Liber, un revenu de liberté pour tous

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Liber, un revenu de liberté pour tous est un essai du philosophe Gaspard Koenig et de l’économiste Marc de Basquiat paru en 2015 aux Éditions de l’onde.

Les auteurs y théorisent un type de revenu de base, le « Liber », prenant la forme d’un impôt négatif et financé par un impôt à taux unique, la « Libertaxe ». L’ouvrage a notamment inspiré le programme de la candidate à la primaire de la droite et du centre de 2016 Nathalie Kosciusko-Morizet[1].

Un deuxième volume a été publié en pour compléter et mettre à jour le premier[2].

L’ouvrage est divisé en quatre chapitres.

Le premier est consacré aux origines philosophiques du revenu universel et de l’impôt négatif. Les auteurs y mentionnent en particulier les travaux de penseurs libéraux tels que John Rawls ou Milton Friedman.

Le deuxième chapitre est intitulé « les aberrations des transferts sociaux-fiscaux français » et dénonce notamment « la trappe à smicards » et « les disparités de la politique familiale » créés par « l’enchevêtrement des dispositifs actuels ».

Le troisième chapitre présente « les grands paramètres » de la réforme du système socio-fiscal proposée par les auteurs.

Le quatrième et dernier chapitre est consacré à une « microsimulation » de cette même réforme, réalisée sur la base des travaux de recherche en Économie de Marc de Basquiat[3].

Description du « Liber »

Mécanisme du couple Liber - Libertaxe

Le principe du revenu de base sous forme d’impôt négatif est que son versement est couplé au paiement d’un impôt sur le revenu à taux unique (appelé par les auteurs « Libertaxe »). Par conséquent, seuls les plus défavorisés perçoivent effectivement une somme d’argent, décroissante avec la croissance des revenus du contribuable. Au-delà d’un certain revenu mensuel (environ 2 000 euros selon les modélisations des auteurs[4]), l’impôt dû devient supérieur au montant du revenu de base.

La formule de calcul de l’impôt dû ou perçu sous forme de revenu de base est la suivante :

Impôt = (revenu du contribuable) x taux d’imposition unique – revenu de base

Si l’on reprend la terminologie inventée par les auteurs, on obtient :

Impôt = revenu x Libertaxe – Liber

Choix du montant et impact sur les finances publiques

Le montant du Liber est fixé, fin 2016, à 480 euros par mois et par personne majeure, à 200 euros entre 0 et 14 ans et à 270 euros entre 14 et 18 ans. Il faut ensuite ajouter à cette somme une éventuelle allocation logement pour les personnes les plus défavorisées.

La somme de 480 euros par mois a été retenue car :

  • Elle est proche du montant actuel du RSA.
  • Elle est cohérente avec l’estimation réalisée par le Secours Catholique des besoins minimum vitaux (nourriture, habillement, eau, transport…)[5].
  • Selon les auteurs, elle permet de maintenir « l’envie de travailler » tout en « sortant de la trappe à inactivité » causée par certains effets de seuil[6].

Dans leurs modélisations, les auteurs fixent la Libertaxe à 23 % de tous les revenus, quelle que soit leur origine (salaires, retraites, revenus du capital…). Cette valeur permettrait, selon les auteurs, de mettre en place un revenu de base avec « un effet neutre pour les finances publiques »[4].

Dispositifs sociaux-fiscaux existants remplacés et conservés

Selon les auteurs, la mise en œuvre du revenu de base ne pourra se réaliser sans remise à plat du système socio-fiscal actuel - y compris l’individualisation de l’impôt[7]. Ainsi, le Liber a vocation à remplacer plusieurs des minima sociaux ou aides existants et la Libertaxe à remplacer plusieurs cotisations sociales et fiscales.

Prélèvements supprimés :

Aides supprimées :

Les auteurs entendent en revanche conserver certains dispositifs.

Prélèvement conservés:

Aides conservées:

Les auteurs précisent également que les prestations contributives (allocations chômage et retraite essentiellement) viennent s’ajouter au Liber.

Selon les auteurs, avec un tel mécanisme, « les grandes masses de redistribution ne seraient pas fondamentalement modifiées, sinon que les jeunes et les actifs se verraient traités plus équitablement »[8].

Réception de l'ouvrage

Le Liber a notamment inspiré le programme de la candidate à la Primaire française de la droite et du centre de 2016 Nathalie Kosciusko-Morizet[1], qui proposait de créer « une flat tax, autour de 20 %, avec un revenu de base de 470 euros »[9].

La sénatrice Nicole Bricq a déclaré le en séance publique au Sénat que le Liber était « la réflexion la plus aboutie en faveur de l’instauration d’un revenu universel »[10].

Lionel Stoléru, ancien secrétaire d’État chargé de la Condition des travailleurs, était membre du Conseil scientifique de l’Association pour l’instauration d’un revenu d’existence[11], présidée par Marc de Basquiat[12], jusqu’à son décès en 2016. Il a pris position à plusieurs reprises pour la mise en place de ce mécanisme (au Sénat[13], dans Les Échos[7], etc.).

Critiques

Notes et références

Voir aussi

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