Louis-Armand-Constantin de Rohan, chevalier de Rohan puis prince de Montbazon, né le [2],[3] à Paris et guillotiné le [4] à Paris, est un aristocrate, militaire, planteur et administrateur colonial français du XVIIIesiècle. Il est membre de la Maison de Rohan.
Alors qu'il vit encore dans les appartements parisiens de ses parents, il possède un jeune esclave du nom de Roch Aza[1].
Carrière dans la Marine royale
Nommé capitaine de vaisseau en 1758, à l'âge de 26 ans, il reçoit le commandement du vaisseau le Raisonnable[5]. Il appareille en mai dans la division du commandant Desgouttes qui doit se rendre à Louisbourg. Repéré par une division anglaise de 6 navires qui se lance à sa poursuite, il est rattrapé par deux vaisseaux contre lesquels il soutient un long combat avec de devoir baisser pavillon[5]. Libéré, il commande en 1759 le Bizarre avec lequel il participe à la bataille des Cardinaux (), et ensuite le Défenseur dans l’escadre de Blénac envoyée aux Antilles y apporter des renforts en 1762[5].
Sur place, Louis-Armand-Constantin de Rohan acquiert une plantation sucrière, l'habitation Prince, à Boucassin, paroisse de l’Arcahaye[6].
En tant que gouverneur, il entreprend immédiatement le rétablissement de la milice coloniale, malgré l'opposition des propriétaires d'esclaves, tous blancs de couleur. Des «Blancs antimiliciens et des hommes de couleur libres» se rassemblent alors en signe de protestation au début de 1769, et Rohan-Montbazon envoie les troupes royales pour les réprimer[7]. Bon marin mais piètre administrateur, tout comme son intendant M. de Bongars[8], il laisse Saint-Domingue en grand désordre au moment où Versailles le rappelle.
À partir de cette date, il cesse presque totalement de servir à la mer, ce qui ne l'empêche pas d'être promu vice-amiral de la flotte du Levant en [5]. Ces promotions masquent mal la disgrâce qu'il subit et qui a commencé sous le règne de Louis XV après son passage raté à Saint-Domingue. En 1789, depuis 23 ans (1766-1789), malgré ses sollicitations, tous les ministres successifs lui ont refusé un commandement de navire ou un poste colonial.
Affilié à la franc-maçonnerie[9], comme beaucoup de grands nobles de son temps, il était membre en 1773 de la loge Saint-Jean de Montmorency-Luxembourg.
Lorsque la Révolution éclate, il n'émigre pas et cherche avec empressement à «multiplier les preuves de son civisme»[5]. Il est cependant arrêté le , «suspecté non d'avoir fait le mal, mais de pouvoir le faire»[5]. Il est condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire le (5 thermidor an II) et exécuté le lendemain à Paris[5].
Vie familiale, et héritage
En 1771, il épouse Gabrielle Louise Rosalie Le Tonnelier de Breteuil (1725-?), veuve Charles Armand de Pons, et fille de François-Victor Le Tonnelier de Breteuil, marquis de Fontenay-Trésigny (1686-1743) et Marie Anne Angélique Charpentier. Il devient ainsi le beau-père de Marie-Antoinette-Rosalie de Pons qui est mariée depuis 1766 à Paul François de Quelen de la Vauguyon (1746-1828), duc de Saint-Mégrin, fils du duc de la Vauguyon (1706-1772) gouverneur des fils du Dauphin et de Marie-Françoise de Béthune (1712-1799).
Louis Moreri, Claude-Pierre Goujet, Étienne-François Drouet, Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, tome 9, Libraires associés, 1759, Paris, p.305