Locuste
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l'appellation « Locuste » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Taxons concernés
- Voir texte
Locuste est un nom vernaculaire ambigu désignant en français plusieurs espèces de criquets grégariaptes appartenant à l'ordre des orthoptères. Contrairement aux sauteriaux, ils sont capables de se transformer complètement lorsque leur population atteint un certain seuil de densité pour devenir grégaires et migrateurs.

Ce terme dérive du latin locusta « sauterelle ; langouste »[1], par conséquent, les « locustes de mer » peuvent désigner de nombreuses espèces de plusieurs infra-ordres de Pleocyemata, par exemple des langoustes ou crevettes[1]. Nommé d'après le terme latin, le genre Locusta Linnaeus 1758, est un des premiers genres de criquets scientifiquement décrit.
Descriptions
Ces espèces peuvent se multiplier rapidement sous des conditions favorables et devenir grégaires et migratrices. Leurs nymphes forment alors des bandes larvaires et les adultes forment des essaims qui se déplacent sur de longues distances en ravageant végétaux sauvages et cultures où ils peuvent causer des dégâts considérables[2].
Les espèces

Quelques exemples d’espèces de locustes sont :
- Schistocerca americana
- Chortoicetes terminifera
- Nomadacris succincta
- Locustana pardalina
- Schistocerca gregaria
- Calliptamus italicus
- Nomadacris septemfasciata
- Anacridium spp.
- criquet migrateur Locusta migratoria
- criquet nomade Nomadacris septemfasciata
- criquet marocain Dociostaurus maroccanus
- criquet pèlerin Schistocerca gregaria : probablement l’espèce la plus importante vu son aire de distribution très large (Afrique du Nord, Moyen-Orient et Asie du Sud) et sa capacité à migrer sur de très longues distances.
- criquet des Montagnes Rocheuses (Melanoplus spretus) : cette espèce nord-américaine formait les essaims les plus grands jamais rapportés, mais elle a disparu vers la fin du XIXe siècle.
Quelques espèces ne sont grégaires qu'épisodiquement :
Les essaims
Formation des essaims
Quand ses populations sont de faibles densités, l'insecte adopte une phase dite solitaire[3] : il vit reclus, évite ses congénères et migre seulement la nuit[4]. Si leurs densités sont élevées et que leurs sources d'alimentation se raréfient, ils adoptent une phase dite grégaire et se regroupent en bandes de nymphes (ou larves, sans ailes) ou en essaims d'adultes (ailés) très mobiles[3].
Les rassemblements sont en relation avec la concentration d'une hormone, la sérotonine[5],[6] : au cours des contacts entre criquets en phase solitaire, notamment par frottements des pattes arrière, le taux de sérotonine est multiplié par trois dans les ganglions thoraciques (qui sont une partie du système nerveux central). Ce pic transitoire de sérotonine déclenche le passage de la phase solitaire à la phase grégaire[7].
Une chaîne de réactions environnementales amène cette prolifération. Elle commence avec l'eau : les pluies, qui en quelques jours couvrent de végétation un désert, humidifient aussi les sols et déclenchent la maturation et l'éclosion des œufs de criquets. Les nymphes se nourrissent des plantes apparues à peu près en même temps qu'eux-mêmes[4].
Si les conditions restent favorables à la reproduction (abri du vent, végétation, concentration des pontes, etc.), les nymphes se regroupent en bandes et les criquets adultes en essaim. Les nymphes, qui ne volent pas, peuvent être piégées.


Morphologie des essaims
Les essaims peuvent atteindre des tailles gigantesques, s'étendant sur plusieurs centaines de kilomètres[8] et contenant des milliards d'individus[8]. Lindsey (2002) donne les chiffres de 1 200 km2 (460 mi2) pour un essaim, avec entre 40 et 60 M de criquets par km2 ; un essaim de cette taille peut manger 192 M de kg (423 M de livres-poids) de végétation par jour[9].
Le comportement d'un essaim est souvent comparé à celui des nuages, car il subit les mêmes effets du vent. Ainsi, un essaim prend principalement deux formes différentes : cumuliforme ou stratiforme. Sous l'action des vents, un essaim peut avancer de 200 kilomètres par jour.[réf. nécessaire]
Migration des essaims
Les essaims peuvent voler rapidement sur de grandes distances (quelques milliers de km en quelques semaines)[3]. En 1988, des essaims ont traversé l'Atlantique depuis la Mauritanie jusqu'aux Caraïbes, soit 5 000 km en 10 jours ; se posant chaque nuit sur des bateaux occasionnellement mais surtout sur les corps des premiers criquets noyés à leur amerrissage mais servant de radeaux pour leurs congénères[8].
