Louis Machuel
orientaliste français
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Louis Machuel, de son nom complet Louis Pierre Machuel, né le à Alger[1] et mort le [2], est un orientaliste français.
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| Décès |
(à 74 ans) |
| Nom de naissance |
Pierre Louis Machuel |
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Biographie
Né dans une famille originaire de Saint-Michel-de-Saint-Geoirs[3] et arrivée en Algérie après sa conquête par la France[2], son père est directeur des écoles franco-arabes de Constantine et Mostaganem et professeur au collège impérial franco-arabe d'Alger[4]. Il apprend l'arabe en fréquentant notamment l'école coranique (kouttab) puis le lycée d'Alger, où son professeur d'arabe est un disciple d'Antoine-Isaac Silvestre de Sacy[2]. Après avoir obtenu un certificat d'aptitude à l'enseignement de l'arabe[2], il enseigne notamment au collège impérial de Constantine et au lycée d'Alger[4],[2].
Après avoir effectué une mission d'information et d'études en Tunisie en 1880, concernant l'université Zitouna et le collège Sadiki, il en devient en 1883 le directeur de l'instruction publique à l'initiative du résident général Paul Cambon[2]. Il s'attèle dès lors à la mise en place d'un système d'enseignement laïc, les écoles franco-arabes, et à la formation de leurs maîtres, organisée dès 1884 au nouveau collège Alaoui[2]. Dans ce contexte, il cherche à convaincre les tenants conservateurs de l'enseignement traditionnel d'encourager cette nouvelle forme d'enseignement bilingue mais fait face à l'hostilité de personnalités comme Salah Chérif ou Abdelaziz Thâalbi qui le critique dans La Tunisie martyre[4].
En parallèle, Machuel valorise l'enseignement de la Zitouna auprès de l'administration et fait adopter les programmes scolaires français au collège Sadiki[2]. Il organise l'inspection des écoles coraniques[4] et crée une chaire publique de langue et littérature arabe en 1884[2], une école de formation des maîtres des écoles coraniques[2] et l'Institut de Carthage dont il prend la direction de la section orientaliste[4] en 1894, un établissement d'enseignement professionnel en 1898 ou encore la Khaldounia en 1896[2].
En plus de ses activités professionnelles, il publie plusieurs ouvrages dont une méthode d'enseignement de l'arabe dialectal ou encore des monographies sur l'éducation en Tunisie[2].
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1887[1].
Nommé inspecteur général de l'enseignement primaire en 1895, il prend sa retraite en 1908 avec le titre d'inspecteur général honoraire[1], tout en continuant de défendre le principe du bilinguisme. Mort le , il est enterré au cimetière de Radès, dans un tombeau de style mauresque avec un verset du Coran en frontispice[2].
Vie privée
Publications

- Manuel de l'arabisant ou Recueil de pièces arabes, vol. I, Alger, Adolphe Jourdan, , 261 p. (lire en ligne)
- L'Enseignement public dans la régence de Tunis, Paris, Imprimerie nationale, , 75 p.
- Grammaire élémentaire d'arabe régulier, contenant des tableaux pour la conjugaison de tous les verbes irréguliers et des modèles d'analyse, Alger, Adolphe Jourdan, , 239 p.
- Méthode pour l'étude de l'arabe parlé, Alger, Adolphe Jourdan, , 462 p.
- Méthode de lecture et de langage, à l'usage des élèves indigènes et étrangers des colonies françaises, Paris, Armand Colin, , 272 p.
- L'enseignement public en Tunisie (1883-1906), Tunis, Imprimerie rapide, , 187 p.
- Le guide de l'interprète : recueil de lettres arabes administratives, judiciaires, et personnelles, de circulaires et de rapports, accompagnés d'un vocabulaire des mots contenus dans les textes, Tunis, Imprimerie rapide, , 183 p.
- Vocabulaire des principaux termes techniques de la grammaire arabe, Tunis, Imprimerie rapide, , 72 p.
- L'arabe sans maître ou guide de la conversation arabe en Tunisie et en Algérie à l'usage des colons et des voyageurs, Paris, Librairie Armand Colin, .
- L'arabe sans maître ou guide de la conversation arabe en Tunisie, en Algérie et au Maroc, à l'usage des colons, des militaires et des voyageurs, Paris, Armand Colin, , 144 p.