En 1789, il est élu, au sein du Bailliage du Vermandois à Laon, député du clergé aux États généraux de 1789. Dans un premier temps, il n'est pas défavorable aux réformes proposées, jusqu'aux Journées d'octobre où sa position se durcit contre l'ampleur que prenait la Révolution. Il rejoint également un groupe de 49 évêques français qui émet des réserves sur la constitution civile du clergé, notamment sur les mentions relatives aux spirituels et demande qu'un avis du pape soit demandé et pris en compte. À la fin de l’année 1789, il est remercié par le conseil municipal de Laon pour avoir fait venir du blé dans la région[3].
Il est membre également du salon français, club contre-révolutionnaire. En 1790, Monseigneur de Sabran dépose un projet d’évasion, préparé au sein de ce club, entre les mains de Madame Elisabeth[4].
Il adopte alors une attitude d’opposition condamnant l’ingérence du pouvoir temporel dans le domaine spirituel. Cette attitude lui vaudra, en , une dénonciation devant le Directoire départemental pour avoir nommé un vicaire à Chevennes, alors que son diocèse n’existe plus[5] et également des attaques de Camille Desmoulins, dans son journal «les Révolutions de France et de Brabant». Le , Talleyrand consacre Claude Marollesévêque constitutionnel de l'Aisne, provoquant ainsi un schisme. Pourtant Monseigneur de Sabran n'appelait pas les prêtres à refuser de prêter serment à la constitution civile du clergé mais à émettre une réserve sur leur serment, comme l'illustre cette lettre du : «Je pense que vous ne devez pas refuser de prêter le serment civique en ce qui concerne la constitution politique de l’État, mais en exceptant, par une disposition particulière, tous les objets qui dépendent essentiellement de la puissance spirituelle»[6]. Il condamne alors les actes de cet évêque constitutionnel et rejoint le clergé réfractaire.
En avril1791, il est contraint à l'exil mais il continuera à suivre les affaires de son diocèse et d'y ordonner des prêtres réfractaires. De 1791 à 1795, il voyage beaucoup entre les Pays-Bas, l'Angleterre et la Prusse. De 1795 à 1798, il est auprès de Louis XVIII à Brunswick. En 1798, il cesse de s'intéresser aux affaires de son diocèse et s'installe à Prague, jusqu'en 1800, date à laquelle il rejoint Vienne. Il s'y oppose au Concordat de 1801. Il quitte la ville en 1803 pour Lançut en Pologne chez les princes Lubomirski où il décède le sans revoir la France[7].
↑Bibl. munic. de Laon, 7 CHI 46. Feuillet de 4 pages in 8 O, contenant la lettre des curés et la réponse de l’évêque.
↑Armand Jean, Les Évêques et les archevêques de France depuis 1682 jusqu'à 1801, Paris et Mamers, 1891, p.325
Voir aussi
Bibliographie
Peronnet (Michel C.), Les évêques de l’Ancienne France (Thèse présentée devant l’Université de Paris IV -le -) Atelier de reproduction de Lille III, Lille 1977, 2 tomes.