Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne
diplomate et homme politique français
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Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne (Sens, - Caen, ), est un diplomate et homme politique français.
| Député de l'Yonne | |
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| - | |
| Préfet de police de Paris | |
| 14 - | |
| Directeur général des Postes | |
| avril - | |
| Ministre plénipotentiaire | |
| - | |
| Ministre d'État | |
| Conseiller d'État |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Domicile |
Hôtel Bourrienne (- |
| Formation | |
| Activités |
Homme politique, envoyé, fonctionnaire, diplomate, militaire, écrivain |
| Enfant |
Émilie Louise Fauvelet de Bourrienne (d) |
| Parti politique | |
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| Conflit | |
| Distinctions |
Biographie
Origines
Sa famille appartient au patriciat de la ville de Sens (Yonne) depuis le XVe siècle. Elle entre notamment en possession du petit fief de Bourienne, situé à Marsangy, village en amont de la cité. Ce fief sera attribué à une branche du lignage. Il est admis à l'École militaire de Brienne en Champagne avec Napoléon Bonaparte et s'y lie avec lui d'une étroite amitié en . Montrant peu d'aptitudes à la carrière militaire, il trouve un poste de secrétaire à l'ambassade de France à Vienne en avec une recommandation pour le marquis de Noailles[1]. Il part ensuite étudier le droit et les langues étrangères à Leipzig puis Varsovie et à nouveau à Vienne. Il rentre en France en 1792, retrouve Bonaparte et les deux assistent à l'émeute du [1]. Il repart à Stuttgart mais à la chute de la royauté il est inscrit dans la liste des émigrés. Il se marie à Leipzig et retourne à Paris en [1]. Il fit de la prison en deux occasions pour avoir été, tour à tour, accusé d'être un révolutionnaire jacobin en Saxe en [2] et un émigré en France en 1796[3]. Il doit à l'amitié de Bonaparte d'avoir été remis en liberté[4] lorsque ce dernier écrit un mot de recommandation à Merlin, ministre de la justice[1].
Consulat et Empire
Lorsque Bonaparte est nommé général en chef de l'Armée d'Italie, Bourrienne le retrouve à Leoben en et devient son secrétaire particulier[1]. C'est lui qui rédige le traité de Campo-Formio[4]. Se rendant très utile dans ses fonctions, il rentre dans l'intimité du futur Empereur, se tenant constamment à ses cotés assis à son bureau. Il suit Bonaparte en Egypte, assite au Coup d'État du 18 Brumaire et l'accompagne lors de la seconde campagne d'Italie[1]. Des liens très forts l'unissent alors avec les Bonaparte ; le Joséphine et Cambacérès sont parrains d'un de ses enfants[5]. Par arrêté du [6]Il devient conseiller d’État en service extraordinaire[7]. Ses activités ne l'empêchent pas de déjà tremper dans des affaires louches et il reçoit des subventions de Fouché en échange de quelques renseignements confidentiels[1]. Il perd sa place en [8] pour s'être intéressé à une affaire commerciale frauduleuse avec les frères Coulon[9] impliquant l'équipement de la cavalerie[10]. En , à Sainte-Hélène, Napoléon commenta :
« Bourrienne, un jour, fondant presque en larmes, me demanda de lui prêter un million.
-Et pourquoi? dis-je.
-Je veux tout vous dire.
Et il me conta l'embarras où étaient ses affaires.
-Comment! Vous étiez de moitié avec ces fripons qui me volent et vous étiez mon secrétaire! Sortez d'ici! Je ne l'ai plus revu. Je fis bien, mais j'eusse dû lui dresser le derrière et l'emprisonner »
— Général Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène[11].
Cependant, en souvenir de leur amitié passée[12], au printemps 1805, Napoléon l'envoie comme chargé d'affaires à Hambourg, avec mission de veiller à la scrupuleuse application du blocus continental. Bourrienne, qui prétendra a posteriori dans ses Mémoires avoir éprouvé un dégoût profond pour ces mesures tyranniques, s'arrangea secrètement avec certains industriels saxons. Sa cupidité sans borne[13] l'amena à commettre des exactions au détriment du Sénat de Hambourg et du duc de Mecklembourg[4]. Au début du printemps 1807, sommé par Napoléon d'acheter dans des délais très brefs une grande quantité de manteaux pour les troupes françaises stationnées en Prusse Orientale, il n'aurait vu comme seul moyen un approvisionnement auprès de fournisseurs britanniques[14]. Cette fraude vaudra son rappel en 1813[15], l'empereur accusant Bourrienne d'avoir spéculé sur l'introduction de marchandises anglaises interdites[16],[17]. Contraint de rembourser 1 million de francs au trésor[18] il s'enfuit pour vivre en Allemagne puis en France, mais toujours d'affaires douteuses[4].
Restauration
En 1814, il se rallie aux Bourbons. Nommé par Talleyrand, son complice dans bien des affaires douteuses, il devient directeur des postes, fonction que Louis XVIII lui retire rapidement. Le il devient préfet de police et ordonne l'arrestation de Fouché[4]. Lors de l'épopée des Cent-Jours, Napoléon l'exclut nominativement de l'amnistie[19]. Il suit alors Louis XVIII à Gand, et, à la Seconde Restauration, devient député de l'Yonne. Il siège avec les ultras lors de différentes législatures jusqu'en [20]. Des spéculations malheureuses l'obligent à s'exiler en Belgique et se réfugier au Château de Fontaine-l'Évêque chez la duchesse de Brancas[4].
La révolution de juillet 1830 et la perte de sa fortune, qui en fut la suite, égarèrent sa raison. Interné par sa famille dans un asile d'aliénés il décède le [4]
Œuvres
- Louis-Antoine Fauvelet de Bourrienne, Mémoires de M. de Bourrienne sur Napoléon, le Directoire, le Consulat, l'Empire et la Restauration, Paris, Ladvocat, 1829-1831 (réimpr. Garnier & Fr., 1899), 10 volumes in-octavo (lire en ligne)
Ces Mémoires de Bourrienne sont signalés par le Dictionnaire Bouillet comme intéressants, mais ne sont pas exempts pour lui de partialité. L'ouvrage, pour lequel il avait compilé des notes[21], aurait été rédigé, selon Jean Tulard « maître des études napoléoniennes »[22], et bien d'autres spécialistes, par M. de Villemarest[23]. Jean-Antonin Bulos, éditeur scientifique, Survilliers, Stein, et Nicolas Massias, ont publié dès 1830 une analyse critique de ce document : Bourrienne et ses erreurs volontaires ou involontaires (2 volumes, in-12°)[24]. De nombreuses hautes figures de l'Empire telles que : Gourgaud, Davout, le roi Joseph, et Méneval participèrent à cette analyse critique [4].
Hommage
La ville de Sens lui doit pour une large part, le rétablissement d'un établissement d'enseignement secondaire : le lycée de Sens. Il succède au collège fondé au début du XVIe siècle. Sa gratitude s'exprime par l'apposition d'une plaque sur l'hôtel familial en centre-ville.
Armoiries
D'azur à trois levrettes d'argent[25].
Distinctions
- Chevalier de la Légion d'honneur[26] () ;
- Chevalier de l'Ordre royal de l'Étoile polaire de Suède[25]