Ligue de défense de la race nègre

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Lamine Senghor, fondateur et premier secrétaire général du LDRN, 1927

La Ligue de défense de la race nègre est une organisation française de défense des droits civiques des Noirs. Elle est fondée en 1927 à partir de Ligue universelle de défense de la race noire (1924). Son siège est à Paris, mais en 1932 l'organisation française est dissoute. Sous le nom de Liga zur Verteidigung der Negerrasse, il y eut une section allemande à Berlin de 1929 à 1935.

La Ligue universelle de défense de la race noire (1924)

La Ligue universelle de défense de la race noire a été fondée le par Kojo Tovalou Houénou, qui en a également assuré la présidence. C'est la première grande organisation française rassemblant des personnes noires d'origine caribéennes et africaine. Elle publie la revue bimensuelle Les Continents à partir de , dirigée par René Maran[1]. Kojo Tovalou Houénou veut faire de Paris le siège d'une organisation internationale panafricaine. Pour cela, il se rend aux États-Unis en ou il négocie avec des militants tels que W.E.B. Dubois et Marcus Garvey. Ce sera un échec. Mais ces contacts américains sont jugés dangereux par les autorités françaises et Kojo Tovalou est contraint de quitter le pays. Dans le même temps, René Maran publie un article au vitriol dénonçant l'action de Blaise Diagne pendant la première guerre mondiale, concernant le recrutement des tirailleurs sénégalais. Blaise Diagne, désormais député, gagne son procès en diffamation. La condamnation de la revue Les Continents, ainsi que l'absence de Tovalou, fragilisent la Ligue universelle de défense de la race noire qui va se dissoudre[2],[3].

Comité de défense de la race nègre (1926)

Lamine Senghor et Joseph Gothon-Lunion, anciens militants de la Ligue universelle de défense de la race noire, fondent le Comité de Défense de la Race Nègre (CDRN), en [2]. Le Comité se dote d'une revue, La Voix des Nègres[4]. L'activité militante de Senghor et notamment les discours devant les dockers des grands ports en relation avec l'Afrique et les Antilles (Bordeaux, Le Havre, Marseille) permet la création de ramifications du Comité de Défense jusque dans les ports d'Afrique de l'Ouest[5]. En 1926, le Comité compte environ 1 000 membres, 250 à Marseille, 150 à Bordeaux, 300 au Havre et 200 à Paris[2].

Cependant, des conflits interne naissent rapidement au sein de la direction du Comité. D'une part, se pose la question de savoir si le terme nègre ou le terme noir devait servir d'auto-désignation. Pour Lamine Senghor, le terme nègre est important. Il veut se réapproprier le terme et « sortir ce mot de la boue dans laquelle on le traîne pour en faire un symbole ». Selon lui, le terme nègre symbolise les origines africaines et le radicalisme politique, tandis que le terme noir était associé aux idées politiques colonialistes[2].

Mais la question du positionnement politique du groupe est essentiel. La partie assimilationniste du Comité demeure préoccupée par l’orientation résolument anticoloniale et proche des idées communistes de la Fraction de gauche du Comité. Par ailleurs, sa volonté de critiquer ouvertement le gouvernement français pourrait être interprété comme anti-français. Ces différends conduisent à une scission au sein du CDRN lors d'une assemblée générale le . La faction modérée dirigée par les Afro-Caribéens reprend le Comité et le rebaptise Comité de défense de la race noire[2].

Comité de défense de la race noire (1927)

Ligue de défense de la race nègre (1927)

Le chapitre allemand - Liga zur Verteidigung der Negerrasse (Ligue pour la défense de la race nègre)

Notes et références

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