Lise Bissonnette
écrivaine et journaliste canadienne
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Lise Bissonnette est une auteure, journaliste et gestionnaire québécoise, née le [1] à Rouyn en Abitibi-Témiscamingue[2].
| Directrice Bibliothèque et Archives nationales du Québec | |
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| Directrice Le Devoir | |
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Biographie
Lise Bissonnette est fille de commerçant modeste et sixième d’une famille de sept enfants[3],[4].
À l'âge de 15 ans, elle est admise comme pensionnaire à l'école normale Saint-Joseph de Hull où elle entreprend un brevet A en vue de devenir enseignante[5]. Elle fréquente la bibliothèque d'Ottawa, construite par Andrew Carnegie, qu’elle juge mieux pourvue que la bibliothèque de son enfance à Noranda. Elle confiera plus tard que c'est dans cette bibliothèque qu'elle découvre l'immensité des possibilités de la lecture[6]. Durant ses études, elle s'implique au sein du journal étudiant de son collège, puis au dans l’association de la Presse étudiante nationale (PEN)[5]. Elle rejoint plus tard le prestigieux journal étudiant Le Quartier latin où elle occupe les fonctions de rédactrice en chef adjointe et éditorialiste durant ses études universitaires[7].
Après avoir accompli ses études en pédagogie et en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal (1965-1968), elle entreprend un doctorat en France (1968-1969), d’abord, à l’Université de Strasbourg, puis à l’École des hautes études commerciales de Paris[2]. Recrutée par le Comité exécutif de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) pour collaborer à la définition des objectifs académiques de l’institution, elle suspend ses études doctorales en 1970 pour se consacrer à plein temps à la coordination de la Famille des arts et de la Famille de la formation des maîtres[8].
Carrière journalistique

Lise Bissonnette commence sa carrière de journaliste en 1974 pour le quotidien national Le Devoir pour lequel elle sera nommée, plus tard, première femme à devenir directrice (1990-1998)[9],[2],[10].
Jusqu’en 1985, elle occupera successivement les postes de correspondante parlementaire à Québec et à Ottawa, éditorialiste, puis rédactrice en chef. Pour des raisons politiques, elle quitte ses fonctions en 1986, et fait sa marque à titre de journaliste indépendante. Sa signature apparaît notamment dans les pages du magazine L’Actualité et des quotidiens Le Soleil et le Globe & Mail[9]. Son public est large, sa parole est directe, et ses idées controversées à propos de l’éducation, de la condition féminine et de l’indépendance du Québec alimentent sans cesse le débat public.
À la suite d'une offre professionnelle de reprendre les rênes du journal Le Devoir, Lise Bissonnette s’attaque à relever le quotidien, alors au bord de la faillite : recherche de financement massif, déménagements des locaux au centre-ville de Montréal et refonte du contenu du journal seront les principaux changements qu’elle a apportés[9],[2].
Elle est la première directrice du Devoir à se prononcer en faveur de l’indépendance du Québec. Cette ligne éditoriale du quotidien reste inchangée jusqu’à ce jour[11].
De 2016 à 2022, elle signe une chronique politique quotidienne à Midi info, sur les ondes de Radio-Canada[12].
Direction de la Grande Bibliothèque
Parmi les chevaux de bataille de la journaliste, la démocratisation de la culture trouve une place de choix. Lise Bissonnette signe plusieurs éditoriaux dans lesquels elle en appelle de la création d’une Grande Bibliothèque (GB) et participe aux discussions sur l’avenir à donner à la Bibliothèque de Montréal. Lucien Bouchard, alors premier ministre du Québec, la mandate en tant que présidente-directrice générale de mener à bien ce projet de société[2].
Sa nomination suscite la controverse: d’aucuns déplorent qu’elle ne soit pas bibliothécaire de formation, comme la Corporation des bibliothécaires du Québec, tandis que d’autres dénoncent le gigantisme de sa vision du projet, qualifiée de «mitterrandiste»[13]. Lise Bissonnette bénéficie néanmoins de l’appui indéfectible de Louise Beaudoin, alors ministre de la Culture et des Communications[14].
