Musée des minéraux de Sorbonne Université
musée à Paris, France
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Le musée des minéraux de Sorbonne Université, aussi connu sous le nom de collections de minéraux de Sorbonne Université, est un musée universitaire implanté sur le campus Pierre-et-Marie-Curie ouvert au public en 1970 afin de présenter l'une des plus anciennes collections de minéraux de France. Près de 1 000 espèces minérales différentes y sont exposées.
Le musée
La collection de minéraux de Sorbonne Université est installée sur le campus Pierre-et-Marie-Curie depuis 1970[1],[2]. Il est l'un des trois musées ouverts aux publics de l'université, avec le biodiversarium de Banyuls et la maison Poincaré[3]. La collection de minéraux est considérée comme un musée de premier plan dans son domaine avec de nombreuses pièces originales et esthétiques, plusieurs types (spécimens qui ont servi à la découverte de nouvelles espèces minérales) et pièces rares[4]. Elle conserve également un fond dédié à la recherche et à l’enseignement.
Au total, la collection compte près de 16 500 échantillons[5], 1 000 espèces minérales sur plus de 6 000 connues dans le monde[2], ainsi que plusieurs ouvrages historiques, modèles cristallographiques et instruments scientifiques. Seule une partie de la collection est exposée au public.
L'espace d'exposition est divisé en deux salles. La première comprends 24 vitrines panoramiques, regroupant les minéraux selon leur composition chimique, ainsi que 14 vitrines latérales dédiées aux expositions temporaires, aux nouvelles acquisitions et aux minéraux de grande taille issues des cinq continents[6]. La deuxième salle, plus petite, est dédiée au minéraux radioactifs.
Historique
Création de la collection début XIXe siècle
La toute première chaire de minéralogie est créée le par décret impérial, au sein de la faculté des sciences de Paris[7]. René-Just Haüy, professeur au Jardin du Roi (Muséum national d'Histoire naturelle) et à l’École des mines[8] est alors nommé à sa tête. François-Sulpice Beudant lui succède de 1822 et 1840. Une facture signée de sa main et conservée dans les archives de Sorbonne Université, indique que Beudant obtient en 1823 l'achat de 1 146 échantillons pour un montant de 5 526 francs[9]. Grâce à cette collection, il reprend la classification des minéraux initiée par Jean-Baptiste Romé de l'Isle et y introduit les progrès récents de la chimie[10]. Il publie son traité élémentaire de minéralogie (1830-1832).
Son successeur, Gabriel Delafosse, occupe la chaire de minéralogie de 1841 à 1876. Il poursuit l'enrichissement de la collection avec l'achat, en 1847, de 4 000 échantillons auprès du professeur suisse Louis Jurine pour la somme de 20 000 francs[10]. La collection s'accroît par la suite, au gré des assistants et préparateurs qui s'en occupe. Plusieurs dons ou échanges sont effectués auprès de collectionneurs privés et d'établissements publics.
En 1878 est créé la Société française de minéralogie et de cristallographie. Pendant un siècle elle se réunit au sein du laboratoire de minéralogie de la Sorbonne[10].
Lors de la construction de la nouvelle Sorbonne, le laboratoire de minéralogie est transféré et la collection de minéraux est entreposée dans un hangar, dans des conditions déplorables[10]. Elle refait surface en 1897, au sein de la bibliothèque du laboratoire dans les nouveaux bâtiments de la Sorbonne reconstruite. Elle y demeure pendant près de 80 ans[10]. Peu protégés, de nombreux échantillons sont détériorés à la suite de manipulation et d'expérimentations. Le rythme des acquisitions est également très faible durant cette période.
- Gersdorffite, Maroc
- Orpiment, Pérou
- Fluorite, Pérou
- Magnétite, Argentine
Extension de la collection mi-XXe siècle
Au milieu du XXe siècle, la collection universitaire change de dimension grâce à l'acquisition d'une partie de la prestigieuse collection du colonel Louis Vésignié. Ce minéralogiste autodidacte français a rassemblé la plus importante collection privée de minéraux dans la première moitié du XXe siècle, en quantité (48 000 pièces) ainsi qu'en qualité. Malade durant les dernières années de sa vie, Vésignié organise la transmission de sa prestigieuse collection[11]. En 1953, il donne une cinquantaine de pièces au laboratoire de minéralogie de la Sorbonne afin d'aménager une vitrine pour le troisième congrès de l'Union internationale de cristallographie organisé en à Paris. Selon Pierre Bariand, Vésignié « collectionnait pour enrichir le patrimoine national », d'où le fait d'avoir légué la meilleure partie de sa collection à deux institutions françaises : 5 000 échantillons au Muséum d'histoire naturelle et 3 000 échantillons à la Sorbonne[12]. Ses héritiers vendent le reste de la collection aux deux établissements pour la somme de quatre millions de francs[11],[12],[13].
