Louis Alexandre Bachelet-Damville

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Décès (à 41 ans)
Leipzig (Drapeau de l'Allemagne Allemagne)
Mort au combat
OrigineDrapeau de la France France
Louis Alexandre Bachelet-Damville
Naissance
Saint-Aubin-lès-Elbeuf
Décès (à 41 ans)
Leipzig (Drapeau de l'Allemagne Allemagne)
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme Artillerie
Infanterie
Grade Général de brigade
Années de service 17921813
Distinctions Baron d'Empire
Officier de la Légion d'honneur

Louis Alexandre Bachelet-Damville est un général de la Révolution française et du Premier Empire.

Louis Alexandre Bachelet-Damville est un général français, né selon ses dires, repris par tous les auteurs, le à Saint-Aubin-lès-Elbeuf[1]. En réalité les registres paroissiaux de ce lieu ont enregistré le un enfant « né de ce jour », de Louis Bachelet et Marie Catherine Leplé, prénommé Louis Thomas Joseph[2]. Louis Alexandre est donc sans doute un prénom d’appel. Mais personne ne peut dire d’où lui venait le nom de Damville ou d’Amville, qu’il adopta plus tard. (Il signe Damville, mais lui-même orthographie parfois d’Amville dans des documents officiels). Certains historiens locaux ont avancé qu’il s’agirait peut-être d’un surnom (« d’en ville ») qui lui aurait été donné à l’armée et qu’il aurait adopté par la suite.

Né dans une famille très modeste, il fréquente seulement l’école primaire. Mais sa signature est assurée et, devenu adulte, il se montre capable d’écrire de belles lettres, sans aucune faute d’orthographe.

Enthousiasmé par la Révolution, il s’engage à 21 ans comme soldat au 1er bataillon de volontaires de la Seine-Inférieure, en . Pendant plus de 20 ans, il va se battre sur tous les fronts et ses états de service sont impressionnants[3], ce qui lui valut de figurer dans des dictionnaires du XIXe siècle[4].

Au sein de l’Armée du Nord (en 1792 et 1793), il combat d’abord dans les Ardennes, comme canonnier, sous les ordres du général La Fayette. En , il est canonnier à la 1ère compagnie d'artillerie de la section de la Fontaine de Grenelle, détachée au 38e d'infanterie. Il passe ensuite dans les régiments de ligne et progresse rapidement dans la hiérarchie militaire. En , il est déjà sergent-major, à la 1ère compagnie d'artillerie de la section de la Fontaine de Grenelle. Sous le commandement de Dumouriez, il combat à Neerwinden (1793), où celui-ci est battu. Mais ayant pris un canon à l’ennemi, le , il est nommé lieutenant de 2ème classe le . Blessé à la jambe gauche, au bois de Bonne-Espérance, près de Valenciennes, en , il est promu lieutenant de 1ère classe le .

Il fait ensuite la campagne de Hollande (1794) avec Pichegru.

Il est nommé capitaine à la 53e demi-brigade de ligne en 1795 et s’illustre durant le Siège de Mannheim (1795).

En 1796-1797, il semble avoir été affecté à l’Armée du Nord. Puis il combat en Vendée et est nommé capitaine le . Cependant, le Directoire ayant annulé, le 5 fructidor an V (), les nominations précédentes, il redevient lieutenant en , au 53e régiment de ligne.

En 1798-1801, il est aux armées d'Helvétie et du Rhin. Sept ans après être entré dans l’armée comme simple soldat, il devient, le , – à moins de 28 ans – aide de camp du général Vandermaesen, qui commande l’Armée du Rhin. Celui-ci le lui a demandé dans les termes suivants : « J’ai besoin d’être secondé par un officier qui joigne l’intelligence et la prudence à la bravoure, j’ai besoin d’un aide de camp, d’un ami, j’ai besoin de vous mon cher Bachelet pour servir auprès de moi en ces qualités (…) je vous salue et vous estime »[5]. Puis il combat en Allemagne. Le 2e jour complémentaire de l’an VII (), à Neckerau, près de Mannheim, à la tête d’un groupe de seulement 16 grenadiers de la 66e demi-brigade de ligne, il parvient à capturer 276 grenadiers hongrois[6]. Mais le lendemain (), il est blessé par une balle qui lui traverse le pied droit et fait prisonnier à son tour.

« Rendu sur parole » le , il rentre en France et est adjoint au général de division Klein, le . L’année, suivante, en , il reprend ses fonctions d'aide de camp du général Vandermaesen, jusqu'en .

En , il est rendu à la vie civile (« admis au traitement de réforme »), avec une pension d’invalide, du fait des blessures reçues. Mais il ne supporte pas l’inaction[7]. Après neuf mois d’interruption (du au ), il parvient à intégrer l’Armée des Côtes de l'Océan, comme adjoint à l'état-major de la 1ère division de dragons du général Klein, qu’il retrouve donc.

Devenu en 1804 adjoint à l’état-major au quartier général à Paris, il adresse le 18 prairial an 12 () une lettre à Bernard Germain de Lacépède, professeur d’histoire naturelle, alors membre du Sénat et surtout Grand chancelier de la Légion d’honneur, pour lui demander d’être admis dans cet ordre prestigieux[6]. Sa conduite lui vaut enfin les insignes de chevalier de la Légion d’honneur ()[8].

