Linda Garcia, née en 1969 à Wilmington dans le Delaware, est une militante écologiste américaine. En 2013, elle mène une campagne contre un projet de terminal pétrolier dans le port de Vancouver, conçu pour être le plus grand des États-Unis et mobilise avec succès l'opinion publique. En 2019, elle est l'une des six écologistes à recevoir le prix Goldman pour l'environnement.
En , elle vit dans le quartier de Fruit Valley, auquel appartient le port de Vancouver, sur le fleuve Columbia, lorsqu'elle prend connaissance des projets de développement du terminal pétrolier des sociétés Tesoro et Savage. Elle s'inquiète alors de la pollution atmosphérique qui en résulterait et des conséquences sur la santé des riverains, et notamment de ses enfants. En effet, son fils souffre d'hypoplasie pulmonaire nécessitant un apport en oxygène, et sa fille est asthmatique[4]. La construction du terminal pétrolier est prévue à moins de deux kilomètres de la plupart des habitations du quartier[5]. Les sociétés porteuses du projet reconnaissent que 8 des 40 polluants qui seront émis risquent de dépasser les seuils autorisés[6],[2],[7],[8].
En tant que responsable de l'association de quartier de Fruit Valley, Linda Garcia enquête sur les antécédents de la société Tesoro et découvre que celle-ci a été condamnée à 10 millions de dollars d'amendes pour pollution atmosphérique et 720 000 dollars pour manquements aux règles de sécurité[9]. Elle devient la porte-parole des syndicats et des associations de la région, exprimant leurs inquiétudes lors de réunions et menant campagne contre le projet. Elle réussit à convaincre le conseil municipal de Vancouver de faire appel du projet auprès du Conseil d'évaluation des installations énergétiques de l'État de Washington (EFSEC). Malgré un cancer[1],[5], elle assiste à toutes leurs réunions de 2014 à 2017, représentant les intérêts des habitants de Fruit Valley. En , l'EFSEC recommande à l'unanimité à l'État de refuser le permis pour le terminal pétrolier, invoquant des risques pour «la vie, la sécurité, les biens et l'environnement». En , le gouverneur Jay Inslee prend en compte cette recommandation et rejette les permis pour le projet. Le bail de l'entreprise est alors résilié, annulant ainsi tout projet ultérieur de terminal pétrolier dans cette zone[10],[11].
En , Linda Garcia fait partie des six récipiendaires du prix Goldman pour l'environnement. Elle est primée pour avoir réussi à mobiliser l'opinion publique et permis d'arrêter le développement du plus grand terminal pétrolier d'Amérique du Nord, protégeant ainsi la sécurité et le bien-être de sa communauté[12]. Elle est l'une des six écologistes à recevoir ce prix cette année-là[13].