Lettre à Gemlich

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La lettre d'Adolf Hitler à Gemlich fait référence à une lettre écrite par Adolf Hitler à la demande de Karl Mayr et adressée à Adolf Gemlich, un soldat de l'armée allemande.

La lettre, écrite en 1919 en réponse à une demande de clarification sur la question juive, est considérée comme le premier écrit antisémite connu d'Hitler[1], et le premier texte politique d'Hitler, s'inscrivant donc comme trace majeure de la constitution de l'idéologie d'Adolf Hitler[2].

Parce que la lettre est la première trace des opinions antisémites d'Hitler et parce qu'elle est un témoignage de son entrée en politique au lendemain de la Première Guerre mondiale, elle est considérée comme un document important dans les travaux portant sur le Shoah.

Dans la lettre, Hitler soutient que l'antisémitisme doit être fondé sur des faits (liés à la pensée raciste qui se prétend scientifique) et non sur des superstitions, et que les Juifs sont une race et non un groupe religieux.

« [...] Et même la foi mosaïque [juive], quelle que soit son importance pour la préservation de cette race, ne peut être exclusivement déterminante pour la question d’être Juif ou non-Juif. Il n’y a guère de race dont les membres appartiennent tous à une religion particulière. Au cours de mille ans de consanguinité, souvent pratiquée dans le cercle le plus étroit, le Juif a généralement conservé sa race et ses caractéristiques plus nettement que les nombreux peuples parmi lesquels il vit. »

Hitler explique ensuite sa vision des Juifs, qu'il considère comme des manipulateurs, obsédés par l'argent, et sans scrupule.

« Dans l’État autocratique, il [le Juif] pleurniche pour obtenir la faveur de sa « Majesté » le Prince et l’utilise comme une sangsue sur son peuple. Dans une démocratie, il lutte pour obtenir la faveur des masses, rampe devant la « Majesté du peuple » alors qu’il ne connaît que la majesté de l’argent. »

Hitler assimile les Juifs à la « tuberculose raciale des peuples ». En conséquence, il appelle à la mise en place d'un « antisémitisme rationnel » qui ne passerait pas par des pogroms ou des violences incontrôlées et chaotiques. Il souhaite plutôt un « antisémitisme de la raison doit conduire à la lutte juridique systématique et à l’élimination des privilèges que possède le Juif, par opposition aux autres étrangers vivant parmi nous (soumis, eux, à la législation sur les étrangers). Alors, son objectif ultime doit être l’élimination sans compromis des Juifs. Seul un gouvernement animé d’une force nationale – et non un gouvernement impuissant – en est capable. »[3].

Histoire

Références

Voir aussi

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