Louis-Henri de Loménie de Brienne
secrétaire d'État français
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Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne, né le à Paris et mort le à l'abbaye Saint-Séverin de Château-Landon est un homme politique, homme de lettres, traducteur, mémorialiste et amateur d'art du Siècle de Louis XIV.
Abbaye Saint-Séverin de Château-Landon
| Comte |
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 62 ans) Abbaye Saint-Séverin de Château-Landon |
| Activité |
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères |
| Période d'activité |
- |
| Famille | |
| Père | |
| Mère |
Louise de Béon du Massès |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Biographie
Issu de la famille de Loménie, originaire de Flavignac en Limousin, il est le fils de Louise de Béon et de Henri-Auguste de Loménie, secrétaire d'État aux affaires étrangères durant la minorité de Louis XIV.
Il est décrit ainsi par Voltaire dans Le siècle de Louis XIV :
« Il eut la vivacité de son père, mais n’en eut pas les autres qualités. Étant conseiller d’État dès l’âge de seize ans, et destiné aux affaires étrangères, envoyé en Allemagne pour s’instruire, il alla jusqu’en Finlande, et écrivit ses voyages en latin. Il exerça la charge de secrétaire d’État des affaires étrangères à vingt-trois ans ; mais ayant perdu sa femme, Henriette de Chavigny, il en fut si affligé que son esprit s’aliéna ; on fut obligé de l’éloigner de la société. Le reste de sa vie fut très malheureux. On a déchiré sa mémoire dans les derniers Dictionnaires historiques ; on devait montrer de la compassion pour son état, et de la considération pour son nom. »
Comme son père, il a écrit ses mémoires, publiés en 1828, par lesquels on apprit, entre autres, la façon dont Louis XIV annonça son désir de gouverner seul après la mort de Mazarin en 1661 :
« Nous étions huit en tout […]. Le roi […] adressa la parole à M. le Chancelier : « Monsieur, je vous ai fait assembler avec mes ministres et secrétaires d'État pour vous dire que jusqu'à présent j'ai bien voulu laisser gouverner mes affaires par feu M. le Cardinal ; il est temps que je gouverne moi-même. Vous m'aiderez de vos conseils quand je vous le demanderai […]. Je vous prie et je vous ordonne, M. le Chancelier de ne rien sceller en commandement que par mon ordre, et sans m'en avoir parlé. » »
Jugements contemporains
Saint-Simon le décrit ainsi dans ses mémoires : "Quelque temps après mourut M. de Brienne, l’homme de la plus grande espérance de son temps en son genre, le plus savant, et qui possédait à fond toutes les langues savantes et celles de l’Europe. Il eut de très bonne heure la survivance de son père, qui avait eu la charge de secrétaire d’État du département des affaires étrangères, lorsque Chavigny fut chassé. Loménie qui voulait rendre son fils capable de la bien exercer, et qui (sic) n’avait que seize ou dix-sept ans, l’envoya voyager en Italie, en Allemagne, en Pologne, et par tout le Nord jusqu’en Laponie. Il brilla fort, et profita encore plus dans tous ces pays, où il conversa avec les ministres et ce qu’il y trouva de gens plus considérables, et en rapporta une excellente relation latine. Revenu à la cour, il y réussit admirablement, et dans son ministère, jusqu’en 1664 qu’il perdit sa femme, fille de ce même Chavigny, et sœur de M. de Troyes, de la retraite duquel j’ai parlé, de la maréchale Clérembault, etc. Il l’avait épousée quatre ans après la mort de Chavigny. Il fut tellement affligé de cette perte que rien ne put le retenir. Il se jeta dans les pères de l’Oratoire et s’y fit prêtre. Dans les suites il s’en repentit. Il écrivit des lettres, des élégies, des sonnets beaux et pleins d’esprit, et tenta tout ce qu’il put pour rentrer à la cour et en charge. Cela ne lui réussit pas ; la tête se troubla, il sortit de sa retraite et se remit à voyager. Il lui échappa beaucoup de messéances à son état passé et à celui qu’il avait embrassé depuis. On le fit revenir en France, où, bientôt après, on l’enferma dans l’abbaye de Château-Landon. Sa folie ne l’empêcha pas d’y écrire beaucoup de poésies latines et françaises, parfaitement belles et fort touchantes, sur ses malheurs.[1] "
Amateur d'art
Louis-Henri de Loménie de Brienne rassembla une collection de petites antiquités et de tableaux. Il fit notamment partie des amateurs de Poussin, en écrivant notamment sa biographie avec Roger de Piles, tout en collectionnant certaines de ses œuvres notamment le Moïse enfant foulant aux pieds la couronne de Pharaon (Japon, collection privée). Sa collection rassembla aussi certaines œuvres de maîtres anciens, notamment La Sainte Famille, dit La Petite Sainte Famille autrefois attribué à Raphaël. Son goût se porta aussi sur les œuvres nordiques ou l'on trouve des œuvres de Van Dyck, Adriaen Brouwer, Van Laer etc[2]. Contraint de vendre sa charge de secrétaire d'Etat suite à d'importantes dettes, Henri de Loménie de Brienne dut également vendre certains tableaux de sa collection, notamment à Jabach, grand collectionneur et amateur d'art sous Louis XIV[3].
