Longin (philosophe)
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Il est probablement Syrien de naissance, né dans la première décennie du IIIe siècle[1], neveu du rhéteur Fronton d'Émèse qui enseigna à Athènes, il voyagea dans sa jeunesse, et devint élève à l'École d'Alexandrie, où il reçut les leçons des néoplatoniciens Ammonios Saccas et Origène[2]. Il ouvrit à Athènes une école de rhétorique et de philosophie, qui attira de nombreux disciples. Il connaissait probablement le tout-venant d'Athènes, qu'il classait ultérieurement, à travers des banquets[3].
Il fut avant 263 le maître de Porphyre de Tyr, qui l'appelait « le plus grand critique de notre temps »[2]. Il passa ensuite à l'école de Plotin à Rome. Longin admirait vivement Plotin ; celui-ci, a contrario, estimait que Longin n'était pas un « philosophe », mais un « philologue » (non pas un « ami de la sagesse », mais un « ami des discours »)[4].
En 267, Zénobie, la reine de Palmyre l’appela auprès d'elle et le chargea de lui enseigner la littérature grecque ; il devint ainsi son principal conseiller dans son entreprise d'indépendance contre Rome. Les motivations de son soutien sont mal connues[5]. Vaincue par l'empereur Aurélien en 272/273, Zénobie fut épargnée mais plusieurs de ses proches furent mis à mort, y compris Longin[6].
Œuvres
Longin fut qualifié par Eunape de « bibliothèque vivante »[2]. On le considérait comme un expert en grammaire et un grand esprit, avec de grands talents de rhéteur et de philosophe[7]. Plotin le considérait comme un philosophe médiocre, tandis que les commentateurs postérieurs tels Eunape, saint Jérôme, Théophylacte et l'Histoire Auguste louèrent le critique littéraire bien plus que le philosophe[8], ce qui explique en partie que seule l'œuvre de grammaire de Longin survécut à l'époque byzantine[9].
Longin a composé plusieurs ouvrages, dans plusieurs domains et aussi des traités de philosophie dans lesquels il affirme son platonisme[10]. Les écrits sont perdus, certains ouvrages n'ont subsisté que par leurs titres, mentionnés par la Souda[11] :
- Œuvres philosophiques : Sur les principes (comme les Médio-Platoniciens, il en reconnaît trois : le Dieu, le Modèle et la Matière[12]) ; Sur la fin ; Contre Plotin et Gentilianus Amélius ; Sur l'Impulsion (contre la doctrine stoïcienne de l'âme[13]) ; Sur la Vie selon la Nature.
- Œuvres polémiques : Réfutation de Plotin critiquant le traité Sur les formes ; Réponse à la lettre d'Amélius.
- Commentaires, exégèse platonicienne : concerne le Timée, le Phédon, le Parménide et Phèdre. Leurs statuts est inconnu, ce sont potentiellement des ouvrages à part, des parties d'écrits ou des extraits de l'enseignement oral de Porphyre dont dépendent plusieurs fragments[14].
- Œuvres philologiques : Art Rhétorique. La structure rhétorique est proche d'Hermogène ou de la Rhétorique à Alexandre[15]. La transmission de l'ouvrage est fragmentaire. Plus d'une vingtaine d'extraits de rhétoriques attribués à Longin peuvent se connecter avec l'Art Rhétorique. Le fragment le plus long est présent dans un traité de rhétorique d'Apsinès[16].
- Critique littéraire et textuelle : Entretiens philologiques (au moins 21 livres[17]) ; Difficultés relatives à Homère ; Questions sur Homère avec leurs solutions ; L'admirateur des anciens ; Récits qui transgressent l'histoire et que les grammairiens présentent comme historiques ; Homère est-il un philosophe ? ; Sur les expressions présentant plusieurs significations chez Homère.
- Écrits grammaticaux, métriques, lexicographie : Commentaire au Manuel de métrique d'Héphestion (seul le début a été préservé, il traité du rythme et des syllabes[18]) ; Glossaire Attique ; Expressions utilisées par Antimaque et par Héracléon.
- Un discours, Odeinath.
- Des Chroniques et des Lettres.
Un développement sur la mémoire, attribué à Longin, n'est vraisemblablement pas de lui, car plutôt proche de la Rhétorique à Herennius[19].