Cette liste recense les élections organisées durant l'année 1959. Elle inclut les élections législatives et présidentielles nationales dans les États souverains, ainsi que les référendums au niveau national.
L'année est marquée principalement par des élections qui participent au processus de transition vers l'indépendance en Afrique - notamment dans les nations africaines membres de la Communauté française, mais aussi en Somalie italienne (mars) et dans la colonie britannique du Nigéria (décembre). Les élections à Singapour (mai), à Chypre (décembre) et à Wallis-et-Futuna (décembre) participent également de ce processus.
Premières élections de l'histoire du pays, à la suite de réformes démocratiques.
Le parti Congrès népalais (social-démocrate) remporte une majorité absolue des sièges. Bishweshwar Prasad Koirala (Congrès népalais) est nommé premier ministre au mois de mai. En décembre 1960 toutefois, le roi Mahendra suspend la Constitution, dissout le Parlement, fait emprisonner le premier ministre, interdit les partis politiques et met un terme à cette brève expérience démocratique.
Le Soudan français à cette date est un État autonome membre de la Communauté française.
L'Union soudanaise (panafricaniste), qui disposait d'une majorité absolue à l'assemblée, remporte cette fois tous les sièges. Modibo Keïta devient premier ministre. Après une éphémère union avec le Sénégal à partir d', le pays accède à sa pleine indépendance le , avec pour nom la République du Mali.
La Haute-Volta à cette date est un État autonome membre de la Communauté française. Le référendum soumet une proposition de Constitution au peuple. Celle-ci instaurerait une république parlementaire.
La proposition est approuvée par 80,0% des votants. Des élections législatives ont lieu une semaine plus tard.
La Côte d'Ivoire à cette date est un État autonome membre de la Communauté française.
Le Parti démocratique (conservateur) est le seul à prendre part à l'élection, et remporte donc tous les sièges. Félix Houphouët-Boigny devient premier ministre. Le pays accède à sa pleine indépendance le .
Les élections se déroulent au suffrage censitaire (masculin et féminin). Ceci a pour conséquence d'exclure du droit de vote la grande majorité de la population autochtone, et de réserver l'exercice du pouvoir aux descendants de colons noir-américains. Sous ce gouvernement autoritaire et répressif, l'opposition ne peut fonctionner correctement.
Le président William Tubman (parti True Whig: droite) est réélu pour un quatrième mandat, avec officiellement 100% des voix. (Son unique opposant, William Davies-Bright, ne recueille officiellement que 55 voix sur plus de 530 000.)
Assemblée sans majorité. Le Parti républicain, qui disposait d'une majorité absolue des sièges dans la législature sortante, n'en conserve qu'une majorité relative. Et c'est Hubert Maga (Rassemblement démocratique) qui devient premier ministre. Le pays accède à sa pleine indépendance le .
Le Parti populaire (ÖVP: chrétien-démocrate, conservateur) conserve la majorité relative des sièges avec un siège d'avance sur le Parti socialiste (SPÖ). Les deux maintiennent leur gouvernement d'union nationale, avec le conservateur Julius Raab comme chancelier et le socialiste Bruno Pittermann comme vice-chancelier. Le Parti communiste perd ses trois derniers sièges restants.
La Mauritanie à cette date est un État autonome membre de la Communauté française. Le Parti de Regroupement mauritanien contrôle la vie politique du pays, et est le seul à présenter des candidats; toute activité politique externe au parti est interdite.
Le Parti de Regroupement mauritanien remporte mécaniquement tous les sièges. Moktar Ould Daddah demeure premier ministre. Le pays accède à sa pleine indépendance le .
Ces élections marquent l'accès à l'autonomie de cette colonie britannique.
Alternance. Le Parti d'action populaire (conservatisme social) remporte une large majorité absolue des sièges. C'est le début de la domination de ce parti sur la vie politique du pays, qui se poursuit sans interruption jusqu'au XXIesiècle. Lee Kuan Yew devient premier ministre.
La candidature d'Éamon de Valera à ce poste honorifique et essentiellement symbolique marque le retrait de la vie politique active de l'un des pères de l'indépendance du pays.
Parlement sans majorité. Le Parti de l'indépendance (libéral-conservateur) conserve une majorité relative des sièges à la chambre haute, mais se trouve à égalité avec le Parti du progrès (centre-droit, agrarien) à la chambre basse. C'est le social-démocrateEmil Jónsson qui demeure provisoirement premier ministre. De nouvelles élections ont lieu en octobre.
Sous la présidence de Ngô Đình Diệm, le Viêt Nam du Sud est une dictature. Les élections sont truquées. Au moyen d'intimidations, le gouvernement parvient à empêcher presque toute candidature d'opposition, et garantit la victoire de ses candidats en pratiquant le bourrage d'urnes. La guerre du Viêt Nam se poursuit dans le même temps.
L'alliance des partis gouvernementaux (personnaliste) remporte tous les sièges sauf deux. L'un des deux seuls élus d'opposition est arrêté par les autorités avant de pouvoir siéger.
Parlement sans majorité. Alternance. Le Parti de l'indépendance (libéral-conservateur) obtient la majorité relative des sièges dans les deux chambres. Ólafur Thors (Parti de l'indépendance) devient premier ministre.
Premières élections depuis la proclamation de la République en 1957. La Tunisie à cette date fonctionne de facto comme un État à parti unique, même si elle ne l'est pas encore officiellement.
Le président Habib Bourguiba est le seul à recueillir les parrainages nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle, et est donc l'unique candidat. Il est déclaré réélu sans élection. Son parti Néo-Destour (nationaliste, laïc, social-libéral) conserve tous les sièges à la Chambre des députés, n'ayant pas d'autre opposant que le Parti communiste (dans deux circonscriptions uniquement).
Ces élections préparent l'indépendance du pays, colonie désormais autonome de l'Empire britannique.
Parlement sans majorité. Le parti Congrès populaire du nord conserve la majorité relative des sièges. Abubakar Tafawa Balewa demeure premier ministre. Le pays accède à sa pleine indépendance le .
Chypre à cette date demeure une colonie britannique. Les accords du mois de février enclenchent néanmoins sa transition vers l'indépendance, d'où la tenue de cette élection.
L'archevêque Makarios III (sans étiquette, soutenu par le mouvement nationaliste grec et anticommuniste EOKA) est élu avec 66,8% des voix face à John Clerides, candidat du parti Union démocratique et soutenu par le Parti progressiste des travailleurs (communiste). Makarios III n'entre en fonction qu'en , au moment de l'indépendance de Chypre.