Louis Vésignié

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Naissance
Nom de naissance
Jean-Paul-Louis VésigniéVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Louis Vésignié
Louis Vésignié vers 1922-1926
Fonctions
Président
Société préhistorique française
-
Maurice Exsteens (d)
Président
Société d'anthropologie de Paris
Président
Société préhistorique française
-
Paul Royer (d)
Président
Société française de minéralogie et de cristallographie
Christophe Gaudefroy (d)
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jean-Paul-Louis VésigniéVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Formation
École polytechnique
École d'application d'artillerie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Membre de
Arme
Artillerie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Grade militaire
Colonel (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Distinctions

Louis Vésignié, né le à La Ciotat (Bouches-du-Rhône) et mort le à Paris, est un colonel d'artillerie et minéralogiste autodidacte français qui a rassemblé la plus importante collection privée de minéraux dans la première moitié du XXe siècle.

Militaire

Louis Vésignié est né le à La Ciotat d'Octave Vésignié et Marie Chancel[1]. Son père a dirigé les Messageries impériales entre 1864 et 1884[2],[3].

Vésignié étudie à l'école de Saint-Ignace à Paris[4], puis comme son père[5], il intègre l’École polytechnique, dont il sort premier de la promotion 1891[6]. Il choisit de servir dans l'artillerie en poursuivant sa formation d'élève officier à l'école d'artillerie de Fontainebleau[7],[8]. Il rejoint ensuite la 2e batterie du 22e régiment d'artillerie comme lieutenant[9]. En 1900, il est à la 10e batterie du 22e régiment d'artillerie[10].

La même année, Vésignié épouse à l'église Saint-Augustin Alice Gayraud (1878-1944), fille de Georges Gayraud, avocat à la cour d'appel de Bordeaux[11]. Le couple n'aura pas de descendance[12],[13],[14].

Il est promu capitaine au 25e régiment d'artillerie en 1902[3],[15]. En 1903, il est affecté à l'atelier de construction de Bourges. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du [16].

Au commencement de la Première Guerre mondiale, il est capitaine au 3e régiment d'artillerie et participe aux combats de Morhange, Lunéville, Ypres, Soissons, Reims, etc. Il est promu chef d'escadron en 1915 et entre à l'État-major en 1917. Il est grièvement blessé par un obus à ypérite (gaz moutarde) en . Il passe les dernières semaines du conflit au sein du 278e régiment d'artillerie[17].

Au cours de la guerre, il reçoit la croix de guerre avec trois citations à l'ordre du corps d'armée les , et [8] :

« Officier supérieur de haute valeur et d'une bravoure à toute épreuve. Le , une de ses batteries venant d'être prise sous un violent bombardement et éprouvant des pertes sensibles, s'est porté immédiatement à l'emplacement de cette batterie et en l'a quitté qu'après achèvement du tir ennemi. »

« Venu avec son groupe pour renforcer une artillerie dans des conditions matérielles difficiles. Le 11 juillet 1918, s'est signalé par son entrain, son activité méthodique et sa précision et a pris une large part aux succès du 9e corps d'armée. »

Après la signature du traité de paix à Versailles le entre l'Allemagne et les Alliés, Vésignié est affecté au 37e régiment d'artillerie de campagne portée à Bourges[18]. En 1920, il est élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur[19] puis deux ans plus tard, il est promu lieutenant-colonel à l'état-major particulier du Centre d'instruction automobile de Fontainebleau, avant de le commander[20],[21]. Il termine sa carrière militaire au rang de colonel et prend sa retraite la même année (1926)[22],[23].

