Lorton Reformatory
ancien pénitencier américain
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Le Lorton Reformatory ou maison de correction[Notes 1] de Lorton en français, également connu sous le nom de Lorton Correctional Complex (complexe correctionnel de Lorton), est un ancien complexe pénitentiaire situé à Lorton, en Virginie, établi en 1910 pour le district de Columbia, aux États-Unis.
| Maison de correction de Lorton (en) Lorton Reformatory | |||
| Localisation | |||
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| Pays | |||
| États | |||
| Comté | Fairfax | ||
| Localité | Lorton | ||
| Coordonnées | 38° 41′ 53″ nord, 77° 15′ 17″ ouest | ||
| Géolocalisation sur la carte : Virginie
Géolocalisation sur la carte : États-Unis
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| Installations | |||
| Type | Secteur historique (en) et maison de correction | ||
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |||
Le complexe a débuté comme une ferme pénitentiaire appelée Occoquan Workhouse pour les délinquants non violents purgeant de courtes peines. Le district a établi un centre de redressement adjacent en 1914, puis un pénitencier fortifié construit par les détenus entre 1931 et 1938. Ce dernier constitue une section du centre de redressement à sécurité renforcée. Le complexe passe sous l'administration du Département des services correctionnels du district de Columbia lors de sa création en 1946.
Après de nouvelles expansions et 92 ans de service, l'établissement a reçu l'ordre de fermer à la fin des années 1990. Les derniers prisonniers ont été transférés en novembre 2001.
Lorton abrité également un bunker utilisé par le gouvernement de 1959 à 2001. Il contenait du matériel de communication d'urgence destiné à être utilisé en cas de guerre avec l'Union soviétique. Le centre de détention de Lorton accueillait aussi le site de missiles Nike W-64.
Histoire du pénitencier
1790 à 1911
À proximité du centre de redressement se trouve la propriété de William Lindsay, patriote de la guerre d'indépendance américaine, datant d'environ 1790 et connue sous le nom de Laurel Hill. Cette maison a servi de résidence au surintendant du centre de redressement[1].
En 1908, le président Theodore Roosevelt nomme une commission pénale spéciale chargée d'enquêter sur les conditions déplorables de la prison et de la maison de correction du district de Columbia, à Washington. La commission recommande une refonte complète de la philosophie et du traitement des prisonniers à Washington D.C. Le Congrès des États-Unis donne suite à cette recommandation et un centre pénitentiaire 1 155 acres (5 km2) terrain au nord de la rivière Occoquan est acheté en 1910 par le biais d'une procédure d'expropriation.
À partir de 1911, le complexe dispose de sa propre ligne ferroviaire, la Lorton and Occoquan Railroad, qui a fonctionné jusqu'en 1977.
Suffragistes, 1917
De juin à novembre 1917, plusieurs suffragistes de renommée nationale sont arrêtées alors qu'elles participent au piquet de grève des Silent Sentinels devant la Maison-Blanche. Elles sont détenues à la maison de correction d'Occoquan[2]. Environ 168 femmes, pour la plupart membres du National Woman's Party, subissent des mauvais traitements dans cet établissement. Certaines sont nourries de force après avoir entamé une grève de la faim. La nuit du est connue sous le nom de « Nuit de la terreur » en raison des tortures, des coups et des mauvais traitements infligés aux suffragistes emprisonnées, comme le raconte Doris Stevens[3].
Les scènes se déroulant à l'Occoquan Workhouse jouent un rôle central dans le film Iron Jawed Angels (2004), qui retrace l'histoire du National Woman's Party, d'Alice Paul, de Lucy Burns et d'autres figures du mouvement pour le droit de vote des femmes des années 1910.
1960, centre pour jeunes détenus
Le Centre accueillant des détenus âgés de 18 à 22 ans, ouvre ses portes en 1960 et a été créé en vertu de la loi fédérale de 1950 sur la réinsertion des jeunes (Federal Youth Corrections Act). L'idée initiale est que les jeunes détenus soient formés à un métier et/ou suivent une formation[4], pour voir leur casier judiciaire effacé. Il est situé à côté de la décharge du comté de Fairfax et à proximité de la ferme laitière de la prison[5]. Le bâtiment est conçu pour ressembler à un campus universitaire avec des dortoirs en espace ouvert. Puis des délinquants adultes plus âgés commencent à y être hébergés aux côtés des détenus plus jeunes. Eddie Dean, du Washington City Paper, écrit que le centre s'est éloigné de sa conception initiale avec « une insécurité maximale : surpeuplée et en sous-effectif, la prison de Lorton est condamnée à disparaître. » [6].