De la supervision de l’imposant chantier de construction à l’organisation de services, en passant par la vision à donner à ce lieu de vie qu’elle souhaite rassembleur et chaleureux, Lise Bissonnette sera une figure majeure de cette nouvelle institution.
Durant la présidence de Lise Bissonnette, l’institution de la Grande Bibliothèque se transforme. D’abord, par la fusion entre GBQ et la Bibliothèque Nationale du Québec (BNQ) par la Loi sur la Grande Bibliothèque de 2003, puis par la fusion de la BNQ avec les Archives nationales en 2006 pour former Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)[2]. Bien que ces initiatives émanent des gouvernements péquiste, puis libéral, la présidente accueille d’un bon œil la réunion de ces institutions, y voyant la possibilité de démocratiser l’accès au patrimoine documentaire du Québec en un univers intégré[15].
Lise Bissonnette réussit à imposer sa vision au projet de création de la Grande Bibliothèque, malgré l’adversité dont font preuve le gouvernement, l’opinion publique et même parfois ses propres collègues.
On lui doit l’emplacement de la Grande Bibliothèque dans le Quartier latin, alors que les administrateurs de la BNQ et un rapport de la Société des infrastructures du Québec lui auraient préféré l’îlot Balmoral, dans les environs de la Place des Arts[16]. C’est également elle qui défend la tenue d’un concours international d’architecture pour le bâtiment de la Grande Bibliothèque et obtient de faire augmenter le budget octroyé à sa construction[17].
Lise Bissonnette a su faire triompher sa vision d’une Grande bibliothèque abritant sous le même toit la collection nationale et les documents de prêt et de référence; les chercheurs et les lecteurs de la population générale. Cette cohabitation marque l’originalité de l’institution[18].
Soucieuse que BAnQ ne desserve pas que les Montréalais, mais bien l’ensemble de la population québécoise, Lise Bissonnette entreprend plusieurs tournées régionales à travers le Québec durant sa présidence[19]. L’importante architecture numérique de BAnQ a été conçue dans l’objectif de rendre les ressources de la Grande Bibliothèques disponibles aux Québécois des régions éloignées, sans qu’ils aient besoin de se déplacer pour les consulter[20].
Dès son ouverture, la fréquentation de la Grande Bibliothèque excède toutes les attentes et consacre le succès du projet[21]. Selon Lise Bissonnette, cette affluence démontre l’insuffisance des autres bibliothèques publiques partout au Québec, qui sont trop petites et ne peuvent accueillir un volume suffisant d'ouvrages. La Grande Bibliothèque aurait ainsi contribué à stimuler le réaménagement et la création de bibliothèques publiques sur le territoire québécois dans les dernières décennies[22].
Après 11 ans à la tête de cette institution, elle quitte ses fonctions en 2009 pour se consacrer à un doctorat en lettres qui sera publié en 2016[2]. Malgré son départ, elle n’hésite pas aujourd’hui encore à commenter et à critiquer les transformations de la Grande Bibliothèque depuis sa création[23],[18].
En mai 2025, elle signe une lettre ouverte pour dénoncer le projet de construction d’un poste d’Hydro-Québec sur un terrain adjacent à BAnQ, y voyant un mépris à l’égard des bibliothèques lui rappelant les difficultés rencontrées lors de la planification de la Grande bibliothèque[24]. Face à un concert de protestations, Hydro-Québec révise par la suite l’emplacement prévu pour le poste[25].
Carrière en gestion et administration
En 2011, elle accepte un mandat de la Régie des installations olympiques, pour faire des recommandations sur l'avenir du Parc olympique.
En 2013 et jusqu'en 2018, elle est nommée présidente du conseil d'administration de l'UQAM[26].
En mémoire de ses réalisations, le fonds d’archives Lise Bissonnette (CLG66) est conservé au centre d’archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[27].
