Louis Baril, né le à Nice et mort le à Beyrouth (Liban), est un militaire français, spécialiste du renseignement. Son rôle est particulièrement sensible après l'armistice de 1940, où il participe au maintien d'une équipe de renseignement au sein de l'armée de Vichy. Il prépare, comme une partie de cette armée, la résistance et la revanche, malgré la politique de collaboration du maréchal Pétain, devenu chef de l'État. Finalement muté en Afrique du Nord, il meurt dans un accident d'avion en se rendant au Liban.
Membre du deuxième Bureau à partir de 1932, il dirige la section allemande (section chargée du renseignement sur l'Allemagne), de ce bureau de l’état-major de l’armée, presque sans discontinuer jusqu'en 1939. Ses rapports sur le réarmement outre-Rhin[2] n'alarment malheureusement pas l'état-major, trop confiant. Devenu chef du 2ebureau du front Nord-Est, il est promu lieutenant-colonel en , continuant son action de renseignement et participant également aux études sur Enigma côté français.
Le , il est nommé chef du 2ebureau de l'état-major de l'armée de terre. Il est alors en contact avec les différents mouvements de résistance, qu'il soutient, au sein de cette armée de Vichy. Concernant son activité de renseignement, il se coordonne ainsi avec les équipes de contre-espionnage du colonel Rivet, organisées dans une structure officielle, qui en dissimule une autre, non officielle. La structure officielle est celle du Bureau des menées antinationales (BMA) , négociée avec les Allemands et ciblant théoriquement les Britanniques, les gaullistes et les communistes. Cette structure cache un service de contre-espionnage offensif, contre les espions de l'Axe, dirigé par le commandant Paillole, et camouflé dans une entreprise de Travaux Ruraux (TR)[3]. Au départ de leurs actions, Henri Frenay, Robert Guédon, Pierre de Froment, sont parrainés par le colonel Baril. Frenay et Paillole sont des amis proches de Baril. Louis Baril participe également à un discret Comité directeur de la résistance dans l'armée[3]. À la suite de l'ouverture du front de l'Est par les Allemands (dans le cadre de l'opération Barbarossa) et à l'attaque des Japonais contre Pearl Harbor, il écrit à ses supérieurs sa conviction que les forces de l'Axe ne peuvent plus gagner le conflit, désormais mondial[4]. Il annonce également la volonté du troisième Reich d'obliger des centaines de milliers de travailleurs français à participer en Allemagne à l'effort de guerre[3]. Devenu gênant pour les partisans d'un rapprochement avec l’Allemagne, il est relevé de son poste en [3] et éloigné de Vichy: il est muté en Afrique-du-Nord.