1970-1990, émeutes
Les bâtiments pénitentiaires des années 1930 sont construits par les détenus eux-mêmes, à partir de briques fabriquées sur place dans un four à partir d’argile provenant de la rivière Occoquan. Au départ, seule la section de haute sécurité est clôturée, mais elles sont étendues aux autres sections dans les années 1970, en raison des inquiétudes croissantes concernant les évasions[7]. Une série d'émeutes a secoué l'établissement dans les années 1970 et 1980, notamment un incident survenu en 1974 au cours duquel une centaine de détenus armés ont pris dix gardiens en otage, ainsi qu'une émeute en 1986 au cours de laquelle quatorze bâtiments ont été incendiés[8].
Années 2000, fermeture
L'établissement est reconnu comme vétuste et surpeuplé. Les derniers détenus quittent le pénitencier de Lorton à la fin de l'année 2001[12]. Les criminels du district de Columbia commencent à être incarcérés dans des établissements du Bureau fédéral des prisons. Le , le terrain est vendu au comté de Fairfax. La loi sur les établissements pénitentiaires techniques de Lorton (Lorton Technical Corrections Act), adoptée par le Congrès en octobre 1998 impose au comté d'élaborer, avant le transfert, un plan pour transformer le site en espaces verts, ou parcs de loisirs. Le site fait partie du quartier historique de la maison de correction et de la maison de rééducation de Washington depuis le 16 février 2006[4].
Galerie photos
- Une salle d'arcade dans la cour principale
- Une tour de guet
- Devant le pénitencier, plaque commémorative de la contribution des suffragettes à l'adoption du 19e amendement.
- Une dépendance
- Dépendances
- Le musée Lucy Burns
Workhouse Arts Center
En 2002, la Lorton Arts Foundation souhaite réutiliser les locaux de l'ancienne prison pour les transformer en un centre culturel et artistique, qui prendra le nom de Workhouse Arts Center[9]. En 2004, l'accord du Conseil des superviseurs du comté de Fairfax permet au projet de démarrer. Peu après la restauration commence. Les murs sont réparés, les pièces sont entièrement vidées et les hautes clôtures entourant la propriété démantelées[10].
En 2008, le Workhouse Arts Center accueille le public après quatre années consacrées à la construction et à la restauration de six bâtiments distincts, réunis en un pôle dédié aux loisirs et aux activités artistiques. La céramique, la photographie, la peinture, le théâtre, le cinéma et d’autres disciplines sont proposés. Des cours sont organisés dans la plupartdes disciplines proposées. Le Centre des arts abrite également des œuvres d'art[11].
Outre le Workhouse Arts Center, l'ancienne cour de la prison accueille désormais des terrains de baseball et de football. Comme il reste encore beaucoup d'espace disponible, il est possible d'aménager d'autres terrains de sport. Les anciens locaux sont accessibles en visite guidée[12], et des scènes ont été installées pour accueillir des troupes de théâtre locales. Des tours de garde entourent toujours le site.
Nouveau quartier résidentiel
Un article du New York Times décrit que « le comté a progressivement transformé le site en un parc et un terrain de golf, trois écoles et un centre artistique… Le complexe comprend désormais 165 appartements, dont 98 % sont loués, 157 maisons mitoyennes et 24 maisons individuelles, ainsi que des espaces commerciaux. En 2017, les locataires ont commencé à emménager, beaucoup d'entre eux étant attirés par des équipements tels qu'une piscine, une salle de sport ouverte 24 heures sur 24 et une salle de yoga. »[13],[14].
Le Musée Lucy Burns
Un musée dédié à la suffragiste Lucy Burns, membre du Parti national des femmes, a ouvert ses portes en 2020. Chaque année, en août, le musée organise des célébrations à l'occasion de la Journée de l'égalité des femmes[10].