En 1953, le laboratoire de minéralogie de la Sorbonne est dirigé par Jean Wyart. Claude Guillemin, reçoit la lourde tâche, tout en préparant sa thèse de doctorat, d'inventorier la collection dans le nouvel aménagement des armoires et des vitrines. Il invite Pierre Bariand à le rejoindre pour préparer les échantillons nécessaires à sa propre thèse et classer les minéraux du Muséum[12]. En 1956, Guillemin est nommé conservateur de la collection de minéraux de l’École des mines et Bariand remplace ce dernier à la Sorbonne, fonction qu'il occupera 42 ans[14]. Pierre Bariand, en digne explorateur, multiplie les missions en France, puis à l'étranger (Iran, Gabon, Afghanistan), ce qui lui permet de récolter de nouvelles espèces et de constituer une réserve pour procéder à des échanges[12]. Le musée lui doit de nombreuses pièces exceptionnelles. Les autres proviennent de dons, legs ou achats ponctuels.
Au cours des événements de mai 1968, le personnel du laboratoire se relaie pour garder, jour et nuit, la collection[12]. Puis en 1969, le laboratoire et la collection sont transférés dans les nouveaux locaux de la Faculté des sciences (« la Halle aux vins », appelé par la suite campus de Jussieu et campus Pierre-et-Marie-Curie)[12].
Ouverture au public du musée en 1970
Après avoir visité de la salle du Trésor d'Iran[12], Jean Wyart charge Pierre Bariand de mener à bien le projet de création d’un musée en 1969. L'Université Pierre-et-Marie-Curie requière l’expertise des sociétés Asselbur et Wendel, du joaillier Boucheron et du décorateur Vincenot[8] pour reconstituer une ambiance feutrée, comme sous un ciel étoilé, où les objets seuls sont éclairés. Le musée est inauguré en 1970 par André Herpin, président de l'université[12],[1]. Jusqu’en 1993, il n’est ouvert que deux heures par semaine, mais accueille 15 000 visiteurs par an[15]. En 1993, une nouvelle entrée est réalisée afin d'accéder plus facilement au musée[15]. Sur les conseils de Pierre Viars, directeur du service d'anesthésie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Bariand fonde, en 1982, l'Association des amis de la collection de minéraux de la Sorbonne (A.MI.S.) pour contribuer à faire connaître et à enrichir la collection[16],[17].
Un nouveau déménagement intervient en 2006-2007[5]. Durant le désamiantage du campus, la collection déménage une dernière fois dans un lieu provisoire, accessible au public, pour une période d'environ 6 ans avant d'être installée définitivement dans une partie rénovée du campus[6],[18].
Géré par l'Institut de minéralogie, de physique des matériaux et cosmochimie (IMPMC) jusqu'en 2022, le musée des minéraux relève depuis cette date de la Bibliothèque de Sorbonne Université[19].
- Mimétite, Mexique
- Quartz, Madagascar
- Spodumène, Afghanistan
- Apophyllite, Inde
Échantillons remarquables
La qualité des minéraux a énormément évolué depuis la fin du XXe siècle en raison du développement des transports, des changements politiques, et de l'engouement du public. Les responsables de la collection de Sorbonne Université se sont progressivement orienté vers la recherche de pièces remarquables, esthétiques et d’un grand intérêt scientifique. Près de 70 % des minéraux exposés au début du XIXe siècle ont été acquis depuis les années 1980[6],[20].
Parmi ces joyaux, le musée conserve trois des plus gros cristaux de cumengéite[21], les plus beaux cristaux d'aégyrine découvert dans une syénite du Malawi (30 centimètres de long[22]), le meilleur échantillon de cristaux de dolomite provenant de la grande mine d'Eugi en Navarre espagnole[22], ainsi que d'autres échantillons exceptionnels comme la grande barytine de Frizington au Royaume-Uni, la grande fluorite violette d'Alston Moor au Royaume-Uni, la chevkinite du Pakistan, la chrysocolle, l'ilménite de Zambie ou encore la sidérite du Brésil[12],[23].
