi les trois choix des lycéens au moment de leur pré-inscription en université 25 % (environ 250 000) choisissaient le domaine de la communication et de l’information alors que celui-ci représentait dans le secteur public environ 10 000 étudiants. La rencontre entre des lycéens « voulant changer le rapport du public à la TV » et des étudiants critiques du système d’enseignement de la communication en France débouche sur la création officielle de l’association le . Certains enseignants, universitaires, journalistes, cadres de l’éducation populaire et militants politiques de gauche chaperonnent cette naissance. La présence de Catherine Tasca au Ministère de la communication est aussi un facteur positif pour les débuts de l'association.
L’association définit plusieurs orientations et décide une stratégie basée sur une montée en puissance. Les Pieds dans le PAF se définit comme une association de réflexion et d’action, se situant entre l’éducation populaire traditionnelle (Ligue de l'enseignement, Fédération Léo-Lagrange, Fédération française des Maisons des jeunes et de la culture,…) et les mouvements d’opinion qui sont apparus au cours des années 1980 et 1990.
Les Pieds dans le PAF considère en particulier que la question de la télévision (et de l’ensemble des médias par extension) est une question politique et sociale majeure, bien qu'elle intéresse peu les responsables politiques, les militants politiques et / ou associatifs et les intellectuels, même si organiser les téléspectateurs critiques constitue un véritable pari[2].
L’association choisit en particulier comme orientation le consumérisme téléphile (mise au point d'une Déclaration des droits des téléspectateurs en 1989/1990 avec deux autres associations de téléspectateurs, La télé est à nous et l'ANTEA [3]) et n’a jamais participé aux campagnes de l’ordre moral contre le sexe et la violence à la TV. L'association s'est intéressée, à la fois, à l’organisation générale des médias (groupes, interdépendances) et aux programmes. Elle souhaitait arriver à dégager des outils pour créer des labels de qualité des programmes. Elle a agi pour que le téléspectateur soit reconnu comme actif. Elle a notamment relancé, à l’image de la semaine de la presse à l’école, la semaine du Jeune Téléspectateur Actif (JTA) créée en 1979 par les CEMEA (mouvement d'éducation populaire fondé sur les méthodes actives d'apprentissage)[4].