Ligne Devèze
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(375 ouvrages)
| Ligne Devèze | |
Position de la Ligne Devèze | |
| Lieu | Province de Luxembourg Province de Liège |
|---|---|
| Type d’ouvrage | Ligne de défense avancée (375 ouvrages) |
| Construction | 1933 - 1935 |
| Matériaux utilisés | Béton armé |
| Utilisation | De 1933 à 1940 |
| Utilisation actuelle | Désaffecté |
| Ouvert au public | Partiellement |
| Contrôlé par | |
| Garnison | Chasseurs ardennais Cyclistes frontière |
| Effectifs | 3 à 4 hommes par abri |
| Guerres et batailles | Bataille de France, Traversée des Ardennes |
| Événements | 10 mai 1940 |
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La Ligne ou Mur Devèze est le nom donné à un ensemble de petits abris fortifiés ou fortins, communément appelés abris Devèze, érigés entre 1933 et 1935, à proximité de la frontière orientale de la Belgique. L'objectif majeur du dispositif était de retarder, sinon de contenir, une éventuelle invasion allemande.
Cet ensemble de casemates assez standardisées porte officieusement le nom du ministre de la Défense nationale de l'époque, Albert Devèze, qui a eu l'initiative de leur construction. Au moment de l'invasion allemande du 10 mai 1940, la plupart des abris Devèze étaient inoccupés à cause de changements stratégiques.
Contexte d'avant-guerre et construction
La vision du ministre Devèze était de mettre en place en Ardenne belge, étendue au sud par la Lorraine belge et au nord par l'Entre-Vesdre-et-Meuse, un système robuste et permanent de résistance à l'envahisseur. Les régions frontalières devaient résister autant que possible, en attendant un renfort de la France alliée.
Ce plan de défense stratégique a été largement contesté à l'époque[1]. En effet, une grosse partie de l'État Major ne souhaitait pas d'action militaire en avant, c'est-à-dire à l'Est, des forts de la Meuse. D'autres voyaient dans ces constructions une première ligne de défense légère à l'avant d'un dispositif beaucoup plus important, soutenant un scénario de repli sur la Meuse dans le cas d'une incursion de l'ennemi.
Les abris construits au nord de l'Amblève formaient une position avancée pour la Position fortifiée de Liège et étaient tenus par les Cyclistes Frontière[2]. Les fortins au sud de l'Amblève constituaient des points d'appui pour les effectifs du régiment des Chasseurs ardennais fraîchement mis en place et répartis en trois détachements dans les casernes d'Arlon, de Bastogne et de Vielsalm.
Ces fortins sont délaissés dès la fin du mandat de Devèze. La Belgique opte alors pour la neutralité et choisit de construire une série de postes d'alerte directement à proximité de la frontière Est.
Combats du 10 mai 1940
La plupart des abris Devèze étaient inoccupés lors de l'invasion allemande du 10 mai 1940.
Les abris de Martelange[3] et de Chabrehez [4] sont toutefois cités dans les combats qui se sont tenus aux premières heures de l'offensive allemande.
Après-guerre
Un grand nombre de fortins Devèze, désaffectés, sont revendus par l'État belge dès la fin des années 1940[5].
Vestiges
Construits en béton armé, bon nombre des fortins sont encore présents actuellement. Beaucoup sont difficilement repérables, cachés sous le couvert d'un bosquet ou dissimulés au détour d'une route ou d'un carrefour. La population locale en ignore souvent l'existence.
La plupart de ces ouvrages sont en proie à l'usure du temps et certains d'entre eux sont dans un état de délabrement préoccupant.
Ces constructions militaires étant souvent considérées comme disgracieuses, quelques abris ont été détruits dans le cadre de projets de constructions immobilières. Parfois, ils ont simplement été enfouis dans le sol. D'autres ont été reconvertis en abris agricoles mais la plupart sont actuellement sans affectation.
- Abri situé dans un bosquet.
- Abri avec toit dégradé.
- Abri enseveli sous la végétation.
- Abri dégagé
Mise en valeur et mémoriaux
Des initiatives ponctuelles émanant de communes, de maisons du tourisme ou de bénévoles ont cependant permis de remettre en valeur quelques fortins, comme monuments du souvenir des combats de la Seconde Guerre mondiale ou simplement comme composants du patrimoine historique militaire de la Belgique.
- À Bastogne, un des fortins Devèze bénéficie d'une renommée particulière. Il s'agit du bunker Boggess situé sur la route reliant Assenois[6]. Il porte le nom du lieutenant américain Charles Boggess. Celui-ci commandait la colonne de chars qui atteignit la première Bastogne au soir du , rompant ainsi l'encerclement de la ville assiégée.
- En 2010, le fortin situé à la Baraque de Fraiture est déplacé pour la seconde fois[7] et se trouve aujourd'hui à Bihain dans le « Jardin du Souvenir », musée de la 83e division d’infanterie américaine[8]. Il a été couvert en 2017 de morceaux de miroirs[9],[10].
- En 2014, un fortin situé au cœur de la localité de Trois-Ponts, bénéficie de travaux de rénovation. Une plaque commémorative y a été apposée en souvenir de cinq soldats de l'entité décédés le . Une cérémonie d'hommage leur était rendue le [11].
- A Houffalize, le «Circuit des fortins» est inauguré le , il se limite aux deux vestiges les plus proches de la localité. Ceux-ci sont débroussaillés et parés d'un panneau explicatif quadrilingue[12].


