La loi du institue sur tout le territoire de l'Empire italien d'Éthiopie, incluant l'Érythrée et la Somalie, une monnaie unique, la lire italienne. Sur ces vastes territoires que l'Italie fasciste cherche à coloniser après une première tentative remontant aux années 1880-1890, circulent le birr, le thaler de Marie-Thérèse (TMT), le thaler érythréen, voire la roupie indienne. Le cours de conversion est établi initialement à un thaler pour 3 lires, puis à 4,5 lires en 1938, et 5 lires en 1939. Un thaler, grosse pièce d'argent de 28 g titrée 833 millièmes, vaut alors en réalité beaucoup plus que cinq lires (jusqu'à 28 lires), ce qui fait que les propriétaires de thalers préfèrent les thésauriser. Deux ans plus tôt, Rome avait fait refrapper des milliers de TMT sur le modèle type 1780. La famine monétaire de la région n'est pas pour autant endiguée. Aussi, la Banque d'Italie, via l'Istituto della Zecca dello Stato commence à imprimer des billets italiens en les contremarquant en rouge avec la mention Serie Speciale Africa Orientale Italiana, les réservant à la circulation au sein de l'AOI. Les valeurs des coupures sont de 50, 100, 500 et 1 000 lires, sur des types dessinés par Giovanni Capranesi[1].
Le , les forces militaires britanniques entrent dans Mogadiscio, en Somalie italienne, puis remontent et s'emparent d'une grande partie de l'AOI. Le , les billets italiens, dévalués du fait d'une extrême inflation, sont démonétisés. En 1944, la United States Mint fait frapper une série de monnaie en birr éthiopien, les réservant à ce pays dès sa libération. De leur côté, les Britanniques imposent le shilling est-africain aux autres territoires.