Carrière littéraire
En 1991, avec son texte « Robes » publié dans l’ouvrage collectif Avoir 17 ans (nouvelles), Lise Bissonnette fait ses débuts en littérature non journalistique. Elle est à ce jour, co-auteure de onze ouvrages, deux recueils d’articles, deux essais, trois nouvelles et quatre romans[2]. À trois reprises, elle sera nommée finaliste pour le prestigieux prix littéraire du Gouverneur général du Canada[28].
Vie privée
Lise Bissonnette a partagé sa vie avec Godefroy-M. Cardinal, professeur en sciences de l’éducation et membre fondateur de l’UQAM, décédé en 2022[29].
Elle habite le quartier Ahuntsic, à Montréal. Sa demeure, surnommée «La Flouve», une petite maison ancestrale de 1811 agrandie d’une extension moderne, est un projet réalisé par l’architecte Pierre Thibault à la demande de Bissonnette et de Cardinal[30].
Œuvres
- 1987 : Lise Bissonnette, La Passion du présent : chroniques, Montréal, Éditions du Boréal, coll. « Papiers collés », , 328 p., 23 cm (ISBN 978-2-89052-190-2)« Les textes ici rassemblés ont d'abord été publiés dans Le Devoir. » - p. [4] de la couverture.
- 1991 : Robert Lévesque (dir.), Christian Mistral, Anne Dandurand, Normand Chaurette, Louis Hamelin, Michel Tremblay, Yves Navarre, Jean Basile, Lise Bissonnette et alii : Jean-François Chassay, Marco Micone, Lise Gauvin, Avoir 17 ans : nouvelles, Montréal, Québec Amérique, coll. « Littérature d'Amérique », , 156 p. (ISBN 2-89037-550-1), « Robes »Dix écrivains québécois et un Français de passage (Yves Navarre), à l'instigation du quotidien Le Devoir, soulignent ici l'année du centenaire de la mort du poète Arthur Rimbaud, qui avait écrit « On n'est pas sérieux quand on a 17 ans ».
- 1992 : Lise Bissonnette, Marie suivait l'été : roman, Montréal, Éditions du Boréal, , 125 p., 22 cm (ISBN 978-2-89052-488-0)
- Aussi : au Seuil, Paris, 1993
- Aussi : en édition limitée (épuisée), avec sérigraphies de Laurence Cardinal, aux Éditions de la Canoterie, Québec, 1992, 1 portefeuille (56 p., [8] feuilles de pl.) : ill. (1 en coul.) : 45 centimètres. (ISBN 2-9802-7225-6) (en cahiers dans un emboîtage).
- 1993 : (en) Lise Bissonnette (trad. Sheila Fischman), Following the Summer : A novel [« Marie suivait l'été : roman »], Concord (Ontario), House of Anansi Press, , 100 p., 21 cm (ISBN 0-88784-543-6, lire en ligne)
- 1995 : Lise Bissonnette, Choses crues : roman, Montréal, Éditions du Boréal, (1re éd. 1995), 137 p., 22 cm (ISBN 2-89052-686-0 et 978-2-8905-2686-0)
- 1996 : (en) Lise Bissonnette (trad. Sheila Fischman), Affairs of Art : A novel [« Choses crues : roman »], Concord (Ontario), House of Anansi Press, , 119 p., 21 cm (ISBN 0-88784-583-5)
- 1997 : Lise Bissonnette, Quittes et Doubles : scènes de réciprocité : nouvelles, Montréal, Éditions du Boréal, , 165 p., 22 cm (ISBN 2-89052-831-6 et 978-2-8905-2831-4)
- 1998 : (en) Lise Bissonnette (trad. Sheila Fischman), Cruelties : Stories [« Quittes et Doubles : scènes de réciprocité : nouvelles »], Concord (Ontario), House of Anansi Press, , 160 p., 22 cm (ISBN 0-88784-630-0)
- 1998 : Lise Bissonnette, Toujours la passion du présent : chroniques, Montréal, Éditions du Boréal, coll. « Papiers collés », , 277 p., 23 cm (ISBN 2-89052-941-X et 978-2-8905-2941-0)« Sélection d'éditoriaux et de chroniques parus dans Le devoir ainsi que quelques textes issus du Globe and Mail. » - p. [4] de la couverture.
