Loi de 1869 sur la protection des Aborigènes

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La loi de 1869 sur la protection des Aborigènes (Aboriginal Protection Act 1869) est une loi de la colonie de Victoria (en) en Australie de 1869, qui a créé le Conseil de protection des Aborigènes. Cet organe a remplacé le Conseil central chargé de veiller aux intérêts des Aborigènes[1],[2]. Cette loi fait de Victoria la première colonie en Australie à adopter une réglementation complète sur la vie quotidienne des Aborigènes australiens. La loi et les réglementations ultérieures ont conféré au Conseil des pouvoirs étendus sur la vie quotidienne des Aborigènes de Victoria (en), notamment en matière de résidence, d'emploi, de mariage, de vie sociale, de garde d'enfants et d'autres aspects de la vie quotidienne[3].

En 1860, le gouvernement de l'État de Victoria a créé un Conseil central pour les Aborigènes et six réserves aborigènes (en) placées sous la tutelle de gestionnaires nommés par ce Conseil. En 1869, un quart des Aborigènes de Victoria vivaient dans des réserves. Victoria promulgua alors la loi de 1869 sur la protection des Aborigènes, conférant des pouvoirs supplémentaires pour obliger les Aborigènes de Victoria à vivre dans des réserves. En 1871, le Conseil renforça son contrôle sur les lieux de résidence et de travail des Aborigènes, leurs activités, leurs rencontres et leurs mariages[1]. Malgré cette loi, en 1877, moins de la moitié des Aborigènes de Victoria vivaient dans des réserves[4].

Le gouvernement de Victoria a promulgué cette loi alors que des réformes démocratiques en Grande-Bretagne et dans les colonies australiennes étaient en cours, étendant le droit de vote à tous les hommes quels que soient leur statut patrimonial. Ces réformes intégraient également la gratuité de l'éducation publique. Les Aborigènes n'en ressentirent pourtant pas les effets, car les pouvoirs accrus octroyés au Conseil pour la protection des Aborigènes ont donné lieu de fait à des contrôles supplémentaires limitant la liberté des Aborigènes[3].

En 1886, le Parlement de Victoria adopta la loi des métis (en), conférant au Conseil le pouvoir d'expulser des réserves les Aborigènes de Victoria d'ascendance dite mixte (« métisse ») âgés de huit à trente-quatre ans. Selon Richard Broome : « D'un seul coup, les dépenses du Conseil seraient réduites et la race aborigène disparaîtrait à mesure que les “sang-pur” vieilliraient et mourraient, et que les “métis” se fondraient dans la population blanche »[5].

Cette politique a été mise en œuvre à la veille de la crise des années 1890 en Australie, entraînant des difficultés pour nombre de personnes expulsées des réserves. Le Conseil a refusé d'aider les personnes expulsées des réserves dans leur intégration sociale, et les a séparé de leurs communautés et des membres de la famille. Des protestations se sont élevées et des Aborigènes ont refusé de quitter leurs réserves. Des personnes mariées comme Bessie Flower (en) (aborigène) et Adolph Donald Cameron (métis)[6], qui vivaient dans la réserve de Ramahyuck (lac Tyers), se sont battues pour y rester ensemble après la promulgation de la loi victorienne sur les « métis »[3].

La loi de 1869 fut abrogée par la loi de 1910 sur les Aborigènes de Victoria, bien que des contrôles importants sur la vie des Aborigènes de Victoria aient persisté[3],[1].

Voir aussi

Références

Bibliographie

Liens externes

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