Ligne rouge (Namibie)

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Point de contrôle à l'intersection de la ligne rouge et de la route D-3600.

La Ligne rouge, également appelée Clôture vétérinaire ou plus communément Vet fence (abréviation de "Veterinary cordon fence") en Anglais, est une clôture d'exclusion des nuisibles qui sépare le nord de la Namibie des régions du centre et du sud. Elle englobe plusieurs régions du nord : les régions d'Oshana, de Kavango Est, d'Omusati, du Zambèze, d'Omaheke, de Kunene, ainsi que certaines parties de la région d'Oshikoto[1]. Au sud de la clôture se trouvent aujourd'hui des fermes commerciales où les agriculteurs, dont beaucoup sont blancs, sont propriétaires des terres. Au nord de la ligne, en revanche, toutes les terres agricoles sont communautaires et exploitées principalement par des agriculteurs ovambos ou kavangos. La ligne rouge est une ligne hautement surveillée, dotée de barrages routiers (en particulier à la hauteur d'Oshivelo sur la B1[2]) pour contrôler chaque véhicule qui passe. Cette barrière de protection sanitaire permet notamment aux éleveurs situés au sud de cette ligne de bénéficier du statut d'exportateur de viande vers le lucratif marché de l'Union européenne, mais en exclut les éleveurs les plus pauvres situés au nord[3].

Les frontières de la zone de police en 1907.

La démarcation est créée en 1896 afin de contenir une épidémie de peste bovine dans la colonie impériale allemande du Sud-Ouest africain. Son nom provient d'une représentation à l'encre rouge sur une carte de 1911 établie par l'administration coloniale allemande. Le fort Namutoni est construit comme poste de police pour contrôler les déplacements nord-sud des populations autochtones et de leur bétail. La ligne se poursuit jusqu'à Okaukuejo à l'ouest et Otjituuo à l'est. Néanmoins, l'épidémie atteint Windhoek en 1897, décimant la moitié du cheptel bovin du peuple Hérero[4].

Carte des anciens bantoustans, dont la barrière vétérinaire correspond aux frontières méridionales.
Le tracé de la ligne rouge en 1966.

La démarcation devient une frontière politique en 1907, après que le Reichstag de Berlin eut adopté en 1905, pendant les guerres des Hereros, une résolution stipulant que la protection policière dans le Sud-Ouest africain allemand « devait être limitée à la plus petite zone possible, en se concentrant sur les régions où nos intérêts économiques tendent à converger »[5]. La frontière séparait alors les zones sous contrôle colonial (la "zone de police" [1],[6]) du reste du territoire, et était déjà surveillée à des fins de santé animale. Les zones du nord, exclues, furent en grande partie soumises à un contrôle colonial indirect par l'intermédiaire des autorités traditionnelles. Le passage entre les deux zones fut alors restreint, tant pour les individus que pour les animaux. Cela entraîna des conséquences politiques et économiques différentes pour les Ovambos du nord et les Héreros, qui vivaient plus au centre du pays[5].

La Ligne rouge a été déplacée à plusieurs reprises. Une clôture physique n'a été construite qu'au début des années 1960 et a dès lors servi à isoler les foyers de fièvre aphteuse du Nord des fermes du Sud. Comme pendant la colonisation allemande, elle a également facilité les restrictions imposées par le mouvement d'apartheid et son influence sur la population[7].

Tracé

Projets de suppression

Notes et références

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