- 2001 : Lise Bissonnette, Un lieu approprié : roman, Montréal, Éditions du Boréal, , 198 p. (ISBN 2-7646-0119-0 et 978-2-7646-0119-8)
- 2001 : Lise Bissonnette, Des lettres et des saisons : essai (autobiographique), Trois-Pistoles, Éditions Trois-Pistoles, , 137 p., 20 cm, [2] p. de pl. : ill., 2 fac-sim. (ISBN 2-89583-006-1 et 978-2-8958-3006-1)
- 2002 : (en) Lise Bissonnette (trad. Sheila Fischman), An Appropriate Place : a novel [« Un lieu approprié : roman »], Concord (Ontario), House of Anansi Press,
- 2004 : Lise Bissonnette, Michael Delisle, Trevor Ferguson, Marie-Sissi Labrèche, Robert Lalonde et Jean Fugère (dir.), Montréal, la marge au cœur, Paris, Autrement, , 157 p., 14 cm x 22 cm x 1 cm (ISBN 2-7467-0510-9 et 978-2-7467-0510-4), « Comme si de rien n'était »
- 2005 : Lise Bissonnette, Un lieu approprié : roman, Montréal, Hurtubise HMH, (1re éd. 2001) (ISBN 2-89428-844-1)
- 2006 : Lise Bissonnette, La Flouve : le parfum de Balzac, Montréal, Hurtubise HMH, , 126 p., 22 cm, ill. en coul., portr. (ISBN 2-89428-844-1 et 978-2-8942-8844-3)Avec la collaboration de Pierre Thibault. Catégorie : Architecture, Design.
- 2016 : Lise Bissonnette, Maurice Sand : Une œuvre et son brisant au 19e siècle, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, , 484 p. (ISBN 978-2-7606-3605-7, 9782760636071 et 9782760636064)
Distinctions

- 1986 : Docteur honoris causa, de l'Université Concordia
- 1988 : Docteur honoris causa en lettres, de l'Université Laurentienne
- 1992 : Docteur honoris causa en éducation, de l'Université de Sherbrooke
- 1993 : Membre de l'Ordre des francophones d'Amérique
- 1994 : Membre de la Société royale du Canada
- 1996 : Intronisée au Panthéon du journalisme canadien
- 1996 : Docteur honoris causa en éducation, de l'Université Laval
- 1998 : Chevalier de l'ordre de la Pléiade, de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie
- 1998 : Médaille de l'Académie des lettres du Québec
- 1998 : Officier de l'Ordre national du Québec
- 2000 : Officier de la Légion d'honneur, de France
- 2003 : Docteur honoris causa en lettres, langues et communications, de l'UQAM
- 2004 : Membre de l'Académie des lettres du Québec
- 2006 : Docteur honoris causa en éducation, de l'Université de Montréal
- 2007 : Prix Réalisations 2007 du Réseau des femmes d'affaires du Québec
- 2007 : Docteur honoris causa en lettres, de l'Université McGill
- 2009 : Prix Fleury-Mesplet
- 2009 : Prix Hommage 2009, de l'Institut d'administration publique de Québec (IAPQ)
- 2010 : Prix Georges-Émile-Lapalme
- 2011 : Doctorat honorifique de la faculté des sciences sociales de l'Université d'Ottawa[31]
- 2016 : Commandeure de l'Ordre de Montréal
- 2016 : Prix Judith-Jasmin Hommage, qui honore l’ensemble d’une carrière journalistique remarquable, par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ)[32]
- 2019 : Parmi les portraits des vingt-et-une Montréalaises exceptionnelles qui se démarquent sur les plans social, scientifique et culturel[33]