Lesabéndio: Un roman-astéroïde est un roman de science-fiction de l'écrivain allemand Paul Scheerbart paru en 1913.
Le roman se déroule sur l'astéroïde Pallas, peuplé de créatures minces et caoutchouteuses capables de modifier leur forme, de se tenir debout sur un pied à ventouse, de se déplacer rapidement grâce à des ailes dorsales et qui possèdent des yeux télescopiques. Lesabéndio, surnommé Lesa, un Pallasien, est perturbé par un dense nuage de brouillard qui obscurcit l'espace au-dessus de lui et entreprend la construction, ambitieuse, d'une haute tour qui le dépassera. Lesa fait appel à plusieurs artisans pallasiens, chacun doté d'une capacité unique, ce qui permet de décrire en détail le processus de construction et la société pallasienne. Lorsque Lesa parvient enfin à s'élever au-dessus du nuage, dévoilant le cosmos aux Pallasiens, toute la population voit le fonctionnement de leur conscience perturbée[1],[2],[3].
Réception
La lecture de l'exemplaire illustré offert par son ami Gershom Scholem en [4], a fait écrire à Walter Benjamin dans une lettre, qu'il avait vécu «spirituellement une seconde métamorphose»[5]. Lesabéndio a joué une place capitale dans la philosophie de l'utopie et du langage de Walter Benjamin[6]. Il se serait agi de son roman préféré[7].
Après la publication de Lesabéndio par Wakefield Press dans la traduction anglaise de Christina Svendsen en 2012, John F. Barber écrivait dans Leonardo que le roman était «écologique avant que l'écologie ne soit une discipline, et de la science-fiction avant qu'elle ne soit un genre littéraire», et que cela «peut également être lu comme une parabole politique sur les dangers et les nécessités du conflit»[1].
Erik Morse, de la Los Angeles Review of Books, écrit que Lesabéndio, avant Être et Temps de Martin Heidegger et la trilogie Sphères de Peter Sloterdijk, explorait déjà «la question de l’Être comme synonyme d’une certaine technologie de l’environnement». Morse a également écrit que l’obsession de Scheerbart pour l’architecture moderne, comme en témoigne son roman Glasarchitektur (1914), influence la forme du livre, soulevant des questions sur sa nature: «est-ce un roman, un manifeste, un manuel futuriste, ou tout cela à la fois?» [1]
Références
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé «Lesabéndio» (voir la liste des auteurs).
↑(it) F. Desideri, Alle origini della fantascienza tedesca, Padua, Padova University Press, , 63–84p. (ISBN9788869381638), «Il Lesabéndio di Paul Scheerbart»
↑Gershom Scholem, Walter Benjamin. Histoire d'une amitié, Paris, Les Belles Lettres, , 384p., p.63