Collectionneur

Il commence dès l'enfance à collectionner des minéraux :

« Il se plaisait à rappeler combien fut grande sa joie le jour où son père, pour le récompenser de son bon travail, lui donna 5 francs pour acheter des cristaux de quartz et d'anatase de l'Oisans[23] »

En tant qu'amateur éclairé, Louis Vésignié se passionne pour la minéralogie, la préhistoire et l'ethnographie en consacrant une partie de sa vie et de son argent[note 1] à constituer une collection de minéraux considérée comme l'une des plus importantes collections constituées par un particulier, en quantité (48 000 pièces) ainsi qu'en qualité[23],[24],[25],[26],[27]. La collection Vésignié couvre toutes les familles de minéraux (roches sédimentaires, roches silicatées, gîtes métallifères, minéraux des gisements salifères, etc.). Elle comprend également des pierres précieuses et des météorites[23],[28]. Vésignié est aussi l'un des principaux acquéreurs de pièces préhistoriques[29],[28].

Vésignié est membre de nombreuses sociétés savantes françaises et étrangères. Il devient membre de la Société française de minéralogie et de cristallographie en 1908, société dont il assure la vice-présidence en 1925 et la présidence en 1938. Il préside également la Société préhistorique française à deux reprises, en 1932 et 1948, et préside la Société d'anthropologie en 1938[23].

Malade durant les dernières années de sa vie, Vésignié organise la transmission de sa prestigieuse collection[23]. En 1953, il donne une cinquantaine de pièces au laboratoire de minéralogie de la Sorbonne afin d'aménager une vitrine pour le troisième congrès de l'Union internationale de cristallographie organisé en à Paris. Selon Pierre Bariand, Vésignié « collectionnait pour enrichir le patrimoine national », d'où le fait d'avoir légué la meilleure partie de sa collection à deux institutions françaises : 5 000 échantillons au Muséum d'histoire naturelle et 3 000 échantillons à la Sorbonne[27]. Ses héritiers vendent le reste de la collection aux deux établissements pour la somme de quatre millions de francs[23],[30],[27]. Dans ses mémoires, Pierre Bariand, conservateur de la collection des minéraux de l'Université de Paris et l'Université Pierre-et-Marie-Curie de 1956 à 1998, rend compte du déménagement des collections[27] :

« Les minéraux et les caisses de la cave furent transportés par des véhicules du personnel du Laboratoire et du Muséum vers leurs destinations finales. Le Laboratoire hérita de quatre grands meubles en acajou comportant tiroirs et vitrines, le Muséum de deux meubles à tiroirs seulement. Ce mobilier fabriqué spécialement par les établissements Deyrolles (un des deux naturalistes parisiens, fournisseurs de minéraux de l'époque) était peu pratique.

En effet, les tiroirs de grande taille, chargés lourdement de minéraux, étaient peu faciles à manier. Les caisses furent entreposées dans la cour de l'atelier du laboratoire et c'est le personnel qui en fit le déballage et le tri. Le Colonel parlait toujours des richesses des caisses en minéraux spectaculaires (azurite, dioptase, etc.) : amère déception, rien de tout cela ne fut découvert et l'on constata que des caisses jamais ouvertes après leur acquisition, ne contenaient des échantillons intéressants qu'en surface. En fait, les vendeurs flairant la bonne affaire commerciale avaient souvent trompé la confiance du collectionneur. »

Décès et hommages

Veuf depuis dix ans, Louis Vésignié meurt le en son domicile du 22 rue du Général Foy (Paris 8e) à l'âge de 84 ans[31],[32]. Jean Orcel, professeur au Muséum national d'histoire naturelle, rédige sa nécrologie au nom de la Société française de Minéralogie et de Cristallographie où il souligne « l'immense regret de perdre [...] l'un de ses membres les plus fidèles et les plus chers »[23].

Pour rendre hommage à Vésignié, Claude Guillemin donne le nom de vésigniéite (de) à un nouveau minéral en 1955[33] :

« Au cours de recherches sur les vanadates cuprifrères naturels, nous nous sommes aperçu que les spécimens libellés "calciovolborthite", provenant de Friedrichsrode, en Thuringe, ainsi que la plupart des échantillons de "volborhite" de l'Oural, étaient en réalité formés par une espèce nouvelle : vanadate basique de cuivre et de baryum. Nous avons dédié ce minéral à la mémoire du colonel Vésignié, à qui nous devons la plupart des spécimens que nous avons étudiés. »

Distinctions

Collections publiques

Publications

Notes et références

Voir aussi

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