Carte démographique du Golan avant 1967. En vert, les villages arabes musulmans; en rouge, les villages alaouites; en bleu ciel, les villages Turkmènes; en orangé clair, les villages druzes; en orange soutenu, les villages Tcherkesses.Carte des localités syriennes dépeuplées pendant la guerre de 1967 et depuis.Carte démographique actuelle (2022): ne restent que les Druzes dans le Golan, auxquels s’ajoutent les colons (même légende que pour la première carte, avec en plus les colonies israéliennes en bleu marine).
Avant la guerre des Six-Jours et la guerre du Kippour, le plateau du Golan comptait 312 localités habitées, dont 2 villes, 163 villages et 108 fermes[1]. En 1966, la population syrienne du plateau du Golan était estimée à 147 613[2]. Israël s’est emparé d’environ 70% du plateau du Golan à la fin de la guerre des Six-Jours[3]. De nombreux habitants ont fui durant les combats[4], d’autres ont été expulsés par Israël[5],[6],[7],[8] et d’autres ont été évacués par l’armée syrienne[5]. Le Washington Report on Middle East Affairs de 1992 a qualifié les actes de l’État israélien de nettoyage ethnique[9].
Expulsions
Il y a des cas de civils syriens tués par des habitants syriens, y compris en détruisant leurs maisons où ils se trouvaient toujours[10]:
«At this stage [during the war] the instruction that we have received was to
go and check that no ‘guys’ are left hiding. We did it in the first villages
[conquered] on top of the [Golan] Heights . . . . There were a few cases that
I don’t want to talk about.’
What does it mean? Katz: ‘They killed people that should not have
been killed. Syrian citizens’ . . . There were a few guys of mine who killed
some Arab citizens’ . . .
Why did they kill them? ‘It was out of stupidity, something that should
not have been done, and they were kicked out of the regiment. All the rest
of the Golan dwellers were deported. Not one remained’.
How did it happen? ‘They destroyed a house on top of its dwellers . . .
It was a war crime. . . . It drove me out of my mind»
«Avishay Katz, commandant de réserve du 602e régiment du génie, témoigne:
— À ce moment de la guerre, les ordres que nous avions reçu étaient de vérifier que personne n’était resté caché après [le départ]. Nous l’avons fait dans les premiers villages [conquis] sur le haut du plateau... Il y a quelques cas dont je ne veux pas parler.
— Qu’est-ce que cela signifie?
— Ils ont tué des personnes qui n’auraient pas dû être tuées. Des civils syriens [...] Il y a quelques uns de mes gars qui ont tué des civils arabes [...]
— Pourquoi les ont-ils tués?
— C’était au-delà de l’idiotie, quelque chose qui ne devrait pas arriver, et ils ont été virés du régiment. Tous les autres habitants du Golan ont été déportés. Aucun ne reste.
— Que s’est-il passé?
— Ils ont détruit une maison sur ses habitants [...] C’était un crime de guerre [...] Ça m’a mis hors de moi!»
Une ligne de cessez-le-feu est tracée et une grande partie du plateau est placée sous contrôle militaire israélien, dont la ville de Quneitra, 139 villages et 61 fermes[1]. Le recensement de 1967 conduit par l’armée israélienne n’en comptabilise que huit, dont Quneitra[1]. Un des villages qui n’est alors pas vidé de sa population, Shayta, est en partie détruit en 1967 et un poste militaire est construit à son emplacement[11]. Entre 1971 et 1972, la suppression du village est achevée, les habitants restant étant déportés à Mas'ade, un des villages sous contrôle israélien. Ce blog qualifie ceci de nettoyage ethnique[11],[12]. Selon le blog Focaal, «95% des Syriens de la région ont été déplacés de force et seuls cinq villages sur les 340 villages et fermes, subsistent[13].»
Le chef de l’administration israélienne pour la supervision et la gestion des démolitions du plateau du Golan Heights propose la démolition de 127 villages dépeuplés, dont 90 villages «abandonnés» devant être détruits peu après le [14],[15]. Les démolitions sont menées par des entreprises privées et seuls cinq villages sont épargnés (Majdal Shams, Buq'ata, ‘Ayn Qunyah, Mas'ade et al-Ghajar))[6],[15],[16],[17],[18],[19]. Après les démolitions, les terres sont attribuées à des colons israéliens[20]. Seuls les bâtiments ayant un intérêt archéologie et ceux pouvant avoir un intérêt pour les colonies juives planifiées sont conservés[15].
Après la guerre du Kippour (1973), la Syrie récupère une partie du plateau du Golan, dont Quneitra, qui est passée plusieurs fois d’un camp à l’autre durant la guerre. Selon un rapport du comité spécial des Nations unies Special Committee, l’armée israélienne a volontairement détruit la ville avant son retrait, en 1974[21].
En 2024, après l’élargissement de l’occupation israélienne à de nouveaux villages du Golan, Israël tenta de vider plusieurs villages syriens nouvellement occupés[22]. Après une diminution de la population, Israël commença à détruire les réseaux d’eau et d’électricité pour forcer les habitants à fuir[22]. Le , plus de 100 familles syriennes sont expulsées du plateau du Golan par l’armée israélienne[23]. Des témoins ont affirmé que des soldats israéliens leur ont tiré dessus et sur leurs maisons[23]. Les observateurs des Nations unies ont retiré le drapeau israélien des zones nouvellement occupées[23].
Démolition d’une maison de deux étages à Fiq, 1967.
Déplacement forcé de civils syriens, mains levées devant des soldats israéliens et forcés de quitter leurs foyers dans le Golan.
Villages dépeuplés
Cette liste présente les villages syriens dépeuplés après la guerre de 1967 par ordre alphabétique, toutes les parties du nom étant traitées de la même manière, y compris l’article (al-, as-, etc.), mais les diacritiques ne sont pas pris en compte (par exemple ‘A est traité comme A).
Certains villages peuvent être cités deux fois avec des variantes orthographiques provenant de différentes sources.
Southern Lebanon Border Area 1986 – Map from the University of Texas at Austin general libraries map collection, showing Syrian villages in the Golan Heights from pre-1967 sources.
12Ray Murphy et Declan Gannon, «Changing the Landscape: Israel's Gross Violations of International Law in the Occupied Syrian Golan», Cambridge University Press, vol.11, , p.147
↑Sakr Abu Fakhr, «Voices from the Golan», Journal of Palestine Studies, volume 29, no4 (automne 2000), University of California Press, p.7.
123Aron Shai, «The Fate of Abandoned Arab Villages, 1965–1969», History & Memory, Volume 18, no2, automne-hiver 2006, p.86–106. "As the pace of the surveys increased in the West Bank, widespread operations also began on the Golan Heights, which had been captured from Syria during the war (figure 7). Dan Urman, whose official title was Head of Surveying and Demolition Supervision for the Golan Heights, was responsible for this task. Urman submitted a list of 127 villages for demolition to his bosses. … The demolitions were executed by contractors hired for the job. Financial arrangements and coordination with the ILA and the army were recorded in detail. Davidson commissioned surveys and demolition supervision from the IASS [Israel Archaeological Survey Society]. Thus, for example, in a letter dated 15 May 1968, he wrote to Ze'ev Yavin: 'Further to our meeting, this is to inform you that within a few days, we will start demolishing about 90 abandoned villages on the Golan Heights (see attached list)."
↑"The Golan Heights under Israeli Occupation 1967–1981" p.5. "The remainder of 131 agricultural villages and 61 individual farms were wiped off the face of the earth by the Israeli occupation authorities immediately following the Israeli victory in the 1967 war. They were razed to the ground and their lands handed over to exclusive Israeli-Jewish settlement."
Gideon Sulimani et Raz Kletter, «Settler-Colonialism and the Diary of an Israeli Settler in the Golan Heights: The Notebooks of Izhaki Gal», Edinburgh University Press, vol.21, no1, (ISSN2054-1988, DOI10.3366/hlps.2022.0283)