Loi virginienne de 1662 sur l'esclavage
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La loi virginienne de 1662 sur l'esclavage, édictée à la restauration anglaise après le retour au pouvoir du gouverneur William Berkeley a stipulé qu'une personne dont la mère était esclave est forcément esclave. Cette loi vise à décourager les relations sexuelles entre un maître et une esclave, jugées contraire aux bonnes mœurs et susceptibles de favoriser l'essor d'une population métisse.
La loi met fin à sept années où le principe inverse s'appliquait, la possibilité pour une esclave d'enfanter d'un bébé métis pouvant obtenir le statut d'homme libre de couleur, grâce à la jurisprudence Elizabeth Key. En 1655 la justice finit par donner raison à cette fille d'esclave par sa mère, née dans le comté de Warwick, en Virginie en 1630, dont le père était Thomas Key, un homme blanc, membre du conseil des bourgeois de Virginie, qui reçut une amende pour avoir eu un enfant avec une esclave[1].
L'affaire commença en 1636, alors qu'Elizabeth n'avait que six ans et que son père était retourné en Angleterre ou il décéda, après avoir confié l'enfant au grand-père, Humphrey Higginson, dans le cadre d'un contrat qui prévoyait qu'elle serait libre à partir de l'âge de 15 ans, en 1645, liberté qui lui sera ensuite contestée[2]. Humphrey Higginson vendit Elizabeth au Colonel John Mottram, qu'elle devait servir pendant neuf ans avant de devenir libre.
À la mort de Mottram en 1655, Elizabeth poursuivit en justice sa plantation, pour réclamer un statut de femme libre et finit par l'obtenir. D'abord jugée au niveau comté, l'affaire fut ensuite transmise à l'assemblée de Virginie, qui la renvoya devant le tribunal du comté. Elizabeth Key fut finalement déclarée "libre car la fille d'un père libre est libre", et épousa l'avocat qui l'avait défendue[1], avec qui elle eut deux enfants, John et William.