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Louisa Yousfi

journaliste française From Wikipedia, the free encyclopedia

Louisa Yousfi, née en 1988 à Cannes, est une essayiste et journaliste française.

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Paroles d'honneur (depuis )
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Louisa Yousfi
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Biographie

Louisa Yousfi naît en 1988 à Cannes[1] de parents ouvriers algériens. Elle intègre ensuite une classe préparatoire à Lille, entame des études de philosophie à Nice, puis étudie dans une école de journalisme à Bordeaux[2].

Elle est journaliste[3] pour le magazine Sciences humaines entre 2012 et 2024[4]. Depuis 2018[5], elle anime, plus ou moins régulièrement, des entretiens filmés et diffusés par l'équipe du site Hors-série. Elle est un temps membre du Parti des indigènes de la République[6] et se réclame de la pensée de Houria Bouteldja[2]. En 2017, elle devient rédactrice en chef du média décolonial Paroles d'honneur[7]. Elle effectue une résidence à la villa Médicis entre 2024 et 2025[8].

Publications

  • Rester barbare, éditions La Fabrique, 2022
  • Collectif, Contre la littérature politique, éditions La Fabrique, 2024
  • La Grande Méthode, éditions La Fabrique, 2026

Analyse des œuvres

Rester barbare

L'essai Rester barbare s'appuie sur la formule du poète algérien Kateb Yacine « il faut que je reste barbare » pour appeler les descendants de victimes du colonialisme à refuser l'assimilation à la langue et aux normes du civilisateur[9]. Elle y défend un « ensauvagement stratégique » comme mode de résistance, arguant que ce qu'elle désigne comme l'ensauvagement de la société française procède non d'un déficit d'intégration, mais d'un excès de France et d'héritage impérial[3]. À travers des figures comme Chester Himes, Toni Morrison, Ralph Ellison, Booba ou PNL, elle analyse des pratiques artistiques qui déjouent l'attente d'intégration et retournent le stigmate de la barbarie en affirmation identitaire et politique[2],[9]. Le dernier chapitre interroge la position de la femme arabe dans cette réflexion, et la difficulté d'échapper au rôle de figure d'émancipation instrumentalisée par les sociétés occidentales[10].

Le Nouvel Obs note plusieurs contradictions de l'essai : le mot « barbare », d'origine grecque, appartient selon lui au « ramage des maîtres », trahissant une assimilation à la langue dominante ; en déléguant sa révolte à la figure de Booba, Yousfi reproduirait par ailleurs une forme de domestication symétrique à celle qu'elle dénonce ; enfin, sa conclusion, où elle reconnaît avoir « échoué » à rester barbare et esquive la question féministe, conduirait le livre à cautionner, malgré son projet initial, un « rester à sa place »[3].

Chant pour des armes splendides

Contre la littérature politique rassemble six auteurs : Nathalie Quintane, Tanguy Viel, Leslie Kaplan, Antoine Volodine, Pierre Alferi et Louisa Yousfi. Celle-ci y signe un texte intitulé Chant pour des armes splendides, dans lequel elle incorpore des commentaires à une réécriture d'extraits de l'Iliade[11].

La Grande Méthode

La Grande Méthode mêle fiction, mysticisme et réflexion politique. Le livre aborde notamment la guerre à Gaza, la foi musulmane, l'expérience des enfants issus de l'immigration postcoloniale en France, ainsi que le deuil à travers le récit des obsèques d'un père rapatrié en Algérie. Le livre prolonge la ligne antiraciste développée dans Rester barbare, rejetant les notions d'assimilation et d'intégration républicaine[8],[12].

S'il est salué pour ses qualités littéraires[8],[12],[13], il est critiqué par Mediapart, qui y voit un essentialisme religieux et une anthropologie différentialiste organisant le monde autour d'une opposition entre « Orient » et « Occident ». Mediapart l'analyse comme une forme d'« orientalisme inversé » au sens défini par Sadek al-Azem, reconduisant les schèmes essentialistes qu'il prétend dénoncer, et y décèle une « grande narration conservatrice » au sein du courant décolonial[13].

Le livre est sélectionné pour le prix de la Grande Mosquée de Paris[14].

Références

Liens externes

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