Loup en Belgique
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En Belgique, le loup (Canis lupus) était autrefois présent sur une bonne part du territoire. L'espèce a entièrement disparu du territoire au cours des XIXe et XXe siècles, à la suite de la réduction de son habitat et surtout de la chasse dont il a fait l'objet. Cette chasse avait pour causes sa prédation avérée ou supposée sur le bétail et sur l'homme, ainsi que les superstitions et croyances populaires négatives et erronées sur sa nature.
Le loup est réapparu naturellement du fait de l'extension des populations italiennes sur le territoire français et de la réapparition des populations en Allemagne. Depuis sa réapparition, le nombre de loups croît.
Moyen-Âge
Dès le Moyen Âge, l'extermination intervient dans un but essentiellement pragmatique : plus par le fait que le loup s'attaque au gibier et au bétail qu'à la peur collective suscitée par le loup mangeur d'homme. Elle débute par l'organisation de grandes battues — appelées « huées », les paysans faisant office de rabatteurs — par les seigneurs. La Louveterie est, notamment, créée par Charlemagne dans ce but. On octroie des primes à celui qui parvient à tuer ou à piéger la bête (trappes et fosses à loup avec des pieux, pièges à mâchoires, collets et nœuds coulants, captures de louveteaux à la tanière, etc.)[1].
Au milieu du Moyen Âge, l'image du loup se détériore dans le Bénélux. Il figure parmi les rares espèces animales que l'on pouvait tuer impunément, et son extermination était même encouragée[2]. À partir du XIVe siècle, les châtellenies flamandes offraient des primes à quiconque tuait un loup. Dans les autres régions, ces primes étaient initialement réservées aux chasseurs officiels et ne furent généralisées qu'au cours de la guerre de Quatre-Vingts Ans.
Époque moderne

Les loups étaient jadis très répandus dans tout l'hémisphère nord (leur effectif est ainsi estimé entre 15 000 et 20 000 à la fin du XVIIIe siècle sur le territoire français[3]), puis les effectifs ont été régulés et aboutissent à une extermination dans la seconde moitié du XIXe siècle en Europe occidentale et en Amérique du Nord : à l’époque, du fait d’une chasse humaine abusive et/ou d’une déforestation massive, les populations de grands herbivores sauvages furent fortement réduites ou même éliminées. Cela eut pour conséquence de priver les loups de leurs sources naturelles de nourriture, les obligeant ainsi à se rabattre sur les animaux d’élevage pour tenter de survivre. Il en résulta des conflits croissants avec les éleveurs qui amenèrent les loups à être pourchassés sans relâche[4]. Au moins 5 000 loups ont été tués en Picardie au XIXe siècle[5].
Disparition
Vers 1800, les loups étaient encore présents en nombre raisonnable aux Pays-Bas. En 1897, un loup fut aperçu près de Heeze, dans le Brabant-Septentrional, mais on peut supposer que les populations avaient disparu des Pays-Bas des décennies auparavant et que l'espèce s'était éteinte[6].
En Belgique, l'espèce avait disparu à la fin du XIXe siècle[6]. En 1830, le géographe Philippe Vandermaelen signala la présence de loups dans plusieurs communes boisées de la province de Liège (alors considérée comme un fléau)[7].
Le dernier signalement de loup dans les forêts wallonnes date de 1914[8].
Alors qu'à la fin du XVIIIe siècle, le loup est présent dans la majorité des pays européens, en 1940 il a totalement disparu du territoire français et de la plupart des pays voisins. Seules deux populations lupines se sont maintenues en Espagne et dans les Abruzzes en Italie qui, en 1976, le classe dans les espèces menacées, évitant son extinction sur le territoire européen[1].