Entre temps, il a intégré, le , la Grande armée. Le , il est nommé chef de bataillon, adjoint à l'état-major, puis adjudant-commandant en 1809.

Il s’illustre à nouveau à la bataille d’Iéna, le , durant laquelle il est blessé de sept coups de sabre et fait prisonnier (mais libéré un peu plus tard) et d’Heilsberg, le , où il est blessé de dix coups de sabre et de lance et fait prisonnier à nouveau, cette fois par les Russes. Il est libéré par eux à l’occasion de l’entrevue et de la signature des traités de Tilsit () entre le tsar Alexandre Ier et Napoléon Ier. Il a alors l’honneur d’être présenté par le grand duc de Berg (Murat) à Napoléon, « qui daigna l’accueillir, ainsi que la demande qui fut faite en sa faveur » par le grand duc pour qu’il devienne officier de la Légion d’honneur[6]. Mais cette démarche n’aboutit pas.

Il fait ensuite la Guerre d'Espagne, de 1808 à 1812. D’abord affecté, en , à l'état-major du 1er corps, il devient en adjudant-commandant, chef d'état-major de la 1ère division de dragons sous les ordres de Victor de Faÿ de Latour-Maubourg, puis en novembre de la même année chef d'état-major de la réserve de l'armée d'Andalousie[9], toujours sous La Tour-Maubourg[10].

Au nom de ce général, Bachelet Damville est chargé des négociations préalables et de la rédaction de l’acte de capitulation des forts et citadelle d’Albuquerque, daté du [11]. Il se fait également remarquer, alors qu’il est chef d’état-major de la réserve de cavalerie, à la bataille de la Gebora. Le maréchal Soult le propose pour le grade de « commandant de la Légion d’honneur »[12].

Sa demande de promotion au grade d’officier de la Légion d’honneur est appuyée par son chef, qui le qualifie d’ « officier de mérite et couvert de blessures »[6] et rappelle : « À son passage à Chalons sa majesté daigna accueillir la même demande [d’être admis au grade d’officier de la Légion d’honneur]. Je supplie son excellence, Monsieur le grand chancelier de la Légion d’honneur de prendre en considération la demande renouvelée en faveur de Monsieur l’adjudant-commandant Bachelet D’Amville », écrit le général de Latour-Maubourg, lui-même baron d’Empire et commandeur de la Légion d’honneur. Il obtient enfin cette distinction le . Il est à nouveau blessé, d'un coup de feu à la jambe gauche, le .

Lors de la retraite de Russie, il se distingue à Dantzig : « Les Russes parurent presque immédiatement », raconte le général Rapp, qui commandait la place. « Le général Bachelet eut avec eux un engagement des plus vifs. Ils se répandirent autour de la place et le siège commença[13]. » Mais, apparemment, Bachelet Damville ne rentre pas dans Dantzig et parvient donc à s’échapper. Napoléon Ier le fait baron d’Empire, le . Cependant, en ce qui le concerne, ce titre n’était qu’une distinction militaire : ne possédant ni terres, ni richesses, il n’a jamais été à proprement parler anobli et n’eut pas la possibilité de faire une demande d’armoiries.

Nommé général de brigade le , sous Macdonald , il passe le à la 42e division d'infanterie du corps d'observation de Bavière[9] et combat encore durant la campagne d’Allemagne (1813). Puis il commande, en , la 2ème brigade de la 22e division Friederichs, du 6e corps avant de prendre le commandement, de la 1ère brigade de la 10e division du général Joseph Jean-Baptiste Albert. C’est à ce poste qu’il est tué, lors de la terrible bataille de Leipzig[14] (dite « Bataille des Nations ») le , au village de Gossa . Les combats durèrent du 16 au  ; plus de 60 000 soldats français, dont 12 généraux, périrent.

Il marcha sur le village de Gossa, en enfonçant le corps d’armée du général russe Gortchakov. Mais une division prussienne se porta à sa rencontre, réussit à arrêter la progression de la colonne française et reconquit le village. À plusieurs reprises, le général Bachelet tenta de s’en emparer à nouveau. C’est alors qu’il fut atteint mortellement par un obus[15]. Un officier en fut témoin : « (…) au moment où nous devenions maîtres du village pour la 2ème fois, le brave général Bachelet-Damville tomba mort à mes côtés. À 8 h du soir, nous fûmes contrain(t)s à quitter le village qui nous fut repris[16]

Son nom est gravé aujourd’hui sur les célèbres « tables de bronze » de la Galerie des batailles au château de Versailles, rappelant la mémoire des maréchaux et généraux illustres[17]. En revanche, il ne figure pas parmi les 653 noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile, comme d’ailleurs plusieurs centaines d’autres généraux, faute de place (tant les généraux ayant combattu sous la Révolution et l’Empire étaient nombreux), faute aussi, certainement, de notoriété suffisante et d’un réseau de relations capable de faire vivre sa mémoire lorsque furent sélectionnés dans les années 1836-1840, les noms des militaires finalement retenus[18]. Une rue de Saint-Aubin-lès-Elbeuf porte aujourd’hui son nom.

La caserne Bachelet Damville à Elbeuf

Bibliographie

Notes et références

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