Littérature piémontaise
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La littérature piémontaise désigne l'ensemble des textes écrits en langue piémontaise au cours des siècles.

La première trace de la formation du vernaculaire piémontais a été trouvée dans l'église de Santa Maria Maggiore à Verceil : il s'agit d'une mosaïque de pavement datant de 1040. Un second témoignage est une inscription dans l'église de Sant'Evasio à Casale Monferrato.
Le premier texte d'envergure est celui des « Sermons subalpins » (v. 1150), conservé à la Bibliothèque nationale universitaire de Turin. Il s'agit de 22 sermons écrits comme commentaires à la liturgie, destinés aux écoles formant les Templiers, alors nombreux dans le Piémont situé sur la Via Francigena[1]. Aux XIIe et XIIIe siècles, les cours de Saluces, du Montferrat et de Savoie accueillent de nombreux troubadours qui importent les valeurs de l'amour courtois en occitan.
Au cours des siècles suivants, le piémontais s'impose comme langue administrative face au latin. Un théâtre religieux se développe également, dont les œuvres les plus célèbres sont Ël Gelind et La Nativité.
La période intermédiaire
Avec la diffusion de l'humanisme, Giovan Giorgio Alione d'Asti (1460-1529) s'impose avec son « Opera Iocunda », un recueil de dix farces humoristiques[2].
À la fin du XVIIe siècle, la comédie « Ël Cont Piolèt » de Carlo Giambattista Tana marque la naissance du théâtre piémontais moderne.
Au XVIIe siècle siècle paraissent également les Freschi della villa, quatre riches compositions anonymes découvertes en 1968 par Gianrenzo Clivio. Parallèlement, un mysticisme populaire s'exprime à travers les enseignements de saintes et bienheureuses comme Maria degli Angeli Fontanella o Maddalena Panattieri.
Littérature moderne et XIXe siècle

Au XVIIIe siècle, la conscience nationale piémontaise atteint son apogée. En 1783, Maurizio Pipino publie la première grammaire. Edoardo Ignazio Calvo offre avec ses Fàule moraj (Fables morales) la plus haute expression de la poésie civile piémontaise.
Le XIXe siècle voit une floraison d'écrivains comme Angelo Brofferio et Norberto Rosa. Le théâtre excelle avec Vittorio Bersezio et son chef-d'œuvre Le miserie 'd Monsù Travet. À la fin du siècle, le journal 'L Birichin rencontre un immense succès populaire, publiant notamment des romans-feuilletons de Carolina Invernizio.
Le XXe siècle : engagement et renouveau

Le XXe siècle siècle est marqué par des auteurs de premier plan tels que Nino Costa et Pinin Pacòt. La Companìa dij Brandé, fondée en 1927, devient le groupe le plus dynamique de la culture piémontaise.
D'autres figures majeures enrichissent cette période : Luigi Olivero, Camillo Brero, Tavo Burat et Bianca Dorato. À partir des années 1980, la littérature piémontaise s'internationalise grâce aux recherches philologiques de Gianrenzo Clivio et Sergio Gilardino, notamment au sein de l'Université McGill de Montréal[3].