Lévirat

type particulier de mariage From Wikipedia, the free encyclopedia

Le lévirat est un type particulier de mariage où un frère d'un défunt épouse sa veuve afin de poursuivre la lignée de sa famille. Les enfants issus de ce remariage ont le même statut que les enfants du premier mari. Durant l'Antiquité, le lévirat était pratiqué notamment par les Égyptiens, les Babyloniens, les Phéniciens, les Hébreux et les Xiongnu.

Le terme est un dérivé du mot latin levir, qui signifie « frère du mari ».

Dans la Bible

Le lévirat est défini dans l'Ancien Testament de la Bible (ou Tanakh dans le judaïsme) au Livre du Deutéronome (Dt 25,5-10). Chez les Hébreux, si deux frères demeurent ensemble et que l'un d'eux vienne à mourir sans laisser d'enfant, le frère survivant devait épouser la veuve du défunt, toute autre alliance étant interdite à la veuve ; en cas de refus de la part du frère, la femme pouvait néanmoins échapper à l'interdiction d'Exogamie par la cérémonie de la Halista durant laquelle elle devait cracher au visage de son beau-frère, et lui ôter l'une de ses chaussures, et les personnes présentes lors de cette cérémonie, en Israël, nommaient la maison, « la maison du déchaussé » (Dt 25,9-10) . Cela avait pour effet de délier les deux protagonistes [réf. nécessaire] de leur mutuelle obligation. 

Le lévirat (Yibboum), et la renonciation au lévirat, jouent un rôle important dans les histoires d'Er, d'Onan et de Tamar, (Gn 38,1-26) d'une part, de Ruth (Rt 4,1-13) d'autre part, donc dans la lignée messianique de David (Rt 4,14-22) et de Jésus-Christ (Mt 1,1-16).

En Afrique

Le lévirat, encore pratiqué dans certains pays africains, favorise la polygamie[1]. Obligation imposée aux hommes, il est pour les femmes de degré plus ou moins obligatoire, allant d'un caractère forcé à une proposition librement acceptable selon les groupes. Chez les Mossi, il prévoit qu'en cas de veuvage, un frère cadet du défunt ou un fils utérin du défunt mais pas de la veuve doit lui proposer le mariage, celui-ci étant soumis à l'accord de la veuve. Ainsi, en cas de décès d'un père polygame ayant eu deux fils de deux femmes différentes, un arrangement possible est que chacun des deux fils se marie avec la mère de l'autre, le mariage étant alors seulement nominal, et sans pratique de rapports sexuels[2]. Toutefois, le veuvage non suivi d'un remariage, avec départ de la veuve vers sa famille d'origine, s'accompagne selon le droit traditionnel de la perte de son droit à l'utilisation du foncier et de l'abandon de ses droits sur ses enfants[2],[3]. D'autre part, le statut de femme non mariée (célibataire ou veuve) étant traditionnellement déconsidéré, cela peut peser sur la réelle liberté de choix[2].

Le Bénin a interdit cette pratique en même temps que la polygamie le [4].  Le Lévirat reste en vigueur dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, dont le Burkina Faso[3], le Sénégal[5], la Guinée[6] ou le Togo[7].  Elle existe également dans certaines communautés du Tchad[8].

On peut aussi constater que cette pratique est encore en usage dans certaines ethnies en République du Congo, notamment chez les Bembes, Mbochis et Tékés[réf. souhaitée]

Le lévirat est dénoncé comme rétrograde, limitant les droits des femmes et il maintient l'idée qu'« une veuve fait partie de l'héritage »[9]. Il a notamment été interdit par le gouvernement de Thomas Sankara au Burkina Faso[10].

Certaines campagnes de prévention du sida, en Afrique, stigmatisent la pratique du lévirat en indiquant que celle-ci favorise la propagation de la maladie.  Outre le fait que cela n'est pas vrai sur le plan épidémiologique, certains auteurs font remarquer que la pratique du lévirat est la seule mesure de protection sociale dont bénéficient les veuves dans ces pays et qu'il n'est pas forcément bienvenu de lutter contre le phénomène sans prendre en compte l'aspect social[2]

En Amérique

Claude Lévi-Strauss, dans son livre Tristes Tropiques, évoque le lévirat, pratiqué par les indiens tupi-kawahib du Brésil[11].

En Asie

Le lévirat est une tradition déjà pratiquée dans l'antiquité chez les nomades Xiongnu (que certains historiens assimilent aux Huns), et perpétuée chez les Mongols[12], dans lequel le fils de la veuve doit l'épouser[réf. nécessaire]. Il existe également des cas où ça n'est pas l'enfant, mais un frère qui épouse une veuve, comme dans le cas d'Anu khatan, qui épousa Galdan Boshugtu Khan, le frère de son ancien mari, Sengge lorsqu'il succéda au trône de celui-ci après sa mort en 1670[13].

Les unions de lévirat semblent également être courantes dans la société avare[14].

En Europe

Le lévirat était pratiqué en Hongrie jusqu'au règne d'Étienne Ier[15].

Notes et références

Voir